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Une classe modèle victime du «système» d’éducation
25 février 2017 écrit par Le Devoir

Voici l’histoire d’une classe hors de l’ordinaire qui rend les enfants bilingues, qui pousse vers le haut des élèves d’un milieu défavorisé, qui fait le bonheur de tout le monde. Mais l’avenir de cette classe d’une école primaire est incertain à cause d’une question de relations de travail.

 

Ce programme de « bain linguistique » se trouve à l’école primaire Léon-Guilbault, à Laval. Les 26 élèves francophones de cette classe font leurs cinquième et sixième années en anglais. Ce sont des élèves motivés, qui réussissent bien.

 

L’école Léon-Guilbault est située dans un secteur de Laval-des-Rapides qui s’est appauvri au cours des dernières années. L’« indice de défavorisation » accolé au quartier est désormais de 9 (sur une échelle de 10).

 

Les règles du ministère de l’Éducation sont claires pour un quartier ayant un indice de défavorisation de 9 : les écoles doivent avoir un maximum de 20 élèves par classe. Dans ces classes réduites, les enseignants ont plus de temps à consacrer à chacun de leurs élèves.

 

Conséquence : en septembre prochain, 70 élèves de l’école Léon-Guilbault seront transférés vers des écoles de Laval situées dans des quartiers mieux nantis, qui peuvent accueillir plus d’élèves par classe. Pour la classe du « bain linguistique », à moins d’un changement de dernière minute, ça veut dire que 15 des 26 élèves — ceux qui proviennent d’autres quartiers — doivent trouver une place dans une autre école pour septembre prochain. En théorie.

 

Dans les faits, les parents ignorent ce qui arrivera en septembre. Il est possible que la classe regroupe 20 enfants issus du quartier de l’école Léon-Guilbault. La commission scolaire envisage aussi de déménager la classe dans une autre école. Peut-être aussi que des parents inscriront leur enfant dans une autre école en raison de l’incertitude. Le chiffre magique de 20 élèves arriverait par attrition.

 

« On ne sait pas où iront nos enfants. Il y a un manque de transparence et une improvisation totale. On s’est engagés pour deux ans, et tout à coup l’école nous dit que ce n’est plus possible de continuer la deuxième année. Ça n’a pas de sens », dit Florin Naiche.

 

Sa fille de 11 ans, Marine, a quitté son école de quartier pour aller à Léon-Guilbault en septembre dernier. La fillette et ses parents sont enchantés : elle était pratiquement bilingue deux mois après le début de l’année scolaire. Pour Florin Naiche, cette classe hors-norme prouve que l’école publique peut offrir une éducation de grande qualité, même dans un quartier défavorisé. Peu importe l’origine ou le revenu des parents.

 

Rigidité et fatalisme

 

Ce qui le révolte, c’est que ce beau projet se heurte à des règles « mur à mur » venues de Québec et à une interprétation qu’il estime rigide du contrat de travail par le syndicat des enseignants. Florin Naiche déplore aussi l’espèce de fatalisme qui règne dans le milieu de l’éducation. Un milieu de « fonctionnaires » dévoués, mais qui s’en remettent aux règles du « système » sans penser au bien-être des enfants, selon lui.

 

« Je n’ai rien vu de créatif ou de novateur de la part de personne. J’ai vu une passivité qu’on n’accepterait jamais dans une entreprise privée », dit Florin Naiche.

 

Un mécanisme permettrait le maintien intégral de la classe de bain linguistique à l’école Léon-Guilbault : la commission scolaire verserait à l’enseignant entre 1752$ et 2628 $ par élève excédentaire dans la classe. C’est prévu à la convention collective. La présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL), Louise Lortie, affirme avoir proposé cette solution au Syndicat de l’enseignement de la région de Laval (SERL). Mais le syndicat a refusé.

 

Pourquoi le SERL a-t-il refusé cette possibilité ? Le président du syndicat, Guy Bellemare, a refusé nos demandes d’entrevue. Le SERL n’a « aucun commentaire » à formuler à ce sujet, indique une porte-parole. On sait toutefois de plusieurs sources que le respect des ratios maître-élèves est un cheval de bataille du SERL. Le syndicat a récemment gagné un grief contre la CSDL au sujet du respect du nombre d’élèves par classe.

 

« On a des contraintes légales et organisationnelles et on doit respecter ça », dit Louise Lortie.

 

De la souplesse, S.V.P.

 

Le conseil d’établissement de l’école Léon-Guilbault a demandé à la CSDL de maintenir intégralement la classe de bain linguistique pour une année, jusqu’à la diplomation de la cohorte actuelle, en juin 2018. La CSDL est d’accord. L’opposition du syndicat des enseignants bloque cette piste de solution.

 

« Le syndicat nous a dit clairement qu’il ne peut pas nous aider à cause des conventions collectives nationale et locale, dit Nicolas Riendeau, président du conseil d’établissement. C’est sûr qu’on est déçus, parce que le maintien de la cohorte à Léon-Guilbault est la solution la plus facile à nos yeux. Idéalement, on aimerait qu’il y ait de la souplesse à l’occasion. »

La course au rectorat démarre à l’UQAM
24 février 2017 écrit par Le Devoir

Le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ) soutiendra-t-il un candidat à la succession du recteur sortant Robert Proulx ?

 

Le doyen de la Faculté des sciences, Luc-Alain Giraldeau, qui a ouvertement annoncé hier au Devoir qu’il est candidat, l’a laissé entendre. Mais pour la présidente du SPUQ, Michèle Nevert, « si d’autres noms circulent à l’UQAM actuellement, ce n’est pas au Syndicat des profs de les annoncer ».

