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Sans-Frontières, une école tout en bois et en lumière à Saint-Jérôme
27 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. Dans le cadre d’une série sur l’aménagement des écoles, Le Devoir est allé à la rencontre d’établissements scolaires qui offrent un milieu d’apprentissage digne du XXIe siècle. Quatrième d’une série de reportages qui s’étirera jusqu’à la fin des classes : dans la banlieue nord de Montréal, les commissions scolaires ont de l’espace pour bâtir l’école rêvée.

En nous approchant de l’école Sans-Frontières, les immenses fenêtres attirent notre attention : on voit les élèves dans les classes, on les voit assis dans la bibliothèque, on les voit dans la grande salle polyvalente qui sert de cafétéria ou de deuxième gymnase.

 

On voit les élèves et ils nous voient. La lumière du jour illumine les pièces. Les enfants laissent aller leur regard vers la forêt tout autour.

 

L’école Sans-Frontières, inaugurée en 2014 dans un nouveau quartier de Saint-Jérôme, est un peu « l’école du futur » recherchée par le ministre de l’Éducation. Cette école du futur existe au bout de la 112e Avenue, dans une banlieue en pleine explosion démographique.

 

Contrairement à Montréal, qui doit agrandir les écoles existantes à cause du manque d’espace, la banlieue nord a du terrain en masse à « développer ». La Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (CSRDN) a le luxe de penser ses nouvelles écoles de A à Z.
 

Ici, à Saint-Jérôme, ça donne un grand bâtiment de 28 classes (dont quatre maternelles) tout en lumière et tout en bois. C’est la première école primaire du Québec dont l’ossature est en bois lamellé-collé, décrit comme plus solide que l’acier. La commission scolaire a décidé de construire en bois après l’annonce de la Charte du bois par Québec, en 2013. Le gouvernement encourage la construction de bâtiments publics en bois, entre autres pour stimuler l’industrie québécoise de la forêt.

 

C’est beau, un bâtiment en bois. L’école Sans-Frontières est considérée comme une des plus belles du Québec. « Ici, comparativement aux anciennes écoles, c’est lumineux, c’est vitré, c’est convivial », dit Nathalie Côté, directrice de l’établissement. C’est chaleureux aussi. L’ambiance feutrée apaise les enfants.

Ça n’a pas toujours été aussi calme. Peu de temps après l’inauguration de l’école, le personnel et les élèves se sont rendu compte que le bois crée beaucoup d’écho dans le bâtiment. Des panneaux ont été installés au plafond pour bloquer la transmission du son. Des plaques de gypse ont aussi été placées sur certains murs pour absorber le bruit. Ça fonctionne.

 

Un système de géothermie maintient la température constante dans l’école Sans-Frontières. C’est toute une différence par rapport aux vieilles écoles, qui ne sont généralement pas climatisées. Qu’est-ce que la géothermie ? Une douzaine de puits vont chercher l’eau souterraine à une profondeur de plus ou moins 152 mètres. Cette eau rafraîchit le bâtiment en été et le réchauffe en hiver. La géothermie chauffe aussi le plancher radiant en béton de la grande salle polyvalente.

 

« On ne veut pas flasher avec l’architecture, dit Marc-André Leblanc, directeur des ressources matérielles à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord. On est là pour répondre aux besoins, pour que les élèves se sentent bien, en sécurité, et qu’ils réussissent leurs études. »

 

Confort et fonctionnalité

 

« Pour les adultes, l’endroit où on passe le plus de temps après la maison, c’est souvent le bureau. Pour les enfants, c’est la classe. Les écoles doivent être bien conçues », dit Maryse Laberge, architecte associée au sein de la firme BBBL, qui a réalisé l’école Sans-Frontières.

 

Ce bâtiment est unique à cause de sa conception en bois, mais toutes les écoles récentes du Québec répondent à des critères qui ont peu en commun avec ceux du passé. Le temps des bunkers en blocs de ciment beige est révolu.

image Sans Frontières, une école tout en bois et en lumière à Saint JérômePhoto: Guillaume Levasseur Le Devoir
Le bois est à l’honneur partout, y compris dans ce vestiaire qui remplace les traditionnels casiers pour les plus jeunes élèves.

Au-delà des matériaux, c’est la philosophie derrière l’aménagement qui rend les nouvelles écoles agréables à fréquenter. Les grandes fenêtres laissent entrer la lumière et permettent de s’imprégner du temps qu’il fait à l’extérieur. De nombreuses études montrent que c’est bon pour le moral et pour la concentration des élèves, souligne Maryse Laberge.

 

Les espaces communs — salle polyvalente, gymnase, certains locaux de service de garde — doivent être conçus pour servir à la communauté le soir, les fins de semaine et durant l’été. L’école est désormais au service de tout un quartier et non seulement des élèves.

 

Les architectes prévoient aussi que les locaux peuvent changer de vocation : la salle informatique ou un local de service de garde, par exemple, sont conçus pour devenir une classe lorsque le nombre d’élèves augmente — ce qui est le cas à l’école Sans-Frontières. Des couleurs vives servent aussi à égayer les couloirs et à identifier les classes.

