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Sans-Frontières, une école tout en bois et en lumière à Saint-Jérôme
27 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. Dans le cadre d’une série sur l’aménagement des écoles, Le Devoir est allé à la rencontre d’établissements scolaires qui offrent un milieu d’apprentissage digne du XXIe siècle. Quatrième d’une série de reportages qui s’étirera jusqu’à la fin des classes : dans la banlieue nord de Montréal, les commissions scolaires ont de l’espace pour bâtir l’école rêvée.

En nous approchant de l’école Sans-Frontières, les immenses fenêtres attirent notre attention : on voit les élèves dans les classes, on les voit assis dans la bibliothèque, on les voit dans la grande salle polyvalente qui sert de cafétéria ou de deuxième gymnase.

 

On voit les élèves et ils nous voient. La lumière du jour illumine les pièces. Les enfants laissent aller leur regard vers la forêt tout autour.

 

L’école Sans-Frontières, inaugurée en 2014 dans un nouveau quartier de Saint-Jérôme, est un peu « l’école du futur » recherchée par le ministre de l’Éducation. Cette école du futur existe au bout de la 112e Avenue, dans une banlieue en pleine explosion démographique.

 

Contrairement à Montréal, qui doit agrandir les écoles existantes à cause du manque d’espace, la banlieue nord a du terrain en masse à « développer ». La Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN) a le luxe de penser ses nouvelles écoles de A à Z.
 

Ici, à Saint-Jérôme, ça donne un grand bâtiment de 28 classes (dont quatre maternelles) tout en lumière et tout en bois. C’est la première école primaire du Québec dont l’ossature est en bois lamellé-collé, décrit comme plus solide que l’acier. La commission scolaire a décidé de construire en bois après l’annonce de la Charte du bois par Québec, en 2013. Le gouvernement encourage la construction de bâtiments publics en bois, entre autres pour stimuler l’industrie québécoise de la forêt.

 

C’est beau, un bâtiment en bois. L’école Sans-Frontières est considérée comme une des plus belles du Québec. « Ici, comparativement aux anciennes écoles, c’est lumineux, c’est vitré, c’est convivial », dit Nathalie Côté, directrice de l’établissement. C’est chaleureux aussi. L’ambiance feutrée apaise les enfants.

Ça n’a pas toujours été aussi calme. Peu de temps après l’inauguration de l’école, le personnel et les élèves se sont rendu compte que le bois crée beaucoup d’écho dans le bâtiment. Des panneaux ont été installés au plafond pour bloquer la transmission du son. Des plaques de gypse ont aussi été placées sur certains murs pour absorber le bruit. Ça fonctionne.

 

Un système de géothermie maintient la température constante dans l’école Sans-Frontières. C’est toute une différence par rapport aux vieilles écoles, qui ne sont généralement pas climatisées. Qu’est-ce que la géothermie ? Une douzaine de puits vont chercher l’eau souterraine à une profondeur de plus ou moins 152 mètres. Cette eau rafraîchit le bâtiment en été et le réchauffe en hiver. La géothermie chauffe aussi le plancher radiant en béton de la grande salle polyvalente.

 

« On ne veut pas flasher avec l’architecture, dit Marc-André Leblanc, directeur des ressources matérielles à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord. On est là pour répondre aux besoins, pour que les élèves se sentent bien, en sécurité, et qu’ils réussissent leurs études. »

 

Confort et fonctionnalité

 

« Pour les adultes, l’endroit où on passe le plus de temps après la maison, c’est souvent le bureau. Pour les enfants, c’est la classe. Les écoles doivent être bien conçues », dit Maryse Laberge, architecte associée au sein de la firme BBBL, qui a réalisé l’école Sans-Frontières.

 

Ce bâtiment est unique à cause de sa conception en bois, mais toutes les écoles récentes du Québec répondent à des critères qui ont peu en commun avec ceux du passé. Le temps des bunkers en blocs de ciment beige est révolu.

image Sans Frontières, une école tout en bois et en lumière à Saint JérômePhoto: Guillaume Levasseur Le Devoir
Le bois est à l’honneur partout, y compris dans ce vestiaire qui remplace les traditionnels casiers pour les plus jeunes élèves.

Au-delà des matériaux, c’est la philosophie derrière l’aménagement qui rend les nouvelles écoles agréables à fréquenter. Les grandes fenêtres laissent entrer la lumière et permettent de s’imprégner du temps qu’il fait à l’extérieur. De nombreuses études montrent que c’est bon pour le moral et pour la concentration des élèves, souligne Maryse Laberge.

 

Les espaces communs — salle polyvalente, gymnase, certains locaux de service de garde — doivent être conçus pour servir à la communauté le soir, les fins de semaine et durant l’été. L’école est désormais au service de tout un quartier et non seulement des élèves.