 

Michèle Nevert dit par ailleurs être étonnée de la sortie du doyen Giraldeau. « Je m’étonne un peu que le doyen de la Faculté des sciences passe par Le Devoir pour annoncer sa candidature au rectorat à la communauté uqamienne et même qu’il avoue être “encore en train de réfléchir à ce qu’[il] pourrait [lui] proposer”. »

 

Pour sa part, la doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation, Monique Brodeur, avoue avoir été courtisée pour se porter candidate. En entrevue avec Le Devoir, Mme Brodeur ne cache pas avoir beaucoup réfléchi à l’idée de se lancer elle aussi dans la course à la succession du recteur Robert Proulx.

 

« Pour des raisons féministes, je n’ai jamais senti que je devais fermer la porte à l’idée de devenir rectrice. Il y a plusieurs personnes qui m’ont parlé de ça, de façon récurrente. Ma position est que je ne dis pas non. J’aime servir. »

 

Mais sera-t-elle candidate ? « Pour l’instant, mon collègue de la Faculté des sciences est candidat. Ça me va. On va essayer comme ça. C’est la seule personne que je connais jusqu’ici qui se présente. »

 

 

Non à la pesée des élèves en éducation physique
23 février 2017 écrit par Le Devoir

Une commission parlementaire recommande de bannir la pesée des élèves dans les cours d’éducation physique au primaire et au secondaire. Dans un rapport rendu public mercredi, la Commission de la culture et de l’éducation suggère aussi que la pesée des élèves de niveau collégial « ne soit pratiquée qu’à l’initiative de l’étudiant, sans contraintes et de manière confidentielle ». Les élus partagent les préoccupations de groupes qui craignent cette pratique « nocive et humiliante » pour des personnes vulnérables. Les organismes Anorexie et boulimie Québec, ÉquiLibre et la Coalition québécoise sur la problématique du poids estiment que la pesée et la mesure du taux de graisse des élèves peuvent mener à des troubles alimentaires. Des pétitions contre la pesée, regroupant 4357 signatures, ont été soumises à l’Assemblée nationale.

Les professeurs s’inquiètent pour leur droit de parole
22 février 2017 écrit par Le Devoir

Le Code du travail est-il invoqué abusivement par l’Université de Sherbrooke afin d’empêcher ses professeurs de parler ? Alors qu’ils sont en grève depuis neuf jours, les professeurs estiment en tout cas être l’objet d’une vision à tout le moins étroite du Code du travail de la part de la direction de leur université.

 

Ainsi, la professeure Geneviève Paquette de la Faculté d’éducation s’est vu confirmer lundi par la direction de l’université qu’elle n’était pas autorisée à se présenter aux travaux du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à l’occasion d’une des quatre journées de réflexion sur les violences à caractère sexuel sur les campus du Québec. Ces travaux avaient lieu hier à l’Université de Sherbrooke.

 

Madame Paquette est reconnue comme une experte en ce domaine et avait été invitée par le gouvernement à présenter son savoir en la matière. Elle a eu beau arguer auprès de l’université qu’elle pouvait très bien se présenter à titre de simple citoyenne, le département des ressources humaines lui a finalement confirmé par lettre qu’elle était interdite de séjour sur le campus pour cette rencontre gouvernementale.

 

Dans une lettre adressée au syndicat des professeurs, le SPPUS, la direction de l’université évoque l’article 108 du Code du travail pour justifier ce refoulement des professeurs : « Nulle association de salariés ou personne agissant dans l’intérêt d’une telle association ou d’un groupe de salariés n’ordonnera, n’encouragera ou n’appuiera un ralentissement d’activités destiné à limiter la production. »

 

Le syndicat ne comprend pas en quoi la tournée de consultation de la ministre Hélène David sur les violences à caractère sexuel concerne la grève à l’Université de Sherbrooke et invalide de surcroît la présence de Mme Paquette. Devant la fin de non-recevoir de l’université, la professeure Paquette a néanmoins dû se résoudre à se faire représenter par une étudiante.

 

Invité par Le Devoir à s’expliquer à ce propos et au sujet d’autres plaintes du syndicat, le cabinet de direction de l’Université de Sherbrooke a refusé la demande d’entrevue.

 

Question de droit

 

Le syndicat des professeurs raconte aussi avoir reçu une lettre qui laisse planer la menace d’un recours judiciaire de la direction à son endroit au motif que deux professeurs de la Faculté de droit ont accepté vendredi dernier, à la demande de l’Association générale des étudiants de cette faculté, de répondre aux questions des étudiants lors de leur assemblée générale à propos de la grève.

 

Alors que les professeurs étaient en grève, les étudiants de la Faculté de droit « voulaient qu’on leur présente le point de vue des professeurs pour avoir plus de perspective », explique le professeur Finn Makela. « Je n’étais même pas là physiquement, mais par Skype. On a répondu à leurs questions. Il y en avait beaucoup. Puis, la déléguée syndicale et moi nous sommes retirés. » Ce que confirme la déléguée syndicale en question, Véronique Fortin, professeure elle aussi à la Faculté de droit.

 

Pour la direction de l’université, il s’agit d’une violation du Code du travail. À la suite de la rencontre des étudiants de droit avec deux membres du syndicat, la direction a envoyé une lettre en ce sens au SPPUS. « Nous nous réservons le droit de recourir à tous les moyens légaux pour faire cesser de tels agissements », a écrit la direction de l’université.

 

« Je suis tout à fait surprise de la réaction de la direction. Ça ne me semble pas très fort, en droit du travail », explique Véronique Fortin, qui affirme avoir été invitée par les étudiants « non pas à titre de prof », mais « en tant que déléguée syndicale ».