 

Ces aménagements du XXIe  siècle — géothermie, omniprésence du bois, abondante fenestration — coûtent plus cher que le gris et le beige du passé. Quelques centaines de milliers de dollars supplémentaires sur un budget de 14,3 millions pour l’école Sans-Frontières, estime Marc-André Leblanc, de la CSRDN.

 

Pour réduire la facture, les concepteurs ont fait des coupes ailleurs, ce qui risque toutefois de faire augmenter les coûts d’entretien : par exemple, les escaliers sont en acier plutôt qu’en béton, et certains revêtements de sol sont susceptibles de s’user au fil des ans.

 

L’architecte Maryse Laberge imagine de nouveaux aménagements qui ne coûteraient pas les yeux de la tête : elle pense par exemple à de petits espaces communs qui pourraient être aménagés à chaque étage dans les nouvelles écoles. Ces locaux permettraient à de petits groupes d’élèves de se réunir tranquilles, hors des classes ordinaires. « Ces espaces vitrés pourraient être intercalés entre les grappes de classes pour réduire l’effet de corridor et amener de la lumière naturelle au coeur des ailes de classes. »

École de la Haute-Ville: un directeur tabassé par un élève
26 mai 2017 écrit par Cyberpresse

L’élève de 2e secondaire a d’abord été impliqué dans une bagarre survenue avec un autre adolescent au parc Victoria, sur l’heure du midi. Durant l’échauffourée, il aurait exhibé un pistolet ; il s’agirait soit d’un fusil à air comprimé, de type paintball ou d’une fausse arme.

Interpellée, la police de Granby s’est présentée à l’établissement de la rue Lansdowne afin de rencontrer l’élève fautif. Celui-ci a refusé de suivre le directeur-adjoint dans la pièce où étaient les policiers, ce qui a mené à l’altercation.

« Le cadre a été roué de plusieurs coups de poing à la tête et au dos », indique le directeur général de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine, joint par La Voix de l’Est.

Le directeur-adjoint d’une trentaine d’années s’est contenté de parer les coups. Les policiers ont arrêté l’adolescent, qui a été emmené au poste de police puis relâché. Il devra se présenter en cour pour répondre d’accusations de voies de fait et de menaces.

Sanction

En plus d’une suspension à durée indéterminée de l’école, il lui est interdit d’approcher ou de communiquer avec sa victime. M. Racine n’exclut toutefois pas que l’adolescent puisse retourner en classe d’ici la fin de l’année scolaire. 

« Pour l’instant, on fait l’analyse du dossier et on laisse retomber la poussière, dit-il. Côté sanction, plein de choses peuvent être envisagées. » Si l’élève ne retourne pas en classe, « il y a d’autres façons d’assurer sa scolarisation », dit le directeur général.

« Il n’avait pas une longue feuille de route » en termes de mauvais comportements, ajoute-t-il.

Une « équipe multidisciplinaire de post-vention » a été mise en place à l’école de la Haute-Ville pour soutenir les élèves et employés qui en ressentent le besoin. Quant au directeur-adjoint, il est en repos chez lui pour au moins deux jours.

Il se porte bien, dit M. Racine, mais reste aux aguets puisque les répercussions des coups à la tête peuvent se manifester de façon latente. 

Son moral ne serait pas trop affecté. Il a même rendu visite à ses collègues, jeudi matin, afin de les rassurer. « Pour lui, c’était un geste isolé et il a bien réagi. Il a tout fait ce qu’il fallait. » Il n’a pas répondu aux appels de La Voix de l’Est.

Prévention

« Même avec des mesures préventives, on n’est jamais à l’abri qu’une personne s’emporte, souligne le directeur général de Val-des-Cerfs. On est contents qu’il n’y ait pas eu plus de blessures que ça. On va essayer de trouver des façons de prévenir ce type d’incident là de manière plus serrée. »

« En 30 ans d’expérience, j’ai pas vu ça souvent, ajoute-t-il. C’est assurément un geste inacceptable. Personnellement, je suis ébranlé. Je trouve toujours déplorables les gestes de violence dans la société et dans les établissements scolaires. »

La directrice de l’école de la Haute-Ville, Anne-Marie Ménard, a refusé de commenter l’altercation. Il n’a pas été possible non plus, jeudi, de joindre le président de l’Association des directrices et directeurs d’établissements d’enseignement de Val-des-Cerfs, François­ Riendeau.

Les enseignants veulent que la lumière soit faite sur les fausses notes
26 mai 2017 écrit par Le Devoir

Préoccupés par la manipulation des notes des élèves du primaire et du secondaire, des enseignants réclament une commission parlementaire pour faire la lumière sur l’évaluation des apprentissages.

 

Les trois quarts (74 %) des enseignants ayant répondu à un sondage Léger disent souhaiter la tenue d’une commission parlementaire qui se pencherait sur la façon d’attribuer les notes des élèves. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a rejeté l’idée de tenir une telle commission parlementaire.

