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Pour la toute première fois, le salaire minimum au Québec dépasse les 10$ l’heure aujourd’hui. À 10,15$, il s’agit d’une augmentation de 2,5% par rapport à l’année précédente. Depuis l’an dernier, le taux d’inflation lui oscille entre 1 et 1,5%.
À 10,15$, ça peut sembler élevé aux yeux de certains économistes qui pointent plus à droite, mais le Québec se situe en milieu de peloton au
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Admettons qu’on accepte les explications de Guy Chevrette concernant l’histoire de la «magouille» de la route de Saint-Donat, révélée hier à la Commission Charbonneau. Bref, il n’y a pas eu de magouille, ni pot-de-vin, ni entrepreneur-ami gâté.
On accepte les explications de l’ancien ministre de la Garnotte, mais ça ne répond pas à la question de fond embrumant l’histoire de cette route : pourquoi?
Pourquoi?
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Pour la toute première fois, le salaire minimum au Québec dépasse les 10$ l’heure aujourd’hui. à 10,15$, il s’agit d’une augmentation de 2,5% par rapport à l’année précédente. Depuis l’an dernier, le taux d’inflation lui oscille entre 1 et 1,5%.
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Catégories: Nouvelles, Point de vue
Tags: Californie, Canada, inégalités, pauvreté, Québec, revenus, salaire, salaire minimum
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Quand l’histoire de la Banque Royale et ses travailleurs étrangers est apparue il y a deux semaines, les Canadiens et les Québécois ont découvert avec stupéfaction l’existence d’un obscur programme fédéral.
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Tous ceux qui s’opposent aux dérives du Programme des travailleurs étrangers temporaires, à commencer par le NPD et les syndicats, et plus largement tous les travailleurs qui trouvent les employeurs d’ici bien pingres, viennent de se trouver un allié insoupçonné: le gouverneur de la Banque du Canada!
Pour tirer sa révérence avant de devenir le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney aPour lire la suite de l'article écrit par jobboomblog: http://jobboomblog.com/nouvelles/penuries-de-main-doeuvre-payez-plus-dit-le-banquier/
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Pour tirer sa révérence avant de devenir le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney a jeté tout un pavé dans la mare hier, lors de sa dernière présence devant le Comité permanent des finances de la Chambre des communes. Selon lui, les employeurs canadiens développent depuis quelques années une dépendance à l’égard des employés étrangers peu rémunérés. La très forte utilisation du programme (il y avait trois fois plus de travailleurs étrangers au Canada en 2012 – 338 000 – qu’en 2003) tire vers le bas les salaires payés au Canada prévient-il, et pousse les entreprises à la paresse. Ainsi, plutôt que d’investir dans la technologie et la formation de la main-d’œuvre, elles se contentent de maintenir leurs marges en embauchant des bas salariés. Ce qui, le moindre nigaud en conviendra, n’est pas bon pour l’économie canadienne.
Cela rappelle l’époque du huard à 70 cents, une période pendant laquelle les manufacturiers canadiens ont peu investi et se sont simplement appuyés sur la faible valeur de la monnaie canadienne pour vendre à faible coût les produits canadiens, notamment aux États-Unis. Une forte croissance de l’emploi dans ce secteur avait été observé durant cette période. Depuis la hausse spectaculaire du dollar, il s’est perdu plus d’un demi-million d’emplois dans les usines du pays.
Le message de Carney tient en peu de mots: pour contrer la pénurie de main-d’œuvre dans les emplois peu spécialisés, il n’y a qu’une solution viable, payer plus! Pour le reste, la formation est la clé. À cet égard, l’exemple allemand où les entreprises sont massivement embrigadées dans la formation de la main-d’œuvre, offre une piste de solution d’un incontournable intérêt, comme le souligne La Presse dans ce reportage.
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires n’est pas un mauvais programme en soi. Comme le rappelle le gouverneur de la Banque du Canada, il permet aux entreprises canadiennes de s’offrir de la compétence et l’expertise rares comme de la merde de pape dans le monde. Par exemple, vous êtes le Cirque du Soleil, vous préparez un show qui s’intitulera Inferno, dont le thème sera le feu, vous avez alors absolument besoin de ce jongleur de torches russe, le meilleur au monde. Pour l’amener dans le quartier Saint-Michel où il participera à la conception du spectacle, vous devez passer par ce programme. Idem si vous êtes Bombardier, vous concevez un nouvel appareil, il vous faut les meilleurs en aérodynamique dans le monde. Vive le programme!