 

Le professeur Finn Makela se dit d’autant plus étonné de l’usage fait du Code du travail par l’université qu’il est considéré comme un spécialiste en cette matière. « Leur lettre, moi, je m’attendrais à mieux de la part de mes étudiants de troisième année ! » Il n’y a rien de contraire au Code du travail dans le fait de s’adresser à des étudiants pour présenter un conflit de travail en cours, soutient-il. « Le Code interdit de continuer de faire du travail rémunéré. Je n’ai pas donné une conférence. Je ne peux d’ailleurs pas faire ma job : nous sommes en grève. Nous ne sommes pas payés. Cela relève de l’absurdité de dire que de présenter le conflit à des étudiants, c’est faire mon travail à l’université ! »

 

Ouverture

 

Selon Marc Frappier, vice-président du syndicat des professeurs (SPPUS), l’université n’a aucune raison de priver ses membres de leur droit de parole à titre de citoyen. « C’est comme si la direction considérait que le campus était semblable à un centre d’achats et qu’on pouvait en interdire l’accès. Or l’université est un espace public, payé par des fonds publics, et voué à la discussion. Nous, on ne veut pas empêcher les gens de discuter. »

 

Selon la professeure Paquette, cette situation n’a tout simplement aucun sens. « On s’entend que c’est le gouvernement qui m’invite. La direction de l’université me semble faire une utilisation abusive du Code du travail. »

 

Cela est d’autant plus ridicule, dit-elle, que la même administration continue d’inviter les professeurs à assister aux débats sur la course au rectorat qui bat son plein à l’Université de Sherbrooke. « Les candidats au rectorat participent à des assemblées publiques sur le campus. Je reçois des courriels qui m’invitent à y participer. » Pourquoi cette possibilité de participer à des débats sur la politique des recteurs, mais pas à une consultation publique du gouvernement ? « Le Code du travail a une application assez élastique ici », considère Mme Paquette.

Les profs de l’Université de Sherbrooke demandent du renfort
21 février 2017 écrit par Le Devoir

C’est toujours l’impasse dans les négociations entre les professeurs et l’administration de l’Université de Sherbrooke.

 

De passage lundi sur le campus pour y annoncer un investissement concernant les bâtiments, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, s’est refusée à tout commentaire.

 

En point de presse, elle n’a pas voulu commenter les demandes des professeurs. L’attaché de presse de la ministre a confirmé au Devoir que la ministre n’avait pas réagi à la grève des professeurs et qu’elle ne le ferait pas non plus. L’annonce de cet investissement ne peut-elle pas paraître paradoxale au moment où les professeurs avancent qu’ils bénéficient de moins d’attention que le béton ? « Nous ne commenterons pas les négociations », a répété Thierry Bélair au nom de la ministre.

 

Investissements

 

Hélène David se trouvait à l’Université de Sherbrooke en compagnie de la ministre fédérale Marie-Claude Bibeau, présente au nom du ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, pour présenter un investissement commun fédéral-provincial de 9,28 millions de dollars. De cette somme, 3,48 millions sont fournis par le gouvernement du Québec et 5,8 millions par Ottawa. Le reste de l’investissement provient de l’université elle-même et de « d’autres partenaires ».

 

L’Université doit notamment utiliser cet argent « pour optimiser l’efficacité énergétique de ses bâtiments de recherche ». À ce titre, il est question de développer deux parcs d’énergie solaire afin d’augmenter la part d’énergie renouvelable utilisée par des bâtiments voués à la recherche.

 

Une question d’équilibre

 

Selon Marc Frappier, vice-président du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke (SPPUS), « le développement immobilier de l’Université doit atteindre un point d’équilibre avec le développement des ressources humaines ».

 

Or les professeurs affirment qu’il manque désormais au moins 41 professeurs à la suite des compressions subies par l’institution au cours des dernières années. « Il est temps qu’on s’occupe des professeurs et de l’enseignement. Ce sont les principales forces. Développer l’immobilier, c’est bien. Mais s’il n’y a personne pour la recherche et l’enseignement dans les immeubles, ce n’est pas terrible. »

 

Parmi les reproches que le SPPUS adresse aux gestionnaires de l’Université, on trouve précisément la question de la gestion des immeubles. Selon Marc Frappier, la gestion des immeubles fait l’objet de transferts de fonds excessifs en comparaison de l’attention accordée au corps enseignant.

 

Les professeurs de l’Université de Sherbrooke ont reçu hier l’appui de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). Selon le président de la fédération, Jean-Marie Lafortune, la direction de l’Université de Sherbrooke « perd le fil de ce qu’est la mission universitaire ». Selon la FQPPU, « les membres de la direction ne voient plus l’université comme un service public, mais comme une entreprise à développer. […] Les profs, c’est quand même ce qu’il y a de plus important à la base de l’université. » Les négociations entre le SPPUS et la direction de l’Université se poursuivent cette semaine.

Commissions scolaires: départ de Josée Bouchard
20 février 2017 écrit par Le Devoir

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Le dilemme des élèves «pas comme les autres»
19 février 2017 écrit par Le Devoir

Le vieux débat sur l’intégration d’élèves en difficulté dans les classes ordinaires reprend de plus belle à Montréal. Les enseignants, déjà à bout de souffle, sonnent l’alarme.

Le petit William, 10 ans, a ce qu’on appelle des « difficultés graves d’apprentissage ». Il a un déficit d’attention, le syndrome de la Tourette, des difficultés à communiquer et une grande anxiété. Dans l’ancien temps, on aurait dit qu’il est un garçon « pas comme les autres », même s’il est aussi intelligent que ses amis.

 

William fréquente une classe spécialisée dans une école publique du Plateau Mont-Royal. Une petite classe de 11 élèves. L’enseignante est une orthopédagogue spécialisée en adaptation scolaire. Une armée de professionnels aide William en classe : psycho-éducatrice, technicienne en éducation spécialisée, orthophoniste… Bref, imaginez-vous la classe idéale pour un petit gars comme William : c’est la classe qu’il fréquente.