 

Les architectes prévoient aussi que les locaux peuvent changer de vocation : la salle informatique ou un local de service de garde, par exemple, sont conçus pour devenir une classe lorsque le nombre d’élèves augmente — ce qui est le cas à l’école Sans-Frontières. Des couleurs vives servent aussi à égayer les couloirs et à identifier les classes.

 

Ces aménagements du XXIe  siècle — géothermie, omniprésence du bois, abondante fenestration — coûtent plus cher que le gris et le beige du passé. Quelques centaines de milliers de dollars supplémentaires sur un budget de 14,3 millions pour l’école Sans-Frontières, estime Marc-André Leblanc, de la CSRDN.

 

Pour réduire la facture, les concepteurs ont fait des coupes ailleurs, ce qui risque toutefois de faire augmenter les coûts d’entretien : par exemple, les escaliers sont en acier plutôt qu’en béton, et certains revêtements de sol sont susceptibles de s’user au fil des ans.

 

L’architecte Maryse Laberge imagine de nouveaux aménagements qui ne coûteraient pas les yeux de la tête : elle pense par exemple à de petits espaces communs qui pourraient être aménagés à chaque étage dans les nouvelles écoles. Ces locaux permettraient à de petits groupes d’élèves de se réunir tranquilles, hors des classes ordinaires. « Ces espaces vitrés pourraient être intercalés entre les grappes de classes pour réduire l’effet de corridor et amener de la lumière naturelle au coeur des ailes de classes. »

Les enseignants veulent que la lumière soit faite sur les fausses notes
26 mai 2017 écrit par Le Devoir

Préoccupés par la manipulation des notes des élèves du primaire et du secondaire, des enseignants réclament une commission parlementaire pour faire la lumière sur l’évaluation des apprentissages.

 

Les trois quarts (74 %) des enseignants ayant répondu à un sondage Léger disent souhaiter la tenue d’une commission parlementaire qui se pencherait sur la façon d’attribuer les notes des élèves. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a rejeté l’idée de tenir une telle commission parlementaire.

 

Ce sondage a été commandé par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un syndicat qui représente 34 000 enseignantes et enseignants, principalement au primaire et au secondaire. Le sondage de la firme Léger a été mené entre le 11 mai et le 14 mai 2017 ; 502 membres de la FAE ont été joints par téléphone. La marge d’erreur pour un échantillon de cette taille est de 4,3 %, 19 fois sur 20.

 

Un premier sondage interne mené par la FAE en février avait révélé que 20 % des enseignants affirmaient qu’on leur a déjà demandé de modifier les résultats obtenus par leurs élèves à des épreuves ministérielles. Le syndicat a décidé de pousser plus loin son investigation en sondant ses membres sur la manipulation des notes pour des travaux scolaires, des épreuves de commission scolaire ou du ministère de l’Éducation, ou lors de l’inscription des notes au bulletin.

 

« Il y a un système qui est mis en place pour donner l’impression que l’élève réussit malgré ses échecs, dit Sylvain Mallette, président de la FAE. Les enseignants ont beau s’opposer à la manipulation des notes, le système le permet. » Le représentant syndical estime que ceux qu’il appelle les « pédagocrates » du ministère de l’Éducation, qui ont mis en place ce système, doivent rendre des comptes. Il invite le ministre Proulx à avoir le « courage » de faire la lumière sur ce nivellement par le bas, surtout à quelques jours de la présentation de la politique de réussite éducative.

 

Au bureau du ministre Sébastien Proulx, on rappelle que l’enseignant est le responsable de l’évaluation des élèves. « Il faut dénoncer les gestes contraires à la loi et qui ont pour seul but d’atteindre des objectifs de diplomation ou de qualification, et ce, au détriment des élèves et de leur réussite », indique le bureau du ministre dans un courriel.

 

« Je réitère que des vérifications sont toujours en cours et j’entends poser des gestes concrets pour réitérer ces principes et faire cesser certaines pratiques s’il y a lieu. »

 

Note minimale

 

Près de quatre enseignants sur dix (37 %) affirment que « leur jugement a déjà été remis en question, qu’on leur a demandé de modifier le résultat obtenu par un ou plusieurs de leurs élèves, ou qu’un résultat a déjà été modifié sans leur accord ».

 

Qui leur a demandé de modifier le résultat obtenu par l’élève ? 84 % disent que c’est la direction ou la direction adjointe de l’école.

 

Plus de la moitié des répondants (54 %) affirment aussi qu’il existe une note minimale ou une note plancher fixée par l’école ou par la commission scolaire. Cette note est générée automatiquement par le système informatique GPI (système de gestion pédagogique intégré) ; 32 % des enseignants affirment que la note minimale fixée automatiquement est de 40 % et plus.

