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Quelles sont les mesures en place pour traiter les agressions sexuelles?
28 mars 2017 écrit par Le Devoir

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27 mars 2017 écrit par Le Devoir

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26 mars 2017 écrit par Le Devoir

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25 mars 2017 écrit par Le Devoir

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Vers un Conseil des universités doté de réels pouvoirs
24 mars 2017 écrit par Le Devoir

Un groupe de travail recommande la création d’un Conseil des universités doté d’une série de pouvoirs, dont celui de forcer les universités et le ministère de l’Enseignement supérieur à ouvrir leurs livres pour rendre des comptes sur leur efficacité.

 

Ce futur Conseil pourrait « réaliser les études, les analyses et les recherches requises pour analyser périodiquement l’évolution des ressources […] des établissements universitaires pour la réalisation de leur mission », indique un rapport de 174 pages dévoilé jeudi par Claude Corbo, ex-recteur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

 

Cet organisme indépendant deviendrait une véritable « autorité » en enseignement supérieur, a précisé M. Corbo lors d’un point de presse à Québec, jeudi.

 

« Le Conseil des universités disposerait d’un ensemble de pouvoirs, notamment l’adoption de règlements. Un pouvoir important à mon avis devrait être accordé par la loi créant le Conseil : le droit d’aller chercher de l’information dans les universités et même dans le ministère pour qu’on puisse se faire une représentation aussi précise que possible de la réalité dans les universités », a-t-il dit.

 

Le Conseil aurait le mandat de dresser d’ici deux ans un portrait complet des universités québécoises — notamment leur financement, indique le rapport.

 

La création d’un Conseil des collèges a aussi été recommandée jeudi à la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David. Elle compte « passer rapidement à l’action à la lumière des recommandations formulées et de ce qui fait consensus, comme je m’y suis engagée ».

 

La création de ces deux conseils, chargés notamment d’analyser les établissements d’enseignement postsecondaire et de faire des recommandations à la ministre, fait l’objet d’un consensus. Il s’agit même d’un retour à la case départ, puisqu’un Conseil des universités et un Conseil des collèges ont existé entre 1968 et 1993.

 

Ces organismes indépendants serviront non seulement à améliorer la reddition de comptes des établissements, mais aussi à favoriser les « échanges » entre partenaires de l’enseignement supérieur, a précisé Claude Corbo. Est-ce que les conseils auraient pu prévenir les crises étudiantes récentes ? lui a-t-on demandé.

 

« Je pense que ça dépend largement des crises, ça dépend de la conjoncture, mais je pense qu’un conseil des universités, par rapport à des événements que nous avons connus dans le passé, aurait pu être un lieu d’échanges moins polarisé, moins conflictuel qu’ailleurs. Ça ne prévient pas des crises, mais ça peut peut-être voir venir de loin ce qui pourrait un jour donner naissance à des crises. »

 

Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) a émis de sérieuses réserves au sujet de la création d’un Conseil des universités, et pour cause : le CSE perdrait le pouvoir de faire des recommandations à propos de l’enseignement universitaire. Un gros morceau, notent en privé des observateurs du milieu universitaire. Claude Corbo affirme que le CSE garderait sa pertinence malgré ce pouvoir amputé.

Le ministre Proulx tient au cours d’éducation financière
23 mars 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx compte implanter dès l’automne prochain le cours d’éducation financière en cinquième secondaire malgré un avis défavorable du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), qui déplore la précipitation de Québec dans ce dossier délicat.

 

L’enseignement financier devrait plutôt être intégré aux cours existants durant toute la durée du secondaire, estime le CSE dans un avis rendu public mercredi. L’organisme gouvernemental, chargé de conseiller le ministère de l’Éducation, déplore le « contexte d’urgence » invoqué par Québec pour implanter le cours controversé.