Mais si vous êtes propriétaires d’une franchise de restaurant de beignes à Saint-Jovite, faire appel à des travailleurs philippins via le programme en est une perversion. Et ce n’est même pas moi qui le dis, ni un gogauche plateaupithèque, mais un des grands banquiers de sa génération!
Dans mon billet précédent, vous pouviez consulté une liste sommaire des employeurs québécois inscrits au programme, dont de nombreux organismes gouvernementaux et publics.
Catégories: Nouvelles
Tags: Banque du Canada, Canada, formation, Mark Carney, pénuries, Québec, salaire, travailleurs étrangers temporaires
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires n’est pourtant pas une nouveauté: il existe depuis 10 ans, et a subi en 2006 une petite réforme afin d’en rendre l’application le plus simplifiée possible. De plus, en 2012, une entente avec le gouvernement de Jean Charest permet à Emploi-Québec de devenir le seul maître d’oeuvre de ce programme au Québec dans certaines circonstances. Ainsi, pour pouvoir embaucher un spécialiste étranger, s’il exerce l’un des 44 métiers et professions reconnus comme en pénurie, un simple formulaire d’Emploi-Québec suffit.
Pour la majorité des gens, l’affaire des travailleurs étrangers temporaires touche essentiellement la main-d’oeuvre agricole. Or, c’est la partie visible du programme, et l’une des plus petites. À peine le quart des 338 000 travailleurs étrangers temporaires présents au Canada chaque année travaillent au champ. Il y en a plein d’autres dans les mines, dans l’industrie aérospatiale, dans la haute finance, dans le domaine culturel et sportif, dans le tourisme, dans les champs pétrolifères de l’Ouest, etc.
Juste pour vous donner une idée à quel point l’utilisation des travailleurs étrangers est répandue, je vous invite à consulter un document PDF obtenu par le quotidien torontois The Globe Mail, où on y trouve toutes les entreprises qui ont obtenu le droit d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires. Comme le stipule la mise en garde, rien n’indique que chacun de ces employeurs a effectivement embauché des travailleurs étrangers. Ils ont toutefois reçu toutes les autorisations requises à cet effet.
La liste est monstrueuse. Seulement au Québec, quelque 3400 employeurs y sont listés! Parmi ceux-ci, des hôpitaux, des CLSC, des ministères fédéraux et provinciaux, des villes (comme Montréal et Laval), des organismes à but non lucratif (genre fédération sportive, truc religieux, association contre une quelconque maladie) presque toutes les universités et des commissions scolaires. Aussi, une quantité considérable de restaurants, de dépanneurs, de motels. Et pas juste dans les quartiers multiethniques de Montréal, mais aussi dans les confins de la campagne québécoise, comme à Rawdon, par exemple. De nombreux commerces situés dans les zones de villégiature à réputation internationale, comme à Mont-Tremblant et dans Charlevoix, y figurent aussi.
Voici une liste de quelques entreprises et organisations parmi les plus connues du public:
Lassonde (les jus) ADF (les structures de métal, celles qui seront utilisées pour l’amphithéâtre de Québec) Resolu (anciennement Abitibi-Consol) Agence de santé et services sociaux de Montréal Agence Métropolitaine de Transport Revenu Québec Air Canada Alcoa Aldo Les Ailes Alliance VivaFilms American Apparel ArcelorMittal Astral Media Atmosphère/Sport Expert Auberge Lac Sacacomie Avon Axa Assurances Banque Nationale Bell Beenox Bombardier BRP (Bombardier produits récréatifs) Première Moisson Bridgstone Canada Bristol Myers Squibb Caisse de dépôt et Placement Canadien National Canoë Cascades CGI Cirque du soleil Cinémas Guzzo Mine Osisko Centre de Recherches en Informatique de Montréal Centre de Recherches industrielles du Québec Dessau Desjardins Domtar Dorel Eau Naya Electrolux Environnement Canada Exfo La plupart des hôtels Fairmont au Québec (Manoir Richelieu, Montebello, Tremblant) Fédération des cégeps Grand rire de Québec Des garderies Genivar General Electric Canada Juste pour rire Transcontinental Institut nationale de recherche scientifique (INRS) KPMG Kruger Lafarge Canada Le Massif Léger Marketing Danièle Henkel Les Grands Ballets Canadiens Lise Watier L’Oréal Canada Loto-Québec Mabe Canada (qui fermera l’an prochain dans l’est de Montréal pour déménager au Mexique) Molson Coors Morgan Stanley Canada Moment Factory Nova Bus Novartis Office national du film (ONF) L’Orchestre symphonique de Montréal Parcs nationaux Mont-Valin et Frontenac Pfizer Canada Premier Tech PriceWaterhoureCoopers Pratt Withney RBC Reitmans RioTintoAlcan Groupe Roche Saputo Shell Canada Sid Lee Simple Plan (oui, oui, le groupe) Ski Bromont Mont Saint-Bruno SNC-Lavalin Société de transport de Montréal Mont-Sainte-Anne Mont-Tremblant Tembec Ubisoft Ville de Montréal Ville de Laval Warner Brothers Games