 

Une proportion de 40 % des répondants affirme aussi qu’on leur a déjà demandé de faire un « bulletin modifié », une procédure prévue pour les élèves qui ont de grandes difficultés d’apprentissage et qui sont intégrés en classe ordinaire : il s’agit de « modifier à la baisse les exigences du programme », d’évaluer moins sévèrement ces élèves.

 

Les trois quarts des répondants (73 %) affirment que ce bulletin modifié « donne l’impression que l’élève intégré en classe ordinaire réussit malgré ses échecs ».

Fatigués de la cohabitation forcée
25 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le conseil d’établissement et les élèves de l’école secondaire Louis-Riel, dans Hochelaga, demandent à la Commission scolaire de Montréal de ne pas leur imposer une nouvelle « cohabitation forcée ».

 

« On veut récupérer notre école », plaide François Racicot, un élève de Louis-Riel venu manifester son désaccord devant le centre administratif de la Commission scolaire de Montréal, où le conseil des commissaires siégeait mercredi soir.

 

« À la cafétéria, on est obligé de se battre pour avoir une place sur l’heure du midi. Et dans certaines classes, on est tellement tassés que nos pupitres nous rentrent dans le ventre et qu’on a le pupitre du voisin dans le dos », illustre le jeune homme.

 

Depuis cinq ans, l’école accueille les jeunes de l’école primaire Baril, qui ont dû être déplacés en raison de l’état de décrépitude avancée de leur propre école. À l’approche de la fin de cette cohabitation, le conseil des élèves s’est mis à rêver de reprendre ces locaux pour améliorer la qualité de vie des jeunes. « On avait plein de projets, mais tout ça est tombé à l’eau avec la nouvelle annonce de la CSDM », explique Islam Shariful, élève de 3e secondaire et porte-parole du conseil des élèves.

 

En novembre dernier, le Conseil d’établissement avait demandé à récupérer les locaux « afin de retrouver des conditions acceptables pour nos enfants et le personnel de l’école », peut-on lire dans la pétition, qui compte plus de 1200 signatures, déposée au conseil des commissaires par le conseil d’établissement.

 

Or, la commission scolaire a plutôt l’intention d’y déplacer les adultes du centre Tétreaultville dès septembre prochain. « On ne nous a jamais demandé notre avis, dénonce Ismaël Shariful. Nous ne sommes pas des chiffres, nous sommes des humains et nous avons besoin de nos locaux pour réussir », a-t-il plaidé devant les commissaires.

 

« C’est une décision unilatérale, les besoins des élèves n’ont pas été pris en considération, dénonce à son tour Dominique Lalonde, du comité de parents. C’est un abus grave et une mauvaise gestion de la CSDM. »

 

« Je suis abasourdi et attristé de ne pas trouver le type de solidarité spontanée », a répondu le commissaire Kenneth George, sous les huées discrètes de certains parents. Le responsable des ressources matérielles de la CSDM a soutenu que le taux d’occupation était respecté et qu’il y avait encore de la place.

 

Par ailleurs, de nombreux groupes communautaires, hébergés dans les locaux de la CSDM, ont également plaidé leur cause pour contester les hausses de loyer fulgurantes qui leur sont imposées. Ces derniers veulent forcer la négociation et refusent en bloc de signer le renouvellement du bail.

 

« Nous ne signerons pas pour juillet 2017, on veut négocier », a affirmé avec aplomb Karine Triollet, porte-parole du collectif d’organismes logés par la commission scolaire, à la présidente Catherine Harel Bourdon.

 

« Si on pouvait maintenir les mêmes taux, on le ferait, mais on ne peut pas, sinon on mettrait en péril les bâtiments que vous habitez », leur a répondu la présidente.

 

La CSDM a fait une proposition pour demander l’aide de Montréal afin de trouver des espaces abordables pour les groupes communautaires.

Le «hand spinner» source de tensions à l’école
24 mai 2017 écrit par Le Devoir

C’est la folie dans les cours d’école. Le « hand spinner », une sorte de toupie conçue pour améliorer la concentration des élèves, fait fureur auprès des enfants, mais donne des maux de tête aux enseignants.

 

Les écoliers de partout dans le monde, y compris au Québec, s’arrachent ces jouets vendus autour de 10 $. Sur la liste des 40 jeux les plus populaires du détaillant en ligne Amazon, 32 sont des versions de ce petit objet circulaire, de la taille de la paume d’une main.

 

« C’est une mode de cour d’école aussi fulgurante qu’éphémère. On peut penser que cette mode va s’éteindre à la fin de l’année scolaire », dit Julia Druliolles, commissaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

 

Elle représente le comité de parents ayant des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Comme bien des parents, elle a acheté ce gadget pour faire plaisir à ses deux enfants. Mais leur école, sur le Plateau Mont-Royal, a banni ces jouets jugés trop bruyants et distrayants en classe. Des écoles du Québec, d’Europe et des États-Unis ont aussi interdit ces jeux controversés.