 

« C’est un avis qui vient du Conseil. Je n’ai pas l’intention de le suivre », a lancé le ministre Proulx à l’issue de la séance du conseil des ministres mercredi après-midi. « Pour l’instant, je suis le plan qui est le mien. »

 

Le ministre de l’Éducation ne repoussera pas la mise en oeuvre du cours obligatoire d’éducation financière à moins d’être forcé de le faire par les tribunaux. Des syndicats d’enseignants contestent en cour l’initiative du ministre Proulx.

 

Pour implanter ce nouveau cours, le ministère prévoit diminuer de moitié la formation en monde contemporain, qui aborde les grands enjeux des XXe et XXIe siècles comme les guerres, le terrorisme, l’environnement et l’immigration. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) et l’Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ) soutiennent que la démarche du ministère est illégale, parce que la décision a été imposée avant même la modification du régime pédagogique.

 

Les syndicats font valoir que le gouvernement n’a pas démontré l’urgence de la situation invoquée pour réduire la période de consultation sur ces changements proposés, qui est passée de 45 à 20 jours. Le Conseil supérieur de l’éducation est d’accord avec la vision des syndicats et reprend en gros leurs arguments.

 

Dans un avis rendu public mercredi matin, le CSE « déplore le contexte d’urgence » invoqué par le ministre de l’Éducation pour accélérer l’implantation du cours controversé. L’organisme « estime que les conditions, notamment sur le plan de la formation du personnel enseignant, ne sont pas optimales pour assurer une intégration réussie du contenu en éducation financière dans le curriculum de 5e secondaire ».

 

« Bien qu’il reconnaisse l’importance de posséder des compétences de base en matière de finances personnelles, le Conseil se questionne sur la pertinence d’ajouter un nouveau cours obligatoire de 50 heures sur cette question. Le Conseil rappelle également que la modification proposée aura pour effet de réduire la place accordée aux cours optionnels au deuxième cycle du secondaire, ce qui réduit du coup la possibilité pour les élèves de découvrir de nouveaux champs d’études qui pourraient contribuer au développement de leur maturité vocationnelle », poursuit l’avis.

 

Autre source d’inquiétude, le matériel didactique n’est pas prêt pour le cours, note le CSE. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a produit du matériel avec d’autres partenaires, mais le Conseil « s’interroge sur cette proximité très forte entre le matériel produit par l’AMF et le programme d’éducation financière ».

 

La FAE s’est réjouie du rapport du CSE. « Le ministre devrait écouter les gens sur le terrain, des gens capables de le guider pour faire les bons choix. Les conditions ne sont tout simplement pas au rendez-vous pour assurer une intégration réussie », a indiqué le syndicat au Devoir.

 

Le Parti québécois et Québec solidaire estiment eux aussi que le ministre Proulx devrait renoncer à son projet devant le coup de semonce du CSE. Ni les enseignants ni le matériel pédagogique ne sont prêts en raison de la précipitation du ministre, soutiennent les deux partis. « Pire encore, pour faire entrer de force son cours dans la grille-matières, le ministre demande aux enseignants de choisir les thèmes du cours “Monde contemporain” qui devront être abandonnés pour faire de la place à son nouveau cours », a réagi Alexandre Cloutier, du Parti québécois.

 

Sur le fond, Québec solidaire ne s’oppose pas à l’éducation financière dans les écoles, souligne Amir Khadir de Québec solidaire. « On souhaite seulement que ça ne se fasse pas n’importe comment. […] Nous souhaitons également que l’éducation financière dispensée ne soit pas orientée dans le sens d’une idéologie particulière. Bref, le ministre Proulx doit cesser l’improvisation et prendre le temps de bien faire les choses, quitte à reporter ce projet d’une année », dit-il.

 

La Coalition avenir Québec, de son côté, presse le ministre de réintroduire les cours d’économie au secondaire dès septembre prochain. « Le problème majeur dans la gestion de ce dossier, c’est la maladresse du ministre, qui a attendu trop longtemps pour prendre sa décision. Maintenant, le projet est en péril et il n’a que lui-même à blâmer », indique Jean-François Roberge, de la CAQ.