 

« On est très satisfaits des services qui lui sont offerts. Mon fils réussit bien à l’école. Il n’est pas du tout stigmatisé. Il fréquente le service de garde comme tous les autres enfants, il participe aux sorties, les enfants des classes ordinaires et des classes spéciales se mélangent bien », dit Julia Druliolles, la mère de William.

 

La classe idéale, oui. William a besoin d’être entouré comme il l’est, dans sa classe spécialisée. Julia Druliolles a quand même une inquiétude : qu’est-ce qui va se passer lorsque William sera au secondaire ? Aura-t-il les mêmes services qu’au primaire ? Devra-t-il fréquenter une école spécialisée ? À peine le quart des élèves handicapés ou qui ont des difficultés graves d’apprentissage obtiennent un diplôme ou une qualification professionnelle. La mère de William craint que son enfant reste toute sa vie dans la catégorie des gens « différents ».

 

Julia Druliolles aimerait que son fils intègre une classe ordinaire. Elle est convaincue qu’il peut le faire. Qu’il sortirait gagnant en fréquentant une classe ordinaire. La mère de famille sait de quoi elle parle : elle est commissaire scolaire et étudie en psychologie de l’éducation. La belle théorie de l’école « inclusive » se heurte à la réalité sur le terrain, dit-elle : « On est persuadés que l’inclusion est la solution, mais on voit difficilement comment ça peut se faire à l’heure actuelle à cause de la pénurie de ressources. »

 

Au bord de l’épuisement

 

Les écoles de Montréal et d’ailleurs manquent de professionnels pour évaluer et aider les élèves qui ont des difficultés graves d’apprentissage. Pour faire évaluer William — et qu’il obtienne sa « cote » lui ouvrant la porte d’une classe spécialisée —, ses parents ont payé 4000 $ pour lui faire rencontrer des psychologues et d’autres professionnels dans le secteur privé.

 

S’il fréquentait une classe ordinaire, William aurait peu ou pas de services spécialisés. Le gouvernement Couillard a beau « réinvestir » dans l’éducation (après avoir imposé une croissance des dépenses inférieure aux besoins pour atteindre l’équilibre budgétaire), dans la vraie vie, les services restent insuffisants.

 

Le virage « inclusif » des écoles s’est fait il y a une quinzaine d’années, avec la réforme de l’éducation. À peu près tout le monde s’entend pour dire que c’est une bonne idée d’inclure les enfants en difficulté dans les classes ordinaires — tout en gardant des classes spécialisées pour des élèves qui ne pourront jamais s’intégrer.

 

Oui, c’est une bonne idée d’inclure toutes sortes d’élèves dans les classes ordinaires. En théorie. Dans les faits, c’est difficile. Et parfois infernal. « Je suis au bord de l’épuisement. J’envisage même de changer de métier », dit une enseignante de première année. Cinq des dix-huit élèves de sa classe ont de « grandes difficultés ». Elle les adore, ses élèves ayant de grandes difficultés. Mais ils lui grugent toute son énergie, au point parfois où elle doit négliger les enfants « ordinaires ». « Il faut vraiment que les gens soient plus au courant de ce qui se passe dans notre système d’éducation. La profession ne sera plus du tout intéressante. Les enseignants sont souvent des gens très humanistes qui en prennent beaucoup sur leurs épaules », dit-elle.

 

Du bruit dans la classe

 

Le témoignage de cette enseignante n’est pas isolé. Le Devoir a reçu pas mal de messages d’enseignants après avoir écrit sur l’intégration des élèves en difficulté, au cours des dernières semaines. Philippe Fourneau, qui a pris un congé sabbatique de son école de Rosemont pour aller enseigner en Colombie-Britannique, est de ceux-là.

 

La Colombie-Britannique est considérée comme une des provinces (avec l’Ontario) qui réussissent le mieux l’inclusion d’élèves en difficulté. Le quart des 24 élèves de Philippe Fourneau a des troubles de comportement ou d’apprentissage. Des cas lourds, des enfants turbulents, agressifs, un enfant autiste. « Ça parle tout le temps dans ma classe, et ça parle fort ! » dit Philippe Fourneau en soupirant. Il se réveille la nuit. Il pense à abandonner ce métier qu’il pratique avec passion depuis 11 ans.

 

Ils sont deux professionnels, en tout temps, pour enseigner dans la classe francophone de Philippe Fourneau, à Squamish : l’enseignant et une adjointe, dont la mission officielle est d’accompagner l’élève autiste. En réalité, elle s’occupe surtout des trois enfants qui ont des troubles de comportement. « Les autres élèves sont tannés de l’agressivité de ces enfants. Les élèves qui sont discrets ou timides deviennent moins motivés. Les parents devraient se plaindre aux commissions scolaires. Les gestionnaires qui décident de faire les classes inclusives ne viennent jamais sur le terrain. Ils devraient au moins écouter les profs : on sait ce qui se passe dans nos classes ! »

 

Un virage inquiétant

 

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est considérée comme un modèle en matière de services aux élèves en difficulté, avec 390 classes spécialisées. Selon les données de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, 783 élèves du primaire et 970 élèves du secondaire fréquentent une école spécialisée à la CSDM. La plus grande commission scolaire du Québec ne fait pas qu’éduquer les enfants : elle est aussi une machine de socialisation des enfants les plus pauvres, d’intégration des élèves difficiles, de francisation des immigrants.

 

Le virage « inclusif » de l’école s’est fait en douceur à Montréal depuis une quinzaine d’années. La CSDM cherche à accélérer la tendance vers l’inclusion. Les syndicats d’enseignants s’inquiètent. Ils sont d’accord avec l’inclusion, mais pas « l’inclusion sauvage » sans l’appui de professionnels.