 

Le principe de cet appareil est simple : les enfants font tourner les trois hélices à l’aide de leur pouce ou de leur index. Ce geste répétitif peut avoir un effet apaisant sur les élèves ayant un déficit d’attention ou une forme d’autisme, selon les concepteurs de ce gadget.

 

« À première vue, ça me semble farfelu, dit Hélène Poissant, professeure au Département d’éducation et pédagogie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ça peut marcher, je veux bien y croire, mais ça me prend des faits prouvés scientifiquement. Or je ne vois pas d’études sérieuses sur ce sujet. »

 

Apprendre en bougeant

 

Ce qui est bien démontré, c’est que les enfants hyperactifs ont envie de bouger. « On peut presque dire qu’ils apprennent en bougeant », précise Hélène Poissant.

 

Il est vrai que des appareils similaires à la toupie antistress sont utilisés en classe. Ballons utilisés comme sièges, balles de stress à manipuler, recours à une minuterie : les enseignants ont développé des trucs pour s’adapter aux élèves hyperactifs ou ayant une difficulté à se concentrer. Certains pupitres d’écolier intègrent même un vélo stationnaire !

 

Le problème avec la toupie antistress, c’est qu’elle nécessite tellement de concentration (on peut la faire tourner sur le bout d’un doigt) que les élèves n’ont plus d’attention à consacrer à ce qui se passe en classe, explique Katherine Isbister, professeure de communication à l’Université de Californie à Santa Cruz. Elle estime cependant que d’autres objets similaires peuvent donner des résultats.

 

Elle et son équipe ont étudié l’interaction entre des humains et 132 petits objets conçus pour être manipulés dans une classe ou au bureau. Ils ont noté un état de « calme, d’attention et de créativité » chez les participants.

 

Ce type de jeu est là pour de bon, selon elle. Un projet de « cube antistress » lancé par deux entrepreneurs a ainsi amassé 6,5 millions de dollars auprès de 154 926 contributeurs sur la plateforme de sociofinancement Kickstarter.

 

Méditer

 

La toupie antistress, elle, est devenue un objet de collection. Il existe une variété infinie de modèles, de couleurs et de qualité. « Dès la première année, les enfants se les disputent et les comparent sans arrêt. Ça génère beaucoup de conflits et ça détourne l’attention », dit une enseignante dans une école montréalaise.

 

La professeure Hélène Poissant et ses collaborateurs explorent une voie jugée plus prometteuse pour aider les élèves distraits ou hyperactifs : la méditation pleine conscience. Cette technique ressemble à du yoga. « On a recensé plusieurs études et ça semble donner d’assez bons résultats, tant chez les enfants et chez les adolescents que chez les adultes. Mais c’est plus compliqué qu’un petit jeu de toupie », dit-elle.

Faire ou ne pas faire soi-même
23 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Faire ou ne pas faire soi-même
22 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Faire ou ne pas faire soi-même
21 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Faire ou ne pas faire soi-même
20 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Devenir policier autochtone coûte cher
19 mai 2017 écrit par Le Devoir

Bien que Québec ait annoncé qu’il avait mis fin à une discrimination pour les jeunes autochtones qui devaient débourser plus de 40 000 $ pour la formation en techniques policières, des coûts importants sont toujours réclamés aux autochtones à l’École nationale de police, de même qu’au collège Ellis, qui offre la formation en anglais.

 

« Rien n’a changé, affirme Daniel Guillemette, coordonnateur du programme de techniques policières au collège Ellis. La ministre [de l’Enseignement supérieur, Hélène David] a annoncé qu’elle allait régler la situation, mais j’ai appelé tant au ministère de l’Enseignement supérieur qu’à la Sécurité publique, on dirait qu’ils se lancent la balle, personne n’est capable de nous répondre. On ne sait rien, on n’a pas de nouvelles. On ne sait même pas à qui s’adresser. »

 

Au bout du fil, l’homme soupire de lassitude. « Ma cohorte finit le 26 mai, soit dans deux semaines, et je ne sais même pas si je vais pouvoir démarrer une nouvelle cohorte. Les communautés n’ont pas d’argent pour payer ça, tout le monde est en attente. »

 

Pourtant, la demande est là. Les besoins sont même criants dans plusieurs communautés, qui doivent se tourner vers des policiers non autochtones afin de pourvoir aux postes vacants, explique M. Guillemette. « J’ai plusieurs jeunes autochtones qui aimeraient venir, mais ils n’ont pas les moyens de payer 20 000 $ pour la formation, alors les postes de police engagent des non autochtones qui sont déjà formés, mais qui ne sont pas au fait de leur réalité. C’est un cercle vicieux qui tourne encore. »

 

À certaines occasions, les postes de police défraient les coûts de formation pour les jeunes autochtones, mais ce n’est pas toujours le cas.