Requête contre l’introduction du cours d’éducation financière au secondaire
22 mars 2017 écrit par Le Devoir

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) intente un recours juridique contre le ministre Sébastien Proulx. Dans une requête déposée en Cour supérieure lundi, le syndicat conteste la validité du projet de règlement modifiant le régime pédagogique pour y inclure le nouveau cours d’éducation financière. Le nouveau cours, qui empiète sur les crédits du cours Monde contemporain, doit être intégré dans la grille horaire dès l’automne prochain. Mais la FAE demande au juge d’imposer un sursis d’exécution et de remettre son entrée en vigueur à plus tard.La FAE plaide notamment que le ministre n’a pas respecté la Loi sur les règlements en n’accordant que 20 jours, plutôt que 45,pour les consultations formelles ayant mené à l’adoption de ce projet de règlement.

Requête contre l’introduction du cours d’éducation financière au secondaire
21 mars 2017 écrit par Le Devoir

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) intente un recours juridique contre le ministre Sébastien Proulx. Dans une requête déposée en Cour supérieure lundi, le syndicat conteste la validité du projet de règlement modifiant le régime pédagogique pour y inclure le nouveau cours d’éducation financière. Le nouveau cours, qui empiète sur les crédits du cours Monde contemporain, doit être intégré dans la grille horaire dès l’automne prochain. Mais la FAE demande au juge d’imposer un sursis d’exécution et de remettre son entrée en vigueur à plus tard.La FAE plaide notamment que le ministre n’a pas respecté la Loi sur les règlements en n’accordant que 20 jours, plutôt que 45,pour les consultations formelles ayant mené à l’adoption de ce projet de règlement.

Un prix international pour une enseignante du Nunavik
20 mars 2017 écrit par Le Devoir

Dubaï — Une enseignante du Nunavik qui fait la promotion de l’espoir et de la générosité a remporté le Global Teacher Prize, doté d’une bourse d’un million de dollars, dimanche.

 

Maggie MacDonnell a reçu sa récompense lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle a été préférée à des concurrents provenant de plusieurs pays, dont la Chine, la Jamaïque, le Kenya, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Pakistan.

 

Enseignante depuis six ans dans le nord du Québec, où elle fait la promotion d’un mode de vie sain, Mme MacDonnell a contribué, en partenariat avec la municipalité de Salluit, à l’ouverture d’un centre de conditionnement physique pour les écoles locales et pour les adultes.

 

Elle a aussi créé un club de course afin de motiver les jeunes et a travaillé pour améliorer la situation difficile des jeunes filles de la région, à laquelle on ne peut accéder que par avion. Salluit, qui compte près de 1300 âmes, est l’une des deux collectivités québécoises situées le plus au nord.

 

Avant de savoir qu’elle était bel et bien lauréate de la bourse, Mme MacDonnell disait vouloir utiliser cette somme afin de créer un organisme sans but lucratif dont les programmes miseraient sur l’environnement et les jeunes du nord du Québec.

 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau l’a félicitée par l’entremise de son compte Twitter : « Félicitations, Maggie ! Merci pour tout ce que vous faites pour aider vos élèves à se bâtir un avenir plus radieux ».

 

Son homologue québécois Philippe Couillard l’a imité : « Félicitations à Maggie MacDonnell. Un prix grandement mérité ».

 

Grands défis

 

Au Nunavik, comme dans bien d’autres régions dans le monde, la profession d’enseignant est à la fois exigeante et difficile, rappelle la Commission scolaire Kativik, où travaille Mme MacDonnell. « Encore aujourd’hui, la société inuite continue de subir les répercussions d’une histoire marquée par la colonisation, la négligence des gouvernements et le manque de ressources financières, une expérience vécue par d’autres populations autochtones au Canada et à l’échelle internationale. Dans ce contexte, les enseignants jouent un rôle clé pour apporter des changements positifs à nos jeunes, afin de leur permettre de prendre leur place et de contribuer en donnant leur vision du monde à la société dans et en dehors de nos communautés », souligne la présidente de la commission, Alicie Nalukturuk.