 

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal soutiennent que ce virage inclusif cache un autre objectif non avoué : faire des économies — et offrir si peu de services que les parents se tournent vers le privé. La CSDM et le ministère de l’Éducation s’en défendent, mais il est vrai que ça coûte cher, une classe spécialisée. Les enseignants ont l’impression de se faire pelleter dans les classes ordinaires des enfants qui seraient mieux servis dans des classes spécialisées.

 

L’école à trois vitesses

 

Le problème, c’est le « tamisage » des meilleurs élèves par les écoles privées et les écoles publiques à vocation particulière, qui sélectionnent leurs élèves, estime Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

 

« L’école publique ordinaire n’a plus rien d’ordinaire, dit-il. La proportion d’élèves vulnérables est beaucoup plus grande dans les classes ordinaires à cause de ce tamisage. La seule solution pour s’en sortir, c’est que toutes les écoles deviennent inclusives. Les écoles privées et les écoles publiques à vocation particulière sont là pour rester : on devrait leur demander d’accueillir des enfants autistes, qui ont un déficit d’attention ou des troubles de comportement. »

 

Il note aussi que la meilleure façon d’aider les enfants à risque, c’est de leur apprendre à lire et à socialiser le plus tôt possible. Et pour ça, le meilleur outil, c’est la maternelle à quatre ans. L’Ontario accomplit des merveilles avec la maternelle obligatoire et gratuite dès l’âge de quatre ans — où une éducatrice en petite enfance et une enseignante travaillent ensemble dans chaque classe —, explique Égide Royer.

 

« Les enfants de quatre ans n’ont pas besoin d’être gardés, ils ont besoin de recevoir des services éducatifs, dit-il. Le ministre Sébastien Proulx parle d’offrir davantage de maternelles à quatre ans dans les milieux défavorisés. C’est une vision étroite : la majorité des enfants vulnérables de quatre ans ne vivent pas en milieu défavorisé. Le spectre de l’autisme ne dépend pas de votre code postal ou de votre déclaration de revenus ! »

 

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.

Le dilemme des élèves «pas comme les autres»
18 février 2017 écrit par Le Devoir

Le vieux débat sur l’intégration d’élèves en difficulté dans les classes ordinaires reprend de plus belle à Montréal. Les enseignants, déjà à bout de souffle, sonnent l’alarme.

Le petit William, 10 ans, a ce qu’on appelle des « difficultés graves d’apprentissage ». Il a un déficit d’attention, le syndrome de la Tourette, des difficultés à communiquer et une grande anxiété. Dans l’ancien temps, on aurait dit qu’il est un garçon « pas comme les autres », même s’il est aussi intelligent que ses amis.

 

William fréquente une classe spécialisée dans une école publique du Plateau Mont-Royal. Une petite classe de 11 élèves. L’enseignante est une orthopédagogue spécialisée en adaptation scolaire. Une armée de professionnels aide William en classe : psycho-éducatrice, technicienne en éducation spécialisée, orthophoniste… Bref, imaginez-vous la classe idéale pour un petit gars comme William : c’est la classe qu’il fréquente.

 

« On est très satisfaits des services qui lui sont offerts. Mon fils réussit bien à l’école. Il n’est pas du tout stigmatisé. Il fréquente le service de garde comme tous les autres enfants, il participe aux sorties, les enfants des classes ordinaires et des classes spéciales se mélangent bien », dit Julia Druliolles, la mère de William.

 

La classe idéale, oui. William a besoin d’être entouré comme il l’est, dans sa classe spécialisée. Julia Druliolles a quand même une inquiétude : qu’est-ce qui va se passer lorsque William sera au secondaire ? Aura-t-il les mêmes services qu’au primaire ? Devra-t-il fréquenter une école spécialisée ? À peine le quart des élèves handicapés ou qui ont des difficultés graves d’apprentissage obtiennent un diplôme ou une qualification professionnelle. La mère de William craint que son enfant reste toute sa vie dans la catégorie des gens « différents ».

 

Julia Druliolles aimerait que son fils intègre une classe ordinaire. Elle est convaincue qu’il peut le faire. Qu’il sortirait gagnant en fréquentant une classe ordinaire. La mère de famille sait de quoi elle parle : elle est commissaire scolaire et étudie en psychologie de l’éducation. La belle théorie de l’école « inclusive » se heurte à la réalité sur le terrain, dit-elle : « On est persuadés que l’inclusion est la solution, mais on voit difficilement comment ça peut se faire à l’heure actuelle à cause de la pénurie de ressources. »

 

Au bord de l’épuisement

 

Les écoles de Montréal et d’ailleurs manquent de professionnels pour évaluer et aider les élèves qui ont des difficultés graves d’apprentissage. Pour faire évaluer William — et qu’il obtienne sa « cote » lui ouvrant la porte d’une classe spécialisée —, ses parents ont payé 4000 $ pour lui faire rencontrer des psychologues et d’autres professionnels dans le secteur privé.

 

S’il fréquentait une classe ordinaire, William aurait peu ou pas de services spécialisés. Le gouvernement Couillard a beau « réinvestir » dans l’éducation (après avoir imposé une croissance des dépenses inférieure aux besoins pour atteindre l’équilibre budgétaire), dans la vraie vie, les services restent insuffisants.

 

Le virage « inclusif » des écoles s’est fait il y a une quinzaine d’années, avec la réforme de l’éducation. À peu près tout le monde s’entend pour dire que c’est une bonne idée d’inclure les enfants en difficulté dans les classes ordinaires — tout en gardant des classes spécialisées pour des élèves qui ne pourront jamais s’intégrer.