 

« En Gaspésie, ça fait deux ans que les Micmacs veulent envoyer deux jeunes de la communauté, mais ils n’ont pas une cenne. Les jeunes essaient d’emprunter, mais ils n’ont pas accès à des prêts. La communauté essaie de s’organiser pour trouver l’argent, mais ce n’est pas évident, surtout quand on sait que la formation de deux jeunes, ça équivaut au prix d’une voiture de police. »

 

Alma

 

Le collège Ellis, un établissement d’enseignement privé anglophone situé à Drummondville, offre le DEC régulier en techniques policières, mais a créé un programme en accéléré spécifique pour les autochtones qui ont une promesse d’embauche dans un poste de police.

 

Cette formation spécifique, mieux connue dans le jargon comme une AEC (accréditation d’études collégiales) est offerte également au collège d’Alma, pour les autochtones francophones.

 

Mise au fait que les étudiants autochtones devaient débourser 17 500 $ pour suivre cette formation à Alma, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a annoncé en novembre dernier qu’elle mettrait fin à cette discrimination. En entrevue au Devoir, elle confirme qu’une somme de 250 000 $ a été débloquée pour venir en aide aux étudiants déjà inscrits, mais que rien de spécifique n’est prévu pour les années subséquentes.

 

« Pour l’instant, c’était pour cette cohorte-là. Mais on va voir à partir de la demande. On va suivre le dossier de très près pour démêler les choses entre les conseils de bande, le ministère de la Sécurité publique et, possiblement, du côté fédéral aussi. S’il y a d’autres demandes, on va être au rendez-vous. »

 

Au collège d’Alma, on avait plutôt l’impression que le dossier était réglé. « Nous, on recrute en fonction du fait que le cours est payé », soutient Maxime Goulet, du collège d’Alma. Le nombre de demandes a augmenté en conséquence. « On attend environ 25 candidats pour la journée de sélection, ce qui est deux ou trois fois plus élevé que dans les dernières années. »

 

Pourquoi financer le programme francophone et non l’anglophone ? La ministre avoue qu’elle n’était pas au courant qu’un problème de financement prévalait également au collège Ellis. « On va leur parler très rapidement et je vais regarder avec mon ministère si c’est la meilleure avenue et si les règles budgétaires permettent de les financer directement, vu leur statut de collège privé. »

 

École nationale de police

 

Le problème de financement pour les futurs policiers autochtones est d’autant plus important que les étudiants doivent débourser un autre 27 000 $ incluant l’hébergement pour la formation pratique de 15 semaines à l’école nationale de police du Québec, située à Nicolet. Pour les jeunes non autochtones, le montant est de 8000 $.

 

Cet écart s’explique par le fait que les policiers du Québec fournissent 1 % de leur salaire pour la formation, ce qui permet de financer une partie des études de leurs jeunes compatriotes à Nicolet. Or, les corps policiers autochtones ne sont pas assujettis à cette loi et ne contribuent pas à l’effort collectif. L’école leur facture donc le plein prix.

 

« Ce n’est pas normal que ce soit l’aspirant policier qui doit payer pour ça, ça devrait être le corps policier, concède le directeur des communications de l’École, Pierre Saint-Antoine. L’école a demandé un soutien financier pour aider ces jeunes. Nous sommes en attente. »

 

La ministre David rappelle que l’École nationale de police est sous la responsabilité du ministère de la Sécurité publique et non de l’Enseignement supérieur. « On travaille ensemble sur ces questions-là. J’aimerais bien qu’on ait tout le continuum de la formation avec la promesse d’embauche au bout du compte. »

 

Le député péquiste, Alexandre Cloutier, qui a talonné la ministre à maintes reprises sur cette question, dénonce vivement la situation. « Qu’on soit autochtone ou non, on devrait payer le même tarif pour la formation au Québec. Ça m’apparaît discriminatoire et archaïque d’avoir une tarification différente pour les autochtones. »

La commission scolaire Kativik obtient un lien direct au ministère
17 mai 2017 écrit par Le Devoir

En réponse aux demandes insistantes de la commission scolaire Kativik, qui s’impatientait devant les délais bureaucratiques qui privent leurs élèves d’avoir un véritable diplôme d’études secondaires, le ministère de l’Éducation vient de désigner un interlocuteur unique au sein de son ministère pour assurer le suivi des dossiers.

 

La semaine dernière, la commission scolaire Kativik a envoyé une lettre au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, pour lui faire part des nombreux défis auxquels se heurtent les écoles du Nunavik, dans le Nord-du-Québec.

 

La commission scolaire proposait dans un premier temps d’établir un canal de communication direct entre la commission scolaire et le ministère.