 

Ce sondage a été commandé par la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), un syndicat qui représente 34 000 enseignantes et enseignants, principalement au primaire et au secondaire. Le sondage de la firme Léger a été mené entre le 11 mai et le 14 mai 2017 ; 502 membres de la FAE ont été joints par téléphone. La marge d’erreur pour un échantillon de cette taille est de 4,3 %, 19 fois sur 20.

 

Un premier sondage interne mené par la FAE en février avait révélé que 20 % des enseignants affirmaient qu’on leur a déjà demandé de modifier les résultats obtenus par leurs élèves à des épreuves ministérielles. Le syndicat a décidé de pousser plus loin son investigation en sondant ses membres sur la manipulation des notes pour des travaux scolaires, des épreuves de commission scolaire ou du ministère de l’Éducation, ou lors de l’inscription des notes au bulletin.

 

« Il y a un système qui est mis en place pour donner l’impression que l’élève réussit malgré ses échecs, dit Sylvain Mallette, président de la FAE. Les enseignants ont beau s’opposer à la manipulation des notes, le système le permet. » Le représentant syndical estime que ceux qu’il appelle les « pédagocrates » du ministère de l’Éducation, qui ont mis en place ce système, doivent rendre des comptes. Il invite le ministre Proulx à avoir le « courage » de faire la lumière sur ce nivellement par le bas, surtout à quelques jours de la présentation de la politique de réussite éducative.

 

Au bureau du ministre Sébastien Proulx, on rappelle que l’enseignant est le responsable de l’évaluation des élèves. « Il faut dénoncer les gestes contraires à la loi et qui ont pour seul but d’atteindre des objectifs de diplomation ou de qualification, et ce, au détriment des élèves et de leur réussite », indique le bureau du ministre dans un courriel.

 

« Je réitère que des vérifications sont toujours en cours et j’entends poser des gestes concrets pour réitérer ces principes et faire cesser certaines pratiques s’il y a lieu. »

 

Note minimale

 

Près de quatre enseignants sur dix (37 %) affirment que « leur jugement a déjà été remis en question, qu’on leur a demandé de modifier le résultat obtenu par un ou plusieurs de leurs élèves, ou qu’un résultat a déjà été modifié sans leur accord ».

 

Qui leur a demandé de modifier le résultat obtenu par l’élève ? 84 % disent que c’est la direction ou la direction adjointe de l’école.

 

Plus de la moitié des répondants (54 %) affirment aussi qu’il existe une note minimale ou une note plancher fixée par l’école ou par la commission scolaire. Cette note est générée automatiquement par le système informatique GPI (système de gestion pédagogique intégré) ; 32 % des enseignants affirment que la note minimale fixée automatiquement est de 40 % et plus.

 

Une proportion de 40 % des répondants affirme aussi qu’on leur a déjà demandé de faire un « bulletin modifié », une procédure prévue pour les élèves qui ont de grandes difficultés d’apprentissage et qui sont intégrés en classe ordinaire : il s’agit de « modifier à la baisse les exigences du programme », d’évaluer moins sévèrement ces élèves.

 

Les trois quarts des répondants (73 %) affirment que ce bulletin modifié « donne l’impression que l’élève intégré en classe ordinaire réussit malgré ses échecs ».

Intimidation: la concurrence en classe n’aiderait pas, selon deux chercheurs
25 mai 2017 écrit par Cyberpresse

C’est l’une des conclusions qui peut être tirée des travaux dirigés par Maria Di Stasio et Robert Savage, qui ont récemment publié un article sur le sujet dans la revue Journal of Adolescence.

Selon eux, les méthodes d’enseignement pourraient jouer un rôle important pour prévenir l’intimidation chez les jeunes.

C’est après avoir travaillé pendant 10 ans à titre de professeure suppléante dans des écoles secondaires de la région de Montréal que Maria Di Stasio s’est intéressée au phénomène de l’intimidation et en a fait l’objet de ses travaux de doctorat au département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l’Université McGill. Elle poursuit maintenant un postdoctorat à l’Université de l’Alberta et y enseigne, comme à McGill.

Dans le cadre de ses recherches, elle a toutefois remarqué – à sa grande surprise, dit-elle – que la fréquence de l’intimidation variait considérablement d’une classe à l’autre, même au sein d’une même école.

Ainsi, l’intimidation était très présente dans certaines classes, alors qu’elle ne l’était pas dans d’autres.

La chercheuse a notamment mené des sondages auprès de quelque 700 élèves de première et de deuxième secondaire d’écoles anglophones de la région de Laval. Les jeunes étaient âgés de 11 à 14 ans.

Elle en retient qu’il semble y avoir davantage de cas d’intimidation et de victimisation dans les classes où l’on encourage la concurrence: lorsque, par exemple, les enseignants divulguent les notes à haute voix afin que les élèves puissent se comparer à leurs pairs. Et aussi lorsqu’ils sont classés par ordre de réussite des travaux, ou encore lors des exercices de lecture. Aussi, lorsqu’il y a compétition entre les jeunes pour savoir qui finira son travail le plus rapidement ou qui répondra à la question de l’enseignant en premier.

Il y aurait moins d’intimidation dans les classes où les élèves font des travaux d’équipe ou travaillent en collaboration, a-t-elle relevé.