 

Native de la Nouvelle-Écosse, Maggie MacDonnell a été recrutée par la commission scolaire en 2010. Ancienne travailleuse humanitaire en Afrique, Mme MacDonnell, qui a véritablement été adoptée par cette communauté tissée serrée, fait figure d’exception dans le nord en raison de sa longévité. Il est en effet fort commun de voir des enseignants démissionner en cours d’année.

 

Le Global Teacher Prize est une récompense annuelle octroyée depuis 3 ans par la Fondation Varkey à un enseignant qui s’est démarqué.

 

L’année dernière, le prix avait été décerné à une enseignante palestinienne, Hanan al-Hroub, qui encourage ses élèves à renoncer à la violence et à privilégier le dialogue.

Alphabétisation: l’adulte aussi a le droit de réussir
19 mars 2017 écrit par Le Devoir

Plus d’un million de Québécois de 16 à 65 ans ont de graves difficultés de lecture. Or, seulement 5 % d’entre eux environ entreprennent une démarche d’alphabétisation auprès d’un groupe populaire en alphabétisation ou d’un centre de formation des adultes. C’est parce que les obstacles y sont nombreux, d’après le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ). S’il se réjouit de l’annonce d’un nouvel investissement gouvernemental pour soutenir ses membres, le RGPAQ est également convaincu que le Québec a besoin d’une stratégie nationale d’alphabétisation pour s’attaquer à cet enjeu.

 

Lorsqu’on parle de réussite éducative, on fait généralement référence à la petite enfance, au rôle des parents, à la lutte contre le décrochage.

 

« C’est très bien, mais il faut aussi s’occuper de la réussite éducative de l’adulte pour lui-même, même s’il n’a pas d’enfants » affirme Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies au RGPAQ.

 

C’est ce que l’organisme a fait valoir lors de la consultation sur la réussite éducative menée l’automne dernier par Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

 

Pour le RGPAQ, l’adulte est un apprenant, et on doit viser la réussite éducative tout au long de la vie.

 

« L’adulte a aussi droit d’avoir une réussite éducative, affirme Mme Meunier. S’il est analphabète, ou peu scolarisé, c’est parce qu’il a vécu des échecs à l’école lorsqu’il était jeune. Une fois qu’il est adulte, il faut lui donner les moyens de réussir. »

 

19 % de la population québécoise

 

Les analphabètes crient rarement leurs difficultés sur les toits, mais ils sont bien présents au Québec.

 

D’après les derniers résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), publiés en 2013, 19 % des Québécois de 16 à 65 ans, soit plus d’un million de personnes, avaient de grandes difficultés de lecture, soit un niveau de littéracie de 1, ou inférieur à 1.

 

« Ce sont des gens qui sont en situation d’exclusion par rapport à l’écrit, au niveau des revenus, de la capacité à se trouver un emploi et à le maintenir », explique Mme Meunier.

 

Par contre, cette étude n’a pas couvert la situation des 65 ans et plus.

 

« Il ne faut pas les oublier parce qu’ils sont aussi nombreux et plus on vieillit, plus on assiste à une déperdition des compétences », affirme Mme Meunier.

 

Plusieurs obstacles à l’alphabétisation

 

Entreprendre une démarche d’alphabétisation représente souvent un long cheminement.

 

« D’abord, il a fallu que la personne reconnaisse qu’elle a des difficultés, et cela se fait souvent après un élément déclencheur, comme une incapacité à aider son enfant dans ses devoirs, la perte de la personne qui l’aidait à lire dans son quotidien, ou une recherche d’emploi infructueuse », explique Caroline Meunier.

 

Puis, plusieurs personnes avec de graves difficultés de lecture ont multiplié les échecs scolaires et ne veulent pas retourner sur les bancs d’école. Les groupes populaires en alphabétisation proposent d’ailleurs une approche alternative qui s’inscrit en complémentarité avec les services des centres d’éducation aux adultes.