 

« En ce moment, nous sommes obligés de passer par divers fonctionnaires qui ne connaissent rien de notre réalité unique et de la gravité de la situation, résume le vice-président de la commission scolaire, Robert Watt, en entrevue au Devoir. Les dossiers restent coincés dans les dédales bureaucratiques. C’est pourquoi nous aimerions que le ministre identifie une personne qui serait notre lien au ministère pour que l’on puisse s’assurer que les choses avancent. »

Ce dernier rappelle que le gouvernement du Québec a des obligations, en fonction de la Convention de la baie James et du Nord québécois, qui régit cette commission scolaire au statut particulier. « L’une des obligations du gouvernement, c’est de s’assurer que les élèves du Nunavik ont une éducation de qualité égale à celle de tous les autres québécois. Mais comment peut-on faire ça si on est complètement déconnecté de Québec ? »

 

Manque de considération

 

Il accuse notamment Québec de ne pas agir assez rapidement pour accréditer les programmes de mathématique et de science, privant ainsi les finissants de leur diplôme d’études secondaires.

 

Dans un article publié récemment dans Le Devoir, la commission scolaire reconnaissait qu’elle avait mis trop de temps à réviser les programmes, raison pour laquelle le ministère avait décidé de décerner des attestations de reconnaissance d’équivalences d’études secondaires plutôt qu’un vrai diplôme.

 

Mais de nouvelles versions du programme ont été déposées au ministère en novembre dernier, rappelle le vice-président Robert Watt.

 

« Ils ne communiquent pas avec nous et n’ont toujours pas accrédité les programmes. Ils nous demandent une nouvelle approche, on leur fait des propositions et ils ne nous répondent même pas […] L’inaction du gouvernement me fait croire que Québec n’a absolument aucun respect, aucune considération pour la gravité du problème. »

 

Ministre

 

Lorsque questionné par le député péquiste Alexandre Cloutier, pendant l’étude des crédits il y a deux semaines, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, avait dû s’enquérir auprès de ses fonctionnaires pour obtenir des réponses, n’étant visiblement pas au fait de cette situation. Il s’était dit préoccupé par cette situation et s’était engagé à régler le problème.

 

À son cabinet, on confirme avoir pris connaissance de la lettre de la Commission scolaire Kativik la semaine dernière.

 

« Depuis, des gestes concrets ont été posés pour y donner suite, une personne de la direction des affaires autochtones a été assignée au dossier. Des échanges ont lieu actuellement avec la commission scolaire », répond l’attachée de presse du ministre, Marie Deschamps.

Le commission scolaire Kativik obtient un lien direct au ministère
16 mai 2017 écrit par Le Devoir

En réponse aux demandes insistantes de la commission scolaire Kativik, qui s’impatientait devant les délais bureaucratiques qui privent leurs élèves d’avoir un véritable diplôme d’études secondaires, le ministère de l’Éducation vient de désigner un interlocuteur unique au sein de son ministère pour assurer le suivi des dossiers.

 

La semaine dernière, la commission scolaire Kativik a envoyé une lettre au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, pour lui faire part des nombreux défis auxquels se heurtent les écoles du Nunavik, dans le Nord-du-Québec.

 

La commission scolaire proposait dans un premier temps d’établir un canal de communication direct entre la commission scolaire et le ministère.

 

« En ce moment, nous sommes obligés de passer par divers fonctionnaires qui ne connaissent rien de notre réalité unique et de la gravité de la situation, résume le vice-président de la commission scolaire, Robert Watt, en entrevue au Devoir. Les dossiers restent coincés dans les dédales bureaucratiques. C’est pourquoi nous aimerions que le ministre identifie une personne qui serait notre lien au ministère pour que l’on puisse s’assurer que les choses avancent. »

Ce dernier rappelle que le gouvernement du Québec a des obligations, en fonction de la Convention de la baie James et du Nord québécois, qui régit cette commission scolaire au statut particulier. « L’une des obligations du gouvernement, c’est de s’assurer que les élèves du Nunavik ont une éducation de qualité égale à celle de tous les autres québécois. Mais comment peut-on faire ça si on est complètement déconnecté de Québec ? »

 

Manque de considération

 

Il accuse notamment Québec de ne pas agir assez rapidement pour accréditer les programmes de mathématique et de science, privant ainsi les finissants de leur diplôme d’études secondaires.

 

Dans un article publié récemment dans Le Devoir, la commission scolaire reconnaissait qu’elle avait mis trop de temps à réviser les programmes, raison pour laquelle le ministère avait décidé de décerner des attestations de reconnaissance d’équivalences d’études secondaires plutôt qu’un vrai diplôme.

 

Mais de nouvelles versions du programme ont été déposées au ministère en novembre dernier, rappelle le vice-président Robert Watt.