 

Oui, c’est une bonne idée d’inclure toutes sortes d’élèves dans les classes ordinaires. En théorie. Dans les faits, c’est difficile. Et parfois infernal. « Je suis au bord de l’épuisement. J’envisage même de changer de métier », dit une enseignante de première année. Cinq des dix-huit élèves de sa classe ont de « grandes difficultés ». Elle les adore, ses élèves ayant de grandes difficultés. Mais ils lui grugent toute son énergie, au point parfois où elle doit négliger les enfants « ordinaires ». « Il faut vraiment que les gens soient plus au courant de ce qui se passe dans notre système d’éducation. La profession ne sera plus du tout intéressante. Les enseignants sont souvent des gens très humanistes qui en prennent beaucoup sur leurs épaules », dit-elle.

 

Du bruit dans la classe

 

Le témoignage de cette enseignante n’est pas isolé. Le Devoir a reçu pas mal de messages d’enseignants après avoir écrit sur l’intégration des élèves en difficulté, au cours des dernières semaines. Philippe Fourneau, qui a pris un congé sabbatique de son école de Rosemont pour aller enseigner en Colombie-Britannique, est de ceux-là.

 

La Colombie-Britannique est considérée comme une des provinces (avec l’Ontario) qui réussissent le mieux l’inclusion d’élèves en difficulté. Le quart des 24 élèves de Philippe Fourneau a des troubles de comportement ou d’apprentissage. Des cas lourds, des enfants turbulents, agressifs, un enfant autiste. « Ça parle tout le temps dans ma classe, et ça parle fort ! » dit Philippe Fourneau en soupirant. Il se réveille la nuit. Il pense à abandonner ce métier qu’il pratique avec passion depuis 11 ans.

 

Ils sont deux professionnels, en tout temps, pour enseigner dans la classe francophone de Philippe Fourneau, à Squamish : l’enseignant et une adjointe, dont la mission officielle est d’accompagner l’élève autiste. En réalité, elle s’occupe surtout des trois enfants qui ont des troubles de comportement. « Les autres élèves sont tannés de l’agressivité de ces enfants. Les élèves qui sont discrets ou timides deviennent moins motivés. Les parents devraient se plaindre aux commissions scolaires. Les gestionnaires qui décident de faire les classes inclusives ne viennent jamais sur le terrain. Ils devraient au moins écouter les profs : on sait ce qui se passe dans nos classes ! »

 

Un virage inquiétant

 

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est considérée comme un modèle en matière de services aux élèves en difficulté, avec 390 classes spécialisées. Selon les données de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, 783 élèves du primaire et 970 élèves du secondaire fréquentent une école spécialisée à la CSDM. La plus grande commission scolaire du Québec ne fait pas qu’éduquer les enfants : elle est aussi une machine de socialisation des enfants les plus pauvres, d’intégration des élèves difficiles, de francisation des immigrants.

 

Le virage « inclusif » de l’école s’est fait en douceur à Montréal depuis une quinzaine d’années. La CSDM cherche à accélérer la tendance vers l’inclusion. Les syndicats d’enseignants s’inquiètent. Ils sont d’accord avec l’inclusion, mais pas « l’inclusion sauvage » sans l’appui de professionnels.

 

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal soutiennent que ce virage inclusif cache un autre objectif non avoué : faire des économies — et offrir si peu de services que les parents se tournent vers le privé. La CSDM et le ministère de l’Éducation s’en défendent, mais il est vrai que ça coûte cher, une classe spécialisée. Les enseignants ont l’impression de se faire pelleter dans les classes ordinaires des enfants qui seraient mieux servis dans des classes spécialisées.

 

L’école à trois vitesses

 

Le problème, c’est le « tamisage » des meilleurs élèves par les écoles privées et les écoles publiques à vocation particulière, qui sélectionnent leurs élèves, estime Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

 

« L’école publique ordinaire n’a plus rien d’ordinaire, dit-il. La proportion d’élèves vulnérables est beaucoup plus grande dans les classes ordinaires à cause de ce tamisage. La seule solution pour s’en sortir, c’est que toutes les écoles deviennent inclusives. Les écoles privées et les écoles publiques à vocation particulière sont là pour rester : on devrait leur demander d’accueillir des enfants autistes, qui ont un déficit d’attention ou des troubles de comportement. »

 

Il note aussi que la meilleure façon d’aider les enfants à risque, c’est de leur apprendre à lire et à socialiser le plus tôt possible. Et pour ça, le meilleur outil, c’est la maternelle à quatre ans. L’Ontario accomplit des merveilles avec la maternelle obligatoire et gratuite dès l’âge de quatre ans — où une éducatrice en petite enfance et une enseignante travaillent ensemble dans chaque classe —, explique Égide Royer.

 

« Les enfants de quatre ans n’ont pas besoin d’être gardés, ils ont besoin de recevoir des services éducatifs, dit-il. Le ministre Sébastien Proulx parle d’offrir davantage de maternelles à quatre ans dans les milieux défavorisés. C’est une vision étroite : la majorité des enfants vulnérables de quatre ans ne vivent pas en milieu défavorisé. Le spectre de l’autisme ne dépend pas de votre code postal ou de votre déclaration de revenus ! »

 

Ce texte fait partie de notre section Perspectives.

Réduire la dette ou investir dans les écoles?
17 février 2017 écrit par Le Devoir

Qu’est-ce qui est le plus important : réduire la dette publique du Québec ou investir dans l’éducation et les soins de santé ? À un mois du dépôt probable du prochain budget, des voix s’élèvent pour mettre la pédale douce sur les versements au Fonds des générations et donner la priorité aux investissements dans les services à la population.

 

La Commission scolaire de Montréal (CSDM), en tout cas, lance un cri d’alarme : l’état lamentable des écoles et la pénurie de professionnels qui aident les élèves devraient inciter le gouvernement Couillard à revoir ses priorités.