 

« Nous proposons des milieux de formation non formels qui ne visent pas la diplomation, mais où on travaille à accomplir différents objectifs établis par l’apprenant, sans contrainte de programme, explique Mme Meunier. C’est vraiment une autre forme de réponse qui permet à des gens de s’alphabétiser. »

 

À la fin de la consultation sur la réussite éducative, le ministre Sébastien Proulx a d’ailleurs annoncé un investissement de 9 millions de dollars dans l’enveloppe qui finance des groupes communautaires dans le domaine de l’éducation, notamment les groupes populaires d’alphabétisation.

 

« Nous ne savons pas encore quelle part ira à l’alphabétisation, mais nous réclamions un réinvestissement depuis plusieurs années, affirme Mme Meunier. C’est une somme importante, alors c’est bienvenu. »

 

Aide financière

 

Le RGPAQ souhaite également que le gouvernement accorde une aide financière aux gens qui entreprennent une démarche d’alphabétisation.

 

« Nos services sont gratuits, mais ils occasionnent des frais indirects de transport et souvent, de gardiennage si la personne a de jeunes enfants, constate Mme Meunier. Ce sont des obstacles à l’alphabétisation pour ces gens qui vivent déjà souvent dans la précarité. »

 

D’ailleurs, la précarité financière elle-même est un obstacle à une démarche d’alphabétisation, d’après le RGPAQ.

 

« C’est la pyramide des besoins de Maslow, indique Mme Meunier. Si on est en mode survie et que ses besoins de base ne sont pas tous comblés, on aura de la difficulté à investir de l’énergie pour améliorer ses compétences en lecture. »

 

Pour une politique nationale

 

Développer une stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme serait la voie à suivre pour s’attaquer sérieusement à cet enjeu complexe d’après le RGPAQ. Il s’est d’ailleurs uni avec d’autres groupes communautaires et syndicaux pour former le Réseau de lutte à l’analphabétisme et porter cette revendication.

 

En plus de l’intervention et de la prévention, ils souhaitent que cette politique permette d’éviter que les difficultés de lecture et d’écriture deviennent des facteurs d’exclusion dans de multiples secteurs de la vie.

 

« Nous souhaitons que les différents ministères soient impliqués, par exemple lorsqu’ils produisent des formulaires que les citoyens ont à remplir, indique Caroline Meunier. Il faut des écrits simples et des humains facilement disponibles pour aider les personnes qui ne comprennent pas des portions du formulaire papier ou électronique. »

 

Le ministère de la Culture pourrait aussi être impliqué en rendant la littérature plus accessible.

 

« Il faudrait un meilleur accès à des romans qui s’adressent à des adultes faibles lecteurs, affirme-t-elle. Ces écrits redonnent confiance, les amènent à lire de plus en plus, développent leurs compétences en littéracie et favorisent leur inclusion. Il faut agir sur plusieurs fronts pour vraiment s’attaquer à analphabétisme. »

 

Le RGPAQ compte 76 membres, financés principalement par le gouvernement, qui offrent gratuitement des services d’alphabétisation à travers la province.

Alphabétisation: l’adulte aussi a le droit de réussir
18 mars 2017 écrit par Le Devoir

Plus d’un million de Québécois de 16 à 65 ans ont de graves difficultés de lecture. Or, seulement 5 % d’entre eux environ entreprennent une démarche d’alphabétisation auprès d’un groupe populaire en alphabétisation ou d’un centre de formation des adultes. C’est parce que les obstacles y sont nombreux, d’après le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ). S’il se réjouit de l’annonce d’un nouvel investissement gouvernemental pour soutenir ses membres, le RGPAQ est également convaincu que le Québec a besoin d’une stratégie nationale d’alphabétisation pour s’attaquer à cet enjeu.