Tags: Banque Royale, Canada, emploi-Québec, immigration, Québec, travailleurs étrangers
Qu’on soit de la gauche, de la droite. Qu’on vienne d’en haut ou d’en bas, qu’il s’agisse d’ici ou d’ailleurs en Occident, le constat est le même : en matière de retraite, à l’aune du vieillissement de la population, on se précipite dans précipice du Grand Canyon à la même vitesse que la voiture de Thelma et Louise, à la fin du film Thelma
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Qu’on soit de la gauche, de la droite. Qu’on vienne d’en haut ou d’en bas, qu’il s’agisse d’ici ou d’ailleurs en Occident, le constat est le même : en matière de retraite, à l’aune du vieillissement de la population, on se précipite dans précipice du Grand Canyon à la même vitesse que la voiture de Thelma et Louise, à la fin du film Thelma Louise.
Parce que le suicide collectif n’est pas une option, les membres du Comité d’experts sur l’avenir du système de retraite (le Rapport D’Amours) y vont de quelques propositions de manœuvres de conduite et de freinage pour éviter la tragédie.
D’abord, soulignons l’audace : la disparition rapide de régimes à prestations déterminées au profit de régimes à cotisations déterminées n’est pas une fatalité! Depuis quelques années, beaucoup d’«intervenants au niveau de» martèlent pourtant que cela est inévitable, voire souhaitable. Ajoutant à cela une pincée de culpabilisation à tous ceux qui en bénéficient ou qui y rêvent : «vous êtes le problème!» entendait-on presque dire. Et on a failli y croire! Un peu comme les gars qui se repentent devant les remontrances de leur conjointe envers l’état d’encombrement du garage : on y va généralement pour la solution la plus simple, soit sacrer tout aux vidanges, sans s’interroger même si la bien-aimée a bien raison, ou s’il y a bien quelques articles qui mériteraient sauvetage.
Les membres de ce comité, qui n’a rien de l’Amical d’anciens marxistes-léninistes faut-il préciser, osent quand même commettre une proposition de lèse-droite. Ils croient plutôt que les régimes à prestations déterminées forment la solution la plus viable pour un Québec minimalement prospère lorsqu’il sera officiellement vieux. Ils suggèrent même d’encourager sa généralisation. C’est pas rien, c’est même gros, et ça participe du même optimiste et du même antidote au pessimisme ambiant que le mouvement en faveur du retour Expos.
Dans la proposition du Comité touchant le plus grand nombre, celle de la création d’une rente de longévité, à première vue, elle n’est pas bête. Le régime actuel de la Régie des rentes a été créé au moment où nous vivions en relative santé à peu près deux ans après la retraite à 65 ans. À une époque où on prenait effectivement sa retraite à 65 ans. Aujourd’hui, le Québécois moyen prend sa retraite moyenne à l’âge moyen de 60 ans, et vit par la suite moyennement en santé pour au moins une quinzaine d’années supplémentaires. Et pour un grand nombre, on passe le reste jusqu’à la mort proche avec des bobos ici et là qui limitent à peine notre indépendance.
Plutôt que de détourner la Régie des rentes de son objectif initial, le Comité propose plutôt de créer un nouveau régime pour nos très vieux jours, ceux après 75 ans, soit au-delà de l’espérance de vie en santé actuellement observée au Québec.
Aussi innovatrice que soit l’idée, elle a un coût important. Un gros 3,3% des gains admissibles (environ 52 000$, une limite supérieure au salaire annuel moyen des Québécois), partagé également entre l’employeur et l’employé (à tout le moins pour le 50% des travailleurs sans aucun régime de retraite, autres que leurs REER). À 52 000 $, ce n’est pas loin de 900 $ de moins dans vos poches chaque année.