 

« Ils ne communiquent pas avec nous et n’ont toujours pas accrédité les programmes. Ils nous demandent une nouvelle approche, on leur fait des propositions et ils ne nous répondent même pas […] L’inaction du gouvernement me fait croire que Québec n’a absolument aucun respect, aucune considération pour la gravité du problème. »

 

Ministre

 

Lorsque questionné par le député péquiste Alexandre Cloutier, pendant l’étude des crédits il y a deux semaines, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, avait dû s’enquérir auprès de ses fonctionnaires pour obtenir des réponses, n’étant visiblement pas au fait de cette situation. Il s’était dit préoccupé par cette situation et s’était engagé à régler le problème.

 

À son cabinet, on confirme avoir pris connaissance de la lettre de la Commission scolaire Kativik la semaine dernière.

 

« Depuis, des gestes concrets ont été posés pour y donner suite, une personne de la direction des affaires autochtones a été assignée au dossier. Des échanges ont lieu actuellement avec la commission scolaire », répond l’attachée de presse du ministre, Marie Deschamps.

Place aux écoles sur mesure
15 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. Dans le cadre d’une série sur l’aménagement des écoles, «Le Devoir» est allé à la rencontre d’établissements scolaires qui offrent un milieu d’apprentissage digne du XXIe siècle. Deuxième d’une série de reportages qui s’étirera jusqu’à la fin des classes : des écoles privées qui s’adaptent physiquement aux besoins de leurs élèves.

En 2010, moins de 45 % des élèves des écoles privées du Québec étaient motivés par leurs études. Ce chiffre, résultat d’une vaste enquête menée par la Fédération des établissements d’enseignement privé du Québec, « a été comme un électrochoc », raconte Normand Brodeur, directeur de l’innovation à la Fédération.

 

C’était d’autant plus surprenant que le taux de motivation se situait à 77 % dix ans plus tôt à peine. Pour comprendre cette dévalorisation chez des élèves pourtant performants, la Fédération a mené une réflexion sur l’école du XXIe siècle et repensé l’environnement physique pour le rendre plus attrayant et dynamique.

 

« Les jeunes savent qu’ils doivent aller à l’école, mais ils s’y embêtent. Se faire dire : assis-toi sur une chaise et reste comme ça pour les 15 prochaines années, c’est inimaginable pour un jeune aujourd’hui. La société va vite, les jeunes sont constamment branchés et tout à coup, ils arrivent à l’école et le rythme est cassé, comme si la modernité n’avait pas suivi. Un jeune nous a même dit : quand j’embarque dans l’autobus jaune le matin, j’ai l’impression d’embarquer dans une machine à voyager dans le temps qui me ramène dans une école du passé. »

 

Repenser l’espace

 

Les jeunes veulent des espaces décloisonnés, des liens avec le monde extérieur, de la lumière, de la couleur et de la flexibilité, explique M. Brodeur.

 

Dans certaines écoles, les jeunes ont évoqué le manque d’espaces zen. D’autres ont repensé les bibliothèques, qui étaient désertées, pour en faire des endroits branchés où les élèves viennent désormais travailler sur des projets d’équipes ou lire, confortablement assis — ou même couchés — dans des chaises suspendues ou d’immenses coussins.

 

Une école est aux prises avec des problèmes d’intimidation ? On va revoir l’aménagement des couloirs et des casiers, qui sont souvent trop étouffants. « Il faut utiliser l’espace pour créer une expérience sociale intéressante et permettre aux jeunes d’explorer leurs sens », résume Nicolas Tardif Bourdages, designer chez Tactik Design.

 

L’élève au centre

 

L’idée, c’est d’offrir de la variété pour garder le jeune stimulé tout au long de la journée : des « fab-labs » pour encourager la création, des zones d’agriculture urbaine, des salles dédiées pour faire des arts, un lounge confortable pour aller « chiller », ou même une salle « super connectée pour regarder des vidéos de chats en gang sur écran géant », explique le designer.

 

« On entend souvent les gens dire qu’il faut remettre l’élève au centre de l’éducation et, souvent, on a l’impression que ce ne sont que des mots, affirme Normand Brodeur. Mais dans nos écoles, l’élève est littéralement au centre, et c’est l’environnement qui s’adapte autour de lui. Il n’y a pas de recette miracle, c’est unique pour chaque école, en fonction de ses élèves. »

 

Milieux de vie

 

Dans le nord de Montréal, le centre pédagogique Lucien Guilbault, spécialisé pour les jeunes qui présentent des troubles d’apprentissage graves, est un parfait exemple d’une école faite sur mesure. L’école privée, qui vient tout juste d’emménager dans ses nouveaux locaux, est belle et spacieuse. Rien d’extravagant, mais chaque pied carré est pensé et réfléchi.