 

Lorsqu’on parle de réussite éducative, on fait généralement référence à la petite enfance, au rôle des parents, à la lutte contre le décrochage.

 

« C’est très bien, mais il faut aussi s’occuper de la réussite éducative de l’adulte pour lui-même, même s’il n’a pas d’enfants » affirme Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies au RGPAQ.

 

C’est ce que l’organisme a fait valoir lors de la consultation sur la réussite éducative menée l’automne dernier par Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

 

Pour le RGPAQ, l’adulte est un apprenant, et on doit viser la réussite éducative tout au long de la vie.

 

« L’adulte a aussi droit d’avoir une réussite éducative, affirme Mme Meunier. S’il est analphabète, ou peu scolarisé, c’est parce qu’il a vécu des échecs à l’école lorsqu’il était jeune. Une fois qu’il est adulte, il faut lui donner les moyens de réussir. »

 

19 % de la population québécoise

 

Les analphabètes crient rarement leurs difficultés sur les toits, mais ils sont bien présents au Québec.

 

D’après les derniers résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), publiés en 2013, 19 % des Québécois de 16 à 65 ans, soit plus d’un million de personnes, avaient de grandes difficultés de lecture, soit un niveau de littéracie de 1, ou inférieur à 1.

 

« Ce sont des gens qui sont en situation d’exclusion par rapport à l’écrit, au niveau des revenus, de la capacité à se trouver un emploi et à le maintenir », explique Mme Meunier.

 

Par contre, cette étude n’a pas couvert la situation des 65 ans et plus.

 

« Il ne faut pas les oublier parce qu’ils sont aussi nombreux et plus on vieillit, plus on assiste à une déperdition des compétences », affirme Mme Meunier.

 

Plusieurs obstacles à l’alphabétisation

 

Entreprendre une démarche d’alphabétisation représente souvent un long cheminement.

 

« D’abord, il a fallu que la personne reconnaisse qu’elle a des difficultés, et cela se fait souvent après un élément déclencheur, comme une incapacité à aider son enfant dans ses devoirs, la perte de la personne qui l’aidait à lire dans son quotidien, ou une recherche d’emploi infructueuse », explique Caroline Meunier.

 

Puis, plusieurs personnes avec de graves difficultés de lecture ont multiplié les échecs scolaires et ne veulent pas retourner sur les bancs d’école. Les groupes populaires en alphabétisation proposent d’ailleurs une approche alternative qui s’inscrit en complémentarité avec les services des centres d’éducation aux adultes.

 

« Nous proposons des milieux de formation non formels qui ne visent pas la diplomation, mais où on travaille à accomplir différents objectifs établis par l’apprenant, sans contrainte de programme, explique Mme Meunier. C’est vraiment une autre forme de réponse qui permet à des gens de s’alphabétiser. »

 

À la fin de la consultation sur la réussite éducative, le ministre Sébastien Proulx a d’ailleurs annoncé un investissement de 9 millions de dollars dans l’enveloppe qui finance des groupes communautaires dans le domaine de l’éducation, notamment les groupes populaires d’alphabétisation.

 

« Nous ne savons pas encore quelle part ira à l’alphabétisation, mais nous réclamions un réinvestissement depuis plusieurs années, affirme Mme Meunier. C’est une somme importante, alors c’est bienvenu. »

 

Aide financière

 

Le RGPAQ souhaite également que le gouvernement accorde une aide financière aux gens qui entreprennent une démarche d’alphabétisation.

 

« Nos services sont gratuits, mais ils occasionnent des frais indirects de transport et souvent, de gardiennage si la personne a de jeunes enfants, constate Mme Meunier. Ce sont des obstacles à l’alphabétisation pour ces gens qui vivent déjà souvent dans la précarité. »

 

D’ailleurs, la précarité financière elle-même est un obstacle à une démarche d’alphabétisation, d’après le RGPAQ.