Déjà qu’on a augmenté la cotisation à la RRQ à plus de 10%, dont 5,025% vient de vos poches, pour un joli total de 2340$ de vous, et un autre 2340$ que votre employeur ne peut vous verser en salaire, puisqu’il doit le verser à RRQ. Déjà que le gouvernement actuel souhaite poursuivre avec la proposition libérale des régimes volontaires d’épargne-retraite (RVER) et que le Comité pousse aussi pour son implantation au plus sacrant aussi. Et déjà qu’il y a le REER et leur fort attrait fiscal (dont à peu près 90% des contribuables sont incapables de maximiser, cela dit).
Aussi intéressantes que soient les propositions de l’épargne longévité et du RVER, elles ont le défaut d’exister en niant l’écosystème dans lequel elles évoluent. Un peu comme le BAPE lorsqu’il étudie les impacts environnementaux d’un projet de mine, sans tenir compte des effets cumulatifs des 10 autres mines ou projets de mines autour.
Car, en prenant pour acquis que la part patronale à la RRQ, au nouveau régime de rente de longévité et, le cas échéant aux REER collectif en entreprise, c’est du salaire en moins offert aux employés. Ainsi, l’employé au salaire annuel de 52 000$ laissera jusqu’à 7000$ de la valeur de son effort de travail (pas loin de 15%) juste pour son poste budgétaire «vieux jours».
Évidemment, il faut additionner les cotisations à l’assurance-maladie privée (parce qu’il y a de moins en moins de services publics performants), et celles à toute la panoplie de régimes d’assurances publics, comme l’assurance-emploi et le congé parental (si ce n’est de celle au syndicat). Ah! Oui! On a aussi un gérontologue au poste de ministre de la Santé, fort préoccupé (à raison) de l’état de santé des vieux, et qui nous menace d’instaurer un système d’assurance-maladie complémentaire pour payer nos soins de santé de vieux. Bref, la cour est archipleine. Cela aura un coût considérable pour l’économie d’aujourd’hui. Entre 0,6 et 0,8 point de pourcentage sur le PIB. En clair, ça veut dire des pertes d’emplois, des licenciements, des fermetures d’usines, des postes vacants non comblés. Si toutes propositions du comité étaient mises en vigueur demain, le Québec entrerait en récession, compte tenu de la faiblesse de son économie ces jours-ci.
Il reste qu’on suggère à mots couverts que c’est le prix à payer pour s’éviter, non pas une récession aujourd’hui, mais un genre de dépression dans 20 ans.
Par contre, il y a un étrange silence du comité sur les REER, à part une petite proposition quant au report de l’âge pour sa conversion (de 71 à 75 ans, question d’encourager la retraite plus tardive).
Il y a deux semaines, Québec solidaire y est allée d’une suggestion mal comprise (probablement à cause de la couleur de ses proposants), soit réduire le plafond maximum déductible d’impôt. Il est à plus de 22 000$ présentement. Or, dans le système actuel, ce sont les mieux nantis qui bénéficient des meilleurs retours d’impôts lorsqu’ils cotisent. Avec un revenu imposable de 20 000$, votre investissement dans un REER ne vous rapportera qu’environ 300$ en déductions fiscales. Mais si votre revenu est de 130 000$, il vous rapportera près de 500$.
Qui, parmi les 90% de Québécois les moins riches réussissent à mettre 22 000$ dans son REER chaque année? Euh… Je vois une main là, peut-être une deuxième là-bas, mais c’est tout. Un rabaissement du plafond à 15 000, par exemple, avec un rehaussement des avantages fiscaux pour les REER pour la classe moyenne et les pauvres, bref, en rétablissant quelque peu l’équité en la matière, ça permettrait peut-être d’éviter la mise en place du RVER. Et d’ajouter cette couche supplémentaire sur un système d’épargne retraite déjà pas mal complexe.
Car, le RVER tel que conçu par les libéraux l’an dernier, c’est un gigantesque cadeau sur un plateau de diamants aux grands financiers de ce monde. Je vous rappelle que le RVER proposé ne forcerait aucunement les employeurs à y cotiser. Tout sur les épaules de l’employé, avec à la clé, de magnifiques frais d’administration à concéder aux grandes banques et autres monstres de la finance.
Autrement dit, le RVER, participe au mouvement de la richesse du bas vers le haut, comme le dénonce dans cette vidéo le prix Nobel en économie Joseph Stiglitz.
Tags: Alban D’Amours, Rapport D’Amours, REER, rente de longévité, rentes, retraite, RRQ, RVER