«Avec la victimisation, c’est plus la concurrence qui est un indicateur. Avec le harcèlement, c’est plus la comparaison sociale», a expliqué en entrevue Mme Di Stasio.

De plus, la relation enseignant-élève est parfois cruciale: plus les élèves se sentaient écoutés ou sentaient que leur enseignant avait leurs intérêts à coeur, moins ils se posaient en victimes et moins ils signalaient être la cible d’intimidation en classe, souligne Mme Di Stasio.

«C’était particulièrement vrai pour les garçons», a-t-elle souligné. «C’est vraiment important pour eux, cette relation avec l’enseignant.»

La chercheuse a choisi ce groupe d’âge, car l’intimidation y est plus fréquente, et que les élèves à cet âge vivent une grande période de transition.

Ses travaux montrent la voie vers certaines solutions. La collaboration est une clé, juge-t-elle.

«Quand on travaille ensemble, on a des défis communs. On ne travaille pas les uns contre les autres. Et on peut aider les autres», explique la chercheuse.

Ses recherches n’ont toutefois pas porté sur les variables individuelles de l’intimidation, a-t-elle indiqué, telles que les problèmes de santé mentale et la faible estime de soi.

Fatigués de la cohabitation forcée
25 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le conseil d’établissement et les élèves de l’école secondaire Louis-Riel, dans Hochelaga, demandent à la Commission scolaire de Montréal de ne pas leur imposer une nouvelle « cohabitation forcée ».

 

« On veut récupérer notre école », plaide François Racicot, un élève de Louis-Riel venu manifester son désaccord devant le centre administratif de la Commission scolaire de Montréal, où le conseil des commissaires siégeait mercredi soir.

 

« À la cafétéria, on est obligé de se battre pour avoir une place sur l’heure du midi. Et dans certaines classes, on est tellement tassés que nos pupitres nous rentrent dans le ventre et qu’on a le pupitre du voisin dans le dos », illustre le jeune homme.

 

Depuis cinq ans, l’école accueille les jeunes de l’école primaire Baril, qui ont dû être déplacés en raison de l’état de décrépitude avancée de leur propre école. À l’approche de la fin de cette cohabitation, le conseil des élèves s’est mis à rêver de reprendre ces locaux pour améliorer la qualité de vie des jeunes. « On avait plein de projets, mais tout ça est tombé à l’eau avec la nouvelle annonce de la CSDM », explique Islam Shariful, élève de 3e secondaire et porte-parole du conseil des élèves.

 

En novembre dernier, le Conseil d’établissement avait demandé à récupérer les locaux « afin de retrouver des conditions acceptables pour nos enfants et le personnel de l’école », peut-on lire dans la pétition, qui compte plus de 1200 signatures, déposée au conseil des commissaires par le conseil d’établissement.

 

Or, la commission scolaire a plutôt l’intention d’y déplacer les adultes du centre Tétreaultville dès septembre prochain. « On ne nous a jamais demandé notre avis, dénonce Ismaël Shariful. Nous ne sommes pas des chiffres, nous sommes des humains et nous avons besoin de nos locaux pour réussir », a-t-il plaidé devant les commissaires.

 

« C’est une décision unilatérale, les besoins des élèves n’ont pas été pris en considération, dénonce à son tour Dominique Lalonde, du comité de parents. C’est un abus grave et une mauvaise gestion de la CSDM. »

 

« Je suis abasourdi et attristé de ne pas trouver le type de solidarité spontanée », a répondu le commissaire Kenneth George, sous les huées discrètes de certains parents. Le responsable des ressources matérielles de la CSDM a soutenu que le taux d’occupation était respecté et qu’il y avait encore de la place.

 

Par ailleurs, de nombreux groupes communautaires, hébergés dans les locaux de la CSDM, ont également plaidé leur cause pour contester les hausses de loyer fulgurantes qui leur sont imposées. Ces derniers veulent forcer la négociation et refusent en bloc de signer le renouvellement du bail.

 

« Nous ne signerons pas pour juillet 2017, on veut négocier », a affirmé avec aplomb Karine Triollet, porte-parole du collectif d’organismes logés par la commission scolaire, à la présidente Catherine Harel Bourdon.

 

« Si on pouvait maintenir les mêmes taux, on le ferait, mais on ne peut pas, sinon on mettrait en péril les bâtiments que vous habitez », leur a répondu la présidente.

 

La CSDM a fait une proposition pour demander l’aide de Montréal afin de trouver des espaces abordables pour les groupes communautaires.

Intimidation: la concurrence en classe n’aiderait pas, selon deux chercheurs
24 mai 2017 écrit par Cyberpresse

C’est l’une des conclusions qui peut être tirée des travaux dirigés par Maria Di Stasio et Robert Savage, qui ont récemment publié un article sur le sujet dans la revue Journal of Adolescence.

Selon eux, les méthodes d’enseignement pourraient jouer un rôle important pour prévenir l’intimidation chez les jeunes.

C’est après avoir travaillé pendant 10 ans à titre de professeure suppléante dans des écoles secondaires de la région de Montréal que Maria Di Stasio s’est intéressée au phénomène de l’intimidation et en a fait l’objet de ses travaux de doctorat au département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l’Université McGill. Elle poursuit maintenant un postdoctorat à l’Université de l’Alberta et y enseigne, comme à McGill.

Dans le cadre de ses recherches, elle a toutefois remarqué – à sa grande surprise, dit-elle – que la fréquence de l’intimidation variait considérablement d’une classe à l’autre, même au sein d’une même école.

Ainsi, l’intimidation était très présente dans certaines classes, alors qu’elle ne l’était pas dans d’autres.

La chercheuse a notamment mené des sondages auprès de quelque 700 élèves de première et de deuxième secondaire d’écoles anglophones de la région de Laval. Les jeunes étaient âgés de 11 à 14 ans.

Elle en retient qu’il semble y avoir davantage de cas d’intimidation et de victimisation dans les classes où l’on encourage la concurrence: lorsque, par exemple, les enseignants divulguent les notes à haute voix afin que les élèves puissent se comparer à leurs pairs. Et aussi lorsqu’ils sont classés par ordre de réussite des travaux, ou encore lors des exercices de lecture. Aussi, lorsqu’il y a compétition entre les jeunes pour savoir qui finira son travail le plus rapidement ou qui répondra à la question de l’enseignant en premier.

Il y aurait moins d’intimidation dans les classes où les élèves font des travaux d’équipe ou travaillent en collaboration, a-t-elle relevé.

«Avec la victimisation, c’est plus la concurrence qui est un indicateur. Avec le harcèlement, c’est plus la comparaison sociale», a expliqué en entrevue Mme Di Stasio.

De plus, la relation enseignant-élève est parfois cruciale: plus les élèves se sentaient écoutés ou sentaient que leur enseignant avait leurs intérêts à coeur, moins ils se posaient en victimes et moins ils signalaient être la cible d’intimidation en classe, souligne Mme Di Stasio.

«C’était particulièrement vrai pour les garçons», a-t-elle souligné. «C’est vraiment important pour eux, cette relation avec l’enseignant.»

La chercheuse a choisi ce groupe d’âge, car l’intimidation y est plus fréquente, et que les élèves à cet âge vivent une grande période de transition.

Ses travaux montrent la voie vers certaines solutions. La collaboration est une clé, juge-t-elle.

«Quand on travaille ensemble, on a des défis communs. On ne travaille pas les uns contre les autres. Et on peut aider les autres», explique la chercheuse.

Ses recherches n’ont toutefois pas porté sur les variables individuelles de l’intimidation, a-t-elle indiqué, telles que les problèmes de santé mentale et la faible estime de soi.

Le «hand spinner» source de tensions à l’école
24 mai 2017 écrit par Le Devoir

C’est la folie dans les cours d’école. Le « hand spinner », une sorte de toupie conçue pour améliorer la concentration des élèves, fait fureur auprès des enfants, mais donne des maux de tête aux enseignants.

 

Les écoliers de partout dans le monde, y compris au Québec, s’arrachent ces jouets vendus autour de 10 $. Sur la liste des 40 jeux les plus populaires du détaillant en ligne Amazon, 32 sont des versions de ce petit objet circulaire, de la taille de la paume d’une main.

 

« C’est une mode de cour d’école aussi fulgurante qu’éphémère. On peut penser que cette mode va s’éteindre à la fin de l’année scolaire », dit Julia Druliolles, commissaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

 

Elle représente le comité de parents ayant des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). Comme bien des parents, elle a acheté ce gadget pour faire plaisir à ses deux enfants. Mais leur école, sur le Plateau Mont-Royal, a banni ces jouets jugés trop bruyants et distrayants en classe. Des écoles du Québec, d’Europe et des États-Unis ont aussi interdit ces jeux controversés.

 

Le principe de cet appareil est simple : les enfants font tourner les trois hélices à l’aide de leur pouce ou de leur index. Ce geste répétitif peut avoir un effet apaisant sur les élèves ayant un déficit d’attention ou une forme d’autisme, selon les concepteurs de ce gadget.

 

« À première vue, ça me semble farfelu, dit Hélène Poissant, professeure au Département d’éducation et pédagogie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Ça peut marcher, je veux bien y croire, mais ça me prend des faits prouvés scientifiquement. Or je ne vois pas d’études sérieuses sur ce sujet. »

 

Apprendre en bougeant

 

Ce qui est bien démontré, c’est que les enfants hyperactifs ont envie de bouger. « On peut presque dire qu’ils apprennent en bougeant », précise Hélène Poissant.

 

Il est vrai que des appareils similaires à la toupie antistress sont utilisés en classe. Ballons utilisés comme sièges, balles de stress à manipuler, recours à une minuterie : les enseignants ont développé des trucs pour s’adapter aux élèves hyperactifs ou ayant une difficulté à se concentrer. Certains pupitres d’écolier intègrent même un vélo stationnaire !

 

Le problème avec la toupie antistress, c’est qu’elle nécessite tellement de concentration (on peut la faire tourner sur le bout d’un doigt) que les élèves n’ont plus d’attention à consacrer à ce qui se passe en classe, explique Katherine Isbister, professeure de communication à l’Université de Californie à Santa Cruz. Elle estime cependant que d’autres objets similaires peuvent donner des résultats.

 

Elle et son équipe ont étudié l’interaction entre des humains et 132 petits objets conçus pour être manipulés dans une classe ou au bureau. Ils ont noté un état de « calme, d’attention et de créativité » chez les participants.

 

Ce type de jeu est là pour de bon, selon elle. Un projet de « cube antistress » lancé par deux entrepreneurs a ainsi amassé 6,5 millions de dollars auprès de 154 926 contributeurs sur la plateforme de sociofinancement Kickstarter.

 

Méditer

 

La toupie antistress, elle, est devenue un objet de collection. Il existe une variété infinie de modèles, de couleurs et de qualité. « Dès la première année, les enfants se les disputent et les comparent sans arrêt. Ça génère beaucoup de conflits et ça détourne l’attention », dit une enseignante dans une école montréalaise.

 

La professeure Hélène Poissant et ses collaborateurs explorent une voie jugée plus prometteuse pour aider les élèves distraits ou hyperactifs : la méditation pleine conscience. Cette technique ressemble à du yoga. « On a recensé plusieurs études et ça semble donner d’assez bons résultats, tant chez les enfants et chez les adolescents que chez les adultes. Mais c’est plus compliqué qu’un petit jeu de toupie », dit-elle.

Parc éolien de l’Érable: le combat d’une chercheuse pour protéger ses sources
23 mai 2017 écrit par Cyberpresse

QUI EST MARIE-ÈVE MAILLÉ ?

Mme Maillé est aujourd’hui professeure associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et présidente d’une entreprise vouée au renforcement des collectivités. Entre 2006 et 2012, elle a fait sa thèse de doctorat sur l’acceptabilité sociale d’un parc éolien installé à Saint-Ferdinand et à Sainte-Sophie-d’Halifax, près de Victoriaville. Elle a alors interviewé 93 citoyens de la région et «  mesuré la division sociale provoquée par le projet », a-t-elle résumé à La Presse.

POURQUOI L’A-T-ON OBLIGÉE À DÉVOILER SES RECHERCHES ?

En 2014, un groupe d’environ 500 citoyens a intenté un recours collectif contre le promoteur du projet, l’entreprise Éoliennes de l’Érable. Ces citoyens se plaignent du bruit, de la dévaluation de leurs maisons et de la dégradation du climat social provoqués par les éoliennes. L’avocat qui pilote le recours, Me David Bourgoin, a alors annoncé vouloir faire comparaître Mme Maillé comme témoin expert pendant le procès. Le 13 janvier 2016, le juge Marc Saint-Pierre, de la Cour supérieure, a ordonné à Mme Maillé de remettre sa thèse de doctorat et son agenda de recherche à l’entreprise Éoliennes de l’Érable afin de lui permettre de préparer sa défense.

QUE S’EST-IL PASSÉ HIER ?

Malgré l’ordre de la cour, Mme Maillé n’a jamais remis les documents exigés, expliquant ne pas vouloir trahir la confiance des citoyens qui se sont confiés à elle. Hier, au palais de justice de Victoriaville, elle a demandé au même juge Saint-Pierre de revenir sur sa décision. Fait particulier, trois associations avaient déployé des avocats pour soutenir Mme Maillé en cour : l’UQAM, où Mme Maillé a obtenu son doctorat, les Fonds de recherche du Québec, qui ont financé en partie ses recherches doctorales, et l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université. En tout, pas moins de sept avocats ont plaidé en sa faveur.

QUE CONTIENNENT EXACTEMENT LES DOCUMENTS VISÉS ?

On en a beaucoup appris en cour, hier, à ce sujet. Les témoignages recueillis par Mme Maillé pendant ses recherches documentent abondamment les « chicanes de voisins » provoquées par le projet de parc éolien. La chercheuse a notamment demandé aux interviewés de nommer les gens avec qui les relations se sont dégradées. Selon les avocats du Fonds de recherche du Québec, certains citoyens interrogés se sont même laissés aller à faire des menaces à d’autres membres de la communauté pendant les entrevues, ou même à souhaiter la mort de certaines personnes.

QU’A PLAIDÉ LE CAMP MAILLÉ ?

En substance, les avocats de Mme Maillé ont plaidé que le fait de remettre les documents demandés trahirait la confidentialité des échanges entre la chercheuse et les citoyens interrogés. Ils ont établi des parallèles avec la nécessité de préserver les sources des journalistes, mais aussi invoqué deux causes impliquant directement des chercheurs (voir encadré). Les avocats de l’UQAM ont souligné que les gens interviewés avaient signé un formulaire qui leur assurait la confidentialité de leurs propos avant de participer. Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont déposé une déclaration sous serment rédigée par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, en soutien à Marie-Ève Maillé. Selon l’avocat des FRQ, Mathieu Piché-Messier, obliger Mme Maillé à remettre ce matériel créerait une « brèche » qui minerait la participation aux projets de recherche. Notons que l’avocat qui pilote le recours collectif a maintenant renoncé à faire témoigner Mme Maillé comme témoin expert. Ce changement, selon lui, rend la divulgation de sa thèse de doctorat non nécessaire.

QU’A PLAIDÉ LES ÉOLIENNES DE L’ÉRABLE ?

L’entreprise a fait valoir que même si Mme Maillé ne témoignera plus comme experte, l’avocat qui dirige le recours collectif veut toujours la faire témoigner comme « témoin ordinaire ». L’avocate de l’entreprise, Me Isabelle Landry, soutient que les seules informations qui seront présentées proviendront alors quand même de ses recherches doctorales. « On veut savoir quelle est la détérioration sociale qui nous est reprochée », a-t-elle résumé, affirmant que cette information était nécessaire pour pouvoir présenter une « défense pleine et entière ». L’entreprise a aussi soumis des points de droit pour plaider que Mme Maillé, qui n’est pas directement impliquée dans le recours collectif des citoyens contre les Éoliennes de l’Érable, ne peut légalement demander au juge Saint-Pierre de revoir son ordre de remettre des documents.

***

Deux précédents

Dans l’affaire très médiatisée de Luka Rocco Magnota, la Cour supérieure avait déterminé que la police ne pouvait mettre la main sur une entrevue vidéo faite avec le présumé meurtrier par des chercheurs d’Ottawa. Tout récemment, la Cour supérieure a aussi protégé des données sur les personnes transgenres recueillies par des chercheurs de l’Université de Western Ontario, que voulait consulter le procureur général du Québec.

Faire ou ne pas faire soi-même
23 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Parc éolien de l’Érable: le combat d’une chercheuse pour protéger ses sources
22 mai 2017 écrit par Cyberpresse

QUI EST MARIE-ÈVE MAILLÉ ?

Mme Maillé est aujourd’hui professeure associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et présidente d’une entreprise vouée au renforcement des collectivités. Entre 2006 et 2012, elle a fait sa thèse de doctorat sur l’acceptabilité sociale d’un parc éolien installé à Saint-Ferdinand et à Sainte-Sophie-d’Halifax, près de Victoriaville. Elle a alors interviewé 93 citoyens de la région et «  mesuré la division sociale provoquée par le projet », a-t-elle résumé à La Presse.

POURQUOI L’A-T-ON OBLIGÉE À DÉVOILER SES RECHERCHES ?

En 2014, un groupe d’environ 500 citoyens a intenté un recours collectif contre le promoteur du projet, l’entreprise Éoliennes de l’Érable. Ces citoyens se plaignent du bruit, de la dévaluation de leurs maisons et de la dégradation du climat social provoqués par les éoliennes. L’avocat qui pilote le recours, Me David Bourgoin, a alors annoncé vouloir faire comparaître Mme Maillé comme témoin expert pendant le procès. Le 13 janvier 2016, le juge Marc Saint-Pierre, de la Cour supérieure, a ordonné à Mme Maillé de remettre sa thèse de doctorat et son agenda de recherche à l’entreprise Éoliennes de l’Érable afin de lui permettre de préparer sa défense.

QUE S’EST-IL PASSÉ HIER ?

Malgré l’ordre de la cour, Mme Maillé n’a jamais remis les documents exigés, expliquant ne pas vouloir trahir la confiance des citoyens qui se sont confiés à elle. Hier, au palais de justice de Victoriaville, elle a demandé au même juge Saint-Pierre de revenir sur sa décision. Fait particulier, trois associations avaient déployé des avocats pour soutenir Mme Maillé en cour : l’UQAM, où Mme Maillé a obtenu son doctorat, les Fonds de recherche du Québec, qui ont financé en partie ses recherches doctorales, et l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université. En tout, pas moins de sept avocats ont plaidé en sa faveur.

QUE CONTIENNENT EXACTEMENT LES DOCUMENTS VISÉS ?

On en a beaucoup appris en cour, hier, à ce sujet. Les témoignages recueillis par Mme Maillé pendant ses recherches documentent abondamment les « chicanes de voisins » provoquées par le projet de parc éolien. La chercheuse a notamment demandé aux interviewés de nommer les gens avec qui les relations se sont dégradées. Selon les avocats du Fonds de recherche du Québec, certains citoyens interrogés se sont même laissés aller à faire des menaces à d’autres membres de la communauté pendant les entrevues, ou même à souhaiter la mort de certaines personnes.

QU’A PLAIDÉ LE CAMP MAILLÉ ?

En substance, les avocats de Mme Maillé ont plaidé que le fait de remettre les documents demandés trahirait la confidentialité des échanges entre la chercheuse et les citoyens interrogés. Ils ont établi des parallèles avec la nécessité de préserver les sources des journalistes, mais aussi invoqué deux causes impliquant directement des chercheurs (voir encadré). Les avocats de l’UQAM ont souligné que les gens interviewés avaient signé un formulaire qui leur assurait la confidentialité de leurs propos avant de participer. Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont déposé une déclaration sous serment rédigée par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, en soutien à Marie-Ève Maillé. Selon l’avocat des FRQ, Mathieu Piché-Messier, obliger Mme Maillé à remettre ce matériel créerait une « brèche » qui minerait la participation aux projets de recherche. Notons que l’avocat qui pilote le recours collectif a maintenant renoncé à faire témoigner Mme Maillé comme témoin expert. Ce changement, selon lui, rend la divulgation de sa thèse de doctorat non nécessaire.

QU’A PLAIDÉ LES ÉOLIENNES DE L’ÉRABLE ?

L’entreprise a fait valoir que même si Mme Maillé ne témoignera plus comme experte, l’avocat qui dirige le recours collectif veut toujours la faire témoigner comme « témoin ordinaire ». L’avocate de l’entreprise, Me Isabelle Landry, soutient que les seules informations qui seront présentées proviendront alors quand même de ses recherches doctorales. « On veut savoir quelle est la détérioration sociale qui nous est reprochée », a-t-elle résumé, affirmant que cette information était nécessaire pour pouvoir présenter une « défense pleine et entière ». L’entreprise a aussi soumis des points de droit pour plaider que Mme Maillé, qui n’est pas directement impliquée dans le recours collectif des citoyens contre les Éoliennes de l’Érable, ne peut légalement demander au juge Saint-Pierre de revoir son ordre de remettre des documents.

***

Deux précédents

Dans l’affaire très médiatisée de Luka Rocco Magnota, la Cour supérieure avait déterminé que la police ne pouvait mettre la main sur une entrevue vidéo faite avec le présumé meurtrier par des chercheurs d’Ottawa. Tout récemment, la Cour supérieure a aussi protégé des données sur les personnes transgenres recueillies par des chercheurs de l’Université de Western Ontario, que voulait consulter le procureur général du Québec.

Faire ou ne pas faire soi-même
22 mai 2017 écrit par Le Devoir

Le ministre Sébastien Proulx a lancé cet hiver le projet « Lab-école » pour doter le Québec des « plus belles écoles du monde ». Design, pédagogie, alimentation, sports, les enjeux sont nombreux. 

À la vue des étagères de livres ainsi que des murs et des planchers peints en rouge, en orange et en jaune soleil, on comprend vite que l’école Guy-Drummond à Outremont s’est permis de rêver en couleurs pour sa nouvelle bibliothèque.

 

Inaugurée en décembre dernier, cette bibliothèque « revue et améliorée », comme le dit la petite plaque de remerciement des 74 familles donatrices au bas de l’escalier, est née de la volonté de parents, de l’équipe de l’école et de la directrice, Sandra Stocco, grâce aux 50 000 $ amassés par la Fondation de l’école Guy-Drummond sur deux ans.

 

Bref, c’est le projet de toute une communauté, qui ne s’est surtout pas laissé intimider par les différentes étapes à franchir, des plans à la réalisation en passant par le processus d’appel d’offres supervisé par les ressources matérielles de la commission scolaire.

 

Ces étapes peuvent parfois décourager — voire étouffer — l’initiative de la communauté entourant une école, comme le rappelle la récente controverse concernant l’école de Saint-Sébastien, en Montérégie, dont les murs ont été repeints bénévolement par des parents.

 

Dans la région de Sherbrooke, 13 mezzanines dans des classes construites par des parents et des profs au fil des ans depuis 2002, et qui enchantaient tout le monde, ont dû être démolies l’an dernier parce que la commission scolaire s’est rendu compte qu’elles ne respectaient pas toutes les normes du code du bâtiment.

 

Est-ce possible de réaliser ses rêves sans se faire mettre des bâtons dans les roues quand on est une école publique ? « Je l’espère bien ! » lance Mme Stocco dans un grand sourire.

 

« Beaucoup de gens nous voient aller et nous disent que ce ne serait pas possible que ça passe à leur commission scolaire. Mais moi, demain matin, j’irais dans une autre commission scolaire ou une autre école et je fonctionnerais de la même façon. J’ai confiance en la bonne foi des gens. Il faut parler aux bonnes personnes. »

 

Étoiles alignées

 

Elle reconnaît que « les étoiles se sont alignées » pour rénover la bibliothèque qui, avec ses hautes étagères en rang d’oignons où certains livres étaient difficilement accessibles, ne convenait plus.

 

Venu du milieu, le projet a été porté notamment par cette directrice « chef d’orchestre », un papa architecte qui a travaillé pro bono et les parents motivés de la fondation de l’école qui, après avoir amassé de l’argent pour refaire la scène dans le gymnase, la cuisine, le local informatique et équipé toutes les classes de tableaux blancs interactifs, a épousé la cause de la bibliothèque.

 

Bien sûr, les interventions de la directrice, qui connaissait et avait déjà travaillé avec le chargé de projet de la direction des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, ont grandement aidé.

 

« Il est sensible à la particularité de notre école et a pris le temps d’écouter la Fondation, ce qui n’est pas commun. Il a pris de son temps à lui », explique Mme Stocco.

 

Elle rappelle que les commissions scolaires n’octroient généralement pas d’argent ou de ressources à des projets autres que des agrandissements ou de l’entretien. « Il y avait un aspect politique, à savoir à qui je dois en parler pour ne pas que ça bloque, note-t-elle. Il faut avoir de la crédibilité et