 

« C’est la pyramide des besoins de Maslow, indique Mme Meunier. Si on est en mode survie et que ses besoins de base ne sont pas tous comblés, on aura de la difficulté à investir de l’énergie pour améliorer ses compétences en lecture. »

 

Pour une politique nationale

 

Développer une stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme serait la voie à suivre pour s’attaquer sérieusement à cet enjeu complexe d’après le RGPAQ. Il s’est d’ailleurs uni avec d’autres groupes communautaires et syndicaux pour former le Réseau de lutte à l’analphabétisme et porter cette revendication.

 

En plus de l’intervention et de la prévention, ils souhaitent que cette politique permette d’éviter que les difficultés de lecture et d’écriture deviennent des facteurs d’exclusion dans de multiples secteurs de la vie.

 

« Nous souhaitons que les différents ministères soient impliqués, par exemple lorsqu’ils produisent des formulaires que les citoyens ont à remplir, indique Caroline Meunier. Il faut des écrits simples et des humains facilement disponibles pour aider les personnes qui ne comprennent pas des portions du formulaire papier ou électronique. »

 

Le ministère de la Culture pourrait aussi être impliqué en rendant la littérature plus accessible.

 

« Il faudrait un meilleur accès à des romans qui s’adressent à des adultes faibles lecteurs, affirme-t-elle. Ces écrits redonnent confiance, les amènent à lire de plus en plus, développent leurs compétences en littéracie et favorisent leur inclusion. Il faut agir sur plusieurs fronts pour vraiment s’attaquer à analphabétisme. »

 

Le RGPAQ compte 76 membres, financés principalement par le gouvernement, qui offrent gratuitement des services d’alphabétisation à travers la province.

Le calendrier scolaire comme champ de bataille
17 mars 2017 écrit par Le Devoir

Faire relâche ? Ce n’est pas Estelle Sanfaçon, 14 ans, qui s’en plaint. La jeune ado était au repos forcé toute la semaine, comme des centaines de milliers de jeunes québécois. Elle a profité de ces cinq jours de congé pour faire comme tout le monde, c’est-à-dire pas grand-chose. Enfin si, voir ses amis, regarder les écrans, tout ce qui compte aussi et divertit.

 

Estelle s’est aussi adonnée à son passe-temps favori, dont on voit le résultat en illustration de cet article. « Je suis allée au centre-ville, je me suis promenée dans le Vieux-Montréal et j’ai pris beaucoup de photos, explique-t-elle. C’est bon de faire une petite pause entre Noël et la fin des cours, en juin. »

 

Son école, le collège Mont-Saint-Louis, dans le nord de l’île de Montréal, devrait donc être rechargée à bloc à la nouvelle rentrée lundi. Certains de ses amis, encore plus chanceux, ont quitté le pays pour la Floride ou la Californie.

 

Ainsi va la vie scolaire en ce continent-ci. La semaine de relâche, largement pratiquée dans tous les systèmes d’enseignement, jusque dans les universités, prend différents noms d’un océan à l’autre, du nord au sud : vacances d’hiver ou du printemps, pause de mars, semaine de lecture, relâche scolaire, et évidemment le fameux spring break, que l’on peut traduire indifféremment par destination clubbing, objectif beuverie, jours de débauche ou semaine des trois « s » : soleil, salsa et salacité…

 

« La semaine de relâche est née dans les années 1980 dans la région de Québec parce que, de toute façon, pendant ce temps, il y avait un fort taux d’absentéisme dans les écoles, parmi les enfants comme parmi les enseignants », explique le professeur Clermont Gauthier, de l’Université Laval, un des rares chercheurs à s’être intéressés au temps scolaire. « Cette pause fait maintenant l’affaire de tout le monde, ou presque. Je pense qu’on ne reviendrait pas en arrière. Je suis d’ailleurs d’avis qu’il pourrait aussi y avoir une semaine de relâche à l’automne et qu’on pourrait réduire les vacances d’été d’autant. »

 

Lui-même a passé la semaine de relâche à Paris, où il assistait à une « conférence de consensus » du Centre national d’évaluation du système scolaire, « l’équivalent de notre Conseil supérieur de l’éducation, avec une posture encore plus neutre ». La rencontre portait sur le thème de la « différenciation pédagogique », soit une manière « d’exploiter les différences et d’en tirer avantage ».