 

« Qu’est-ce qui est le mieux pour les enfants : placer des milliards pour dans 20 ans ou investir dès maintenant dans le soutien aux élèves ? » demande Catherine Harel Bourdon, présidente de la plus grande commission scolaire du Québec, qui gère un budget de 1,06 milliard.

 

La CSDM a 265 postes de professionnels (orthophonistes, psychologues, orthopédagogues, etc.) à pourvoir. Les besoins sont criants, mais les budgets ne suivent pas pour embaucher du personnel.

 

Les conditions de travail rebutent certains candidats : les professionnels doivent parfois travailler dans trois écoles, en raison de la pénurie. Les salaires sont moindres que dans le privé. Et la Commission scolaire de Montréal a les élèves les plus poqués, ceux qui ont les plus grands défis d’apprentissage du Québec. Les deux tiers des élèves vivent en milieu défavorisé. La moitié ont une langue maternelle autre que le français. Et un élève sur cinq éprouve des difficultés d’apprentissage.

 

Catherine Harel Bourdon milite pour que Québec accorde un statut particulier à la CSDM, compte tenu du rôle social qu’elle joue auprès des enfants. Au cabinet du ministre des Finances, Carlos Leitão, on ne se prononce pas sur cette demande, mais on rappelle que Québec a réinvesti en éducation dans le budget de l’an dernier et lors de la mise à jour économique de l’automne dernier.

 

Ça n’empêche pas le gouvernement de consacrer des fonds à la réduction de la dette : tous les surplus budgétaires des cinq prochaines années, estimés entre 2 et 3,6 milliards par année, alimenteront le Fonds des générations. C’est beaucoup, beaucoup d’argent qui sera mis de côté pour les générations futures, note l’économiste Jean-Pierre Aubry, fellow associé au CIRANO (Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations).

 

Réduire la dette

 

Le Fonds des générations, créé en 2006 par le gouvernement libéral de Jean Charest, a une valeur comptable estimée à 10,5 milliards en 2016-2017. Ces milliards de dollars mis de côté visent à diminuer le poids de la dette publique par rapport à la taille de l’économie. Au 31 mars 2016, la dette brute s’élevait à 53,8 % du produit intérieur brut (PIB). L’objectif est de réduire ce ratio à 45 % du PIB en 2026.

 

« C’est une cible ambitieuse. C’est un choix politique qui implique une croissance des dépenses pour les services publics moindre que la demande, dans le but de réduire la dette. Est-ce le bon moment pour faire ça ? » s’interroge Jean-Pierre Aubry.

 

« Tous les experts disent qu’il faut offrir un soutien très tôt dans le système d’éducation, sinon certains jeunes prennent du retard et ne le rattrapent jamais. Il y a des jeunes qui ont encore de la misère à lire au secondaire, et même au cégep et à l’université ! » ajoute-t-il.

 

L’économiste note tout de même un signe encourageant : Québec a dégagé un surplus de 1,95 milliard au cours des huit premiers mois de l’année 2016-2017. On peut croire que le gouvernement fera des surplus importants dans les prochaines années, en plus des versements prévus au Fonds des générations. Il est possible que Québec puisse investir en éducation et dans d’autres missions tout en respectant les cibles de réduction de la dette, estime Jean-Pierre Aubry.

 

Sylvain Caron, président du comité de parents de la CSDM, estime de son côté que l’aide aux élèves est plus urgente que le remboursement de la dette : « Je suis conseiller financier. Quand j’ai des clients dont le toit coule, je leur recommande de moins investir dans leur REER. Si on veut augmenter notre taux de diplomation, il faut rendre les écoles attrayantes. »

Publicités «in english» pour l’Université de Montréal
16 février 2017 écrit par Le Devoir

En pleine campagne de recrutement, l’Université de Montréal courtise les étudiants d’Ottawa… en anglais seulement. L’université, qui n’offre que des programmes de langue française, a pourtant choisi l’anglais pour sa plus récente offensive publicitaire dans la capitale fédérale.

 

À Montréal et à Gatineau, l’UdeM s’affiche en français. Dans les cégeps anglophones, elle le fait dans les deux langues officielles. C’est néanmoins l’anglais que l’Université de Montréal a choisi d’employer pour s’adresser à de potentiels étudiants de la région d’Ottawa, dans le réseau d’autobus municipal et les bars et restaurants du centre-ville.

 

« Oh great, another university ad », indique la publicité, sur un ton moqueur.

 

Une autre publicité en anglais d’un organisme québécois, est tenté de répliquer le vice-président de l’Association des communautés francophones d’Ottawa, Alain Dupuis, lui-même diplômé en affaires publiques de l’Université de Montréal. Il ne s’explique pas la décision de son alma mater.

 

En décembre dernier, Tourisme Montréal avait commis une bourde semblable relativement aux célébrations du 375e de la métropole, rappelle-t-il. « Il semble que ce soit devenu une tendance des institutions montréalaises de s’adresser au public d’Ottawa en anglais seulement », dit-il. Dans un cas comme dans l’autre, « il s’agit d’un manque de respect envers les Franco-Ontariens ».

 

Ce sont 40 % des citoyens de la capitale qui parlent français, et 150 000 personnes ont le français comme langue maternelle à Ottawa, souligne-t-il. « Rien ne justifie donc qu’une université de langue française ne privilégie pas, au minimum, des publicités bilingues dans la capitale fédérale. » Il juge essentiel que l’université fasse amende honorable.

