La manifestation était organisée pour «souligner la fin de session» qui aurait normalement eu lieu s’il n’y avait pas eu de grève depuis dix semaines dans les cégeps et les universités.
Sur le terrain, les slogans ne reflètaient aucune ambiguïté: «Fuck la trêve, vive la grève», scandaient des manifestants. Ils manifestaient alors qu’à Québec, les discussions sont suspendues.
Les manifestants, qui s’étaient d’abord réunis à la place Émilie-Gamelin, on croit que le gouvernement ne peut ignorer la CLASSE.
«La CLASSE représente 50 % des grévistes. La balle est maintenant dans le camp de la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec). On va voir ce qu’ils vont faire par solidarité. Je crois que cette décision va teinter la manifestation d’aujourd’hui. Il y a de la colère. Et c’est le gouvernement qui l’a causé», croit Éric Pineault, professeur de sociologie à l’UQAM.
«La FEUQ devrait offrir une place dans sa délégation à la CLASSE comme annoncé au début pour montrer sa bonne foi. Si elle ne le fait pas, elle va cautionner la stratégie de division du gouvernement», croit pour sa part une étudiante qui est pourtant membre de la FEUQ.
«Les gens sont en colère après 11 semaines de grève. En même temps, il n’y a rien à négocier. On demande le retrait de la hausse. On n’a pas fait toute cette grève pour obtenir une demi-victoire», analyse une autre étudiante.
Chargé de cours à l’UQAM, en sociologie lui aussi, Benoit Coutu y va d’une suggestion radicale à l’attention de Jean Charest.
«Il doit décréter un moratoire sur la hausse et aller en élection sur cet enjeu», croit-il.
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