 

« Quand on a commencé les plans avec l’entrepreneur, on est parti de façon classique : on a besoin de tant de classes, une cafétéria, une bibliothèque, etc. Mais ça ne répondait pas aux besoins de nos élèves. On est retourné faire nos devoirs, on a changé les plans de nombreuses fois et on est arrivé avec l’idée du milieu de vie », explique la directrice, Brigitte Raymond.

 

Ainsi, plutôt que d’avoir des classes qui se suivent le long d’un corridor, les classes sont aménagées autour d’espaces communs. Chaque groupe d’âge a son espace, un « petit village » qui sert à la fois de vestiaire, de cafétéria, de bibliothèque et d’espace d’apprentissage. Tout le mobilier est sur roulettes, ce qui permet une très grande flexibilité. L’organisation autour du milieu de vie rassure les jeunes et leur donne un sentiment d’appartenance, souligne la directrice, en plus d’amener les professeurs à modifier leurs pratiques. « Tout de suite, on a vu la différence : les professeurs ont commencé à travailler beaucoup plus en équipe. »

 

Des classes sur mesure

 

Cette flexibilité se transpose également dans les classes, qui sont aménagées par chaque professeur en fonction des besoins de ses élèves.

 

Dans la classe de Mme Claudiane, on pourrait croire que c’est la récréation. Il y a des jeunes assis partout et dans toutes sortes de positions : sous les bureaux, sur des tables basses, sur des tabourets, des tapis, des vélos stationnaires, des chaises berçantes, des poufs remplis de billes, des ballons, etc. Et pourtant, ils travaillent.

 

« Ils savent où s’asseoir pour mieux se concentrer, explique la professeure. Si je les oblige à rester assis sur une chaise, c’est beaucoup plus difficile pour tout le monde. La gestion de ma classe a réellement diminué depuis que j’ai adopté la technique du flexible sitting. »

 

Brigitte Raymond est consciente du « privilège » qu’elle a d’avoir pu construire sa propre école. Elle n’a pas pris la tâche à la légère. Elle a visité plein d’écoles pour s’inspirer. « J’ai vu des écoles incroyables sur le plan architectural, avec des halls d’entrée somptueux, des trucs tout en verre, mais je me demandais : ça répond au besoin de qui, tout ça ? L’idée, ce n’est pas de faire un trip d’architecture pour de l’architecture, mais pour répondre aux besoins des élèves. C’est ça qui doit être au centre de toute la réflexion. »

  

Intéresser les garçons

 

À l’Académie Sainte-Anne, une école primaire privée qui a ouvert ses portes il y a tout juste deux ans, on a également mis l’espace au service de l’approche pédagogique. « On a pensé l’école pour répondre spécialement aux garçons, qui, on le sait, ont plus de difficulté à trouver leur intérêt à l’école, explique le p.-d.g., Ugo Cavenaghi, en passant devant la salle de Lego. Ici, il faut que ça bouge ! »

 

Il n’est donc pas étonnant d’entendre le designer de Tactik, Nicolas Tardif Bourdages, raconter qu’il s’est inspiré d’un camp de vacances pour la conception de cette école.

 

Plutôt que de construire une nouvelle école, la direction de l’Académie a choisi d’acquérir un imposant bâtiment historique qui a abrité le premier club de golf en Amérique du Nord et une ancienne école privée religieuse. On a modernisé, ajouté du bois et abattu des cloisons pour laisser passer la lumière naturelle. L’effet est saisissant et l’école a remporté de prestigieux prix de design.

 

« On a souvent tendance à s’inspirer de ce qui se fait à l’étranger, mais ici aussi, on fait des choses pas pires ! » affirme fièrement M. Cavenaghi.

 

C’est également la vision de la Fédération des établissements d’enseignement privés, qui reçoit de plus en plus de visiteurs venus s’inspirer des écoles québécoises.

 

La Fédération offre même des formations dans ses locaux, qu’elle a aménagés en laboratoires de réflexion pour l’école du XXIe siècle. Dans la salle de réunion, il y a une balançoire, des canapés atypiques, des bancs qui se transforment en table de travail. On peut écrire sur pratiquement tous les murs et le contenu est transféré directement sur les portables.

 

Au fond de la salle de conférence, on a aménagé un espace convivial pour prendre un jus ou un verre de vin qui n’a rien à envier aux petits cafés les plus branchés. Ce type d’espace est de plus en plus recréé dans la salle des profs pour leur permettre de décrocher entre les cours, explique le designer Nicolas Tardif Bourdages. « Ici, c’est un laboratoire, on est en recherche et développement constant, et il va falloir le rester tant qu’il y aura des écoles », conclut le directeur de l’innovation de la Fédération, Normand Brodeur, qui a très hâte de voir si tous ces changements vont se traduire positivement dans la prochaine enquête sur la motivation des jeunes, prévue pour 2019.

image Place aux écoles sur mesure
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