 

Cibler la clientèle anglophone

 

La campagne existe bel et bien en français, mais pas à Ottawa, explique la porte-parole de l’établissement, Geneviève O’Meara. « Cette décision a été prise pour attirer l’attention d’une clientèle qui n’aurait pas, en premier lieu, pensé à l’Université de Montréal pour poursuivre ses études. »

 

La maison d’enseignement cherchait à s’adresser aux « étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle » avec cette campagne publicitaire, qui doit prendre fin la semaine prochaine, à quelques semaines de la date limite de réception des demandes d’admission, le 1er mars. Elle reconnaît toutefois qu’il faut comprendre le français pour étudier à l’Université de Montréal. Les travaux scolaires doivent être remis en français au premier cycle, mais des ententes peuvent être conclues avec les enseignants, aux cycles supérieurs, pour remettre les travaux dans d’autres langues.

 

Des activités de recrutement sont tenues régulièrement en français en Ontario, a-t-elle ajouté. Cette province compte la plus importante communauté francophone à l’extérieur du Québec, mais l’accessibilité aux études postsecondaires en français pose toujours problème dans certains secteurs.

Une loi-cadre pour contrer les violences à caractère sexuel
15 février 2017 écrit par Le Devoir

La ministre Hélène David espère adopter, d’ici la prochaine rentrée scolaire, une loi-cadre pour contrer les violences à caractère sexuel sur les campus, collégiaux et universitaires. Elle souhaite ainsi éviter les débordements souvent associés aux activités d’initiations.

 

C’est ce qu’a annoncé la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, en marge de la première journée de réflexion sur les violences à caractère sexuel qui se tenait mardi à Chicoutimi. « Je veux que, le plus rapidement possible, on dépose ce projet de loi-cadre, répond la ministre. Je prévois la rentrée prochaine ; je veux que toutes les activités d’accueil et d’intégration, qu’on appelle aussi initiations, se passent bien. »

 

Elle précise que le cheminement d’un projet de loi est parfois plus long que prévu, mais elle veut, à tout le moins, que « des balises [soient] très rapidement données pour que les collèges et universités sachent […] à quoi s’attendre. »

 

Selon elle, il est essentiel « d’enchâsser la volonté absolue de notre gouvernement et de la société québécoise » de lutter contre les violences à caractère sexuel. « Il y a eu différentes lois sur les normes du travail, sur le harcèlement en milieu de travail. Là, on parle de violences à caractère sexuel, c’est différent des normes du travail au sens large. Il faut qu’elle soit spécifiquement nommée et spécifiquement encadrée pour mieux prévenir et intervenir à tous les niveaux. »

 

Elle assure que l’argent sera au rendez-vous pour aider les établissements à mettre en oeuvre ces nouvelles règles et offrir tout le soutien nécessaire.

 

Vigiles

 

La ministre dit avoir reçu « beaucoup, beaucoup de mémoires » en vue des consultations qui se tiendront jusqu’à la fin de mars dans plusieurs grandes villes du Québec. Plusieurs idées ont été apportées pour améliorer les pratiques sur les trois grands thèmes, soit la prévention, la sécurité des personnes et la gestion des plaintes, dont certaines ont déjà retenu l’attention de la ministre.

 

« Je retiens la question de vigile parce qu’il faut que tout le monde, que tous les acteurs du milieu collégial et universitaire, de quelque statut qu’il soit — étudiant, enseignant, personnel de soutien et haut dirigeant —, soient mobilisés dans le même but. Et pour ça, il faut qu’ils deviennent tous des vigiles de ce qui peut se passer. Des vigiles, ça veut dire tolérance zéro par rapport à des événements. »

 

Les vigiles devraient également être présentes lors des activités organisées par les associations étudiantes à l’extérieur du campus, estime la ministre, qui fait une référence directe aux activités d’initiation, qui ont été la cible de plusieurs critiques à la suite d’activités à caractère sexuel dégradantes.

 

Reddition de comptes

 

La ministre profite également des journées de consultation pour lancer des messages aux dirigeants d’établissement sur ce qu’elle attend d’eux. Elle demande notamment une « reddition de comptes intelligente », qui va au-delà des statistiques, et une plus grande ouverture de la part des directions. « J’ai dit au directeur général d’un cégep : si quelqu’un s’adonne à vouloir s’ouvrir sur quelque chose qu’il a vécu et que la porte ouverte la plus proche est celle d’un d.g., j’espère que le d.g. va tout arrêter pour être à l’écoute. Et ça, ça veut dire qu’on change la culture et qu’il ne dit pas : prends ton numéro et va voir à tel bureau […]
Ça, c’est quelque chose qu’on entend, mais c’est un message que moi je veux passer et valider pour voir la réaction. »

Après le créationnisme à l’école, le créationnisme à l’université?
14 février 2017 écrit par Le Devoir

Jerry Falwell Jr, président de la plus grande « université chrétienne » des États-Unis — et du monde — a été nommé par Donald Trump à la tête d’un comité de réforme de l’enseignement supérieur.

 

À coup sûr, le créationnisme n’est pas la seule ni même la principale « réforme » que les partisans de ce comité ont en tête.

 

L’oeuvre de Dieu

 

Il s’agit plutôt de travailler à une « déréglementation » — en clair, réduire ce que les conservateurs de droite dénoncent comme une ingérence du gouvernement fédéral dans l’éducation. Mais dans les faits, l’objectif serait d’accroître l’autonomie d’universités privées, comme celle que dirige Jerry Falwell.

 

Le Département de biologie de sa Liberty University, en Virginie, enseigne le créationnisme et abrite un Centre des études sur la Création (Center for Creation Studies), dont le but premier est de « comprendre comment la science peut nous informer sur la magnifique oeuvre de Dieu ». Quant au comité de réforme de l’enseignement supérieur, il surgit parallèlement à la nomination cette semaine de Betty DeVos comme ministre de l’Éducation, partisane elle aussi d’un assouplissement des lois au bénéfice des écoles privées, en particulier les écoles religieuses — au nom de la « liberté de choix » des parents.


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