 

Trois fois passera

 

Les débats liés au temps scolaire peuvent se concentrer autour de trois axes principaux : l’horaire quotidien, les vacances et la durée de l’année pédagogique.

 

La journée. Estelle Sanfaçon, élève de deuxième secondaire, entre en classe à 8 h 20. L’an prochain et jusqu’à la fin de ses études au collège, le début des cours se fera à 9 h 25. Ce choix s’explique d’abord et avant tout par un manque d’espace à la cafétéria, qui ne pourrait accueillir tous les élèves du Mont-Saint-Louis en même temps. Peu importe, l’effet semble bénéfique puisque l’association des pédiatres américains a diffusé en 2014 un avis, basé sur le temps de sommeil des adolescents, recommandant aux écoles secondaires de ne pas commencer les classes avant 8 h 30.

 

L’été. Le professeur Gauthier explique que notre calendrier scolaire de septembre à juin a été construit pour des nations agricoles à une époque où les jeunes fournissaient des bras pour les récoltes. Des pays et des écoles ont depuis adopté un calendrier annuel. Un modèle particulièrement apprécié et déjà adopté par plus du quart des écoles californiennes fait alterner 45 jours de classe à une période de 15 jours de repos appelée intersession. D’autres modèles préfèrent des cycles de 60 ou 90 jours de classe pour 15 ou 30 jours d’intersession. Ces solutions modernes réduisent notamment le temps dit de désapprentissage de l’été.

 

L’année. Dans un article coécrit pour le livre Le temps en éducation (PUL, 2001), le professeur Gauthier rappelle que le calendrier en vigueur au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord est le résultat de transformations imposées au début du dernier siècle. Ici, assez étrangement, le temps passé à l’école primaire par année n’a cessé de diminuer : il était de 205 jours en 1905, de 191 jours en 1956 et il est de 180 jours aujourd’hui. Aux États-Unis, par contre, la fréquentation moyenne de la petite école est passée de 99 jours en 1900 à 161 jours en 1979 et à 180 jours en 1991. Ce seuil demeure, avec une moyenne de 6,5 heures d’école pour ces 180 jours de calendrier.

 

La progression états-unienne, passant presque du simple au double, ne satisfait pas tout le monde pour autant. Au contraire.

 

« Chaque fois qu’un groupe, une province, un État ou un pays réussit moins bien dans un test international, une crise se pointe autour du calendrier scolaire, explique M. Gauthier. C’est ce qui s’est passé aux États-Unis en 1983 : les élèves américains ont réussi moins bien que les Japonais, et les groupes de pression financés par les riches fondations ont sorti un rapport intitulé A Nation at Risk. L’étude montrait que les jeunes américains étudient moins et qu’il fallait donc en faire plus. »

 

Le National Center on Time and Learning (NCTL) se consacre entièrement à faire augmenter le temps d’apprentissage moyen aux États-Unis. L’organisme, fondé à Boston il y a dix ans, publie un rapport bisannuel. Le dernier, paru en 2015, citait la Floride comme leader national de la hausse du temps d’apprentissage, particulièrement dans les écoles défavorisées de l’État.

 

« En fait, le temps n’exerce qu’un effet modéré sur l’apprentissage des élèves, conclut encore le professeur. Le simple fait d’accroître le temps passé en classe ne suffit pas à améliorer les résultats des élèves. En plus, augmenter le calendrier scolaire coûte une fortune, dit le spécialiste. Ce qui compte beaucoup plus, à mon avis, c’est la qualité du temps passé en classe, le time on task. Commençons donc par ce bout. Peut-être qu’il se fait beaucoup de gaspillage de temps. »

 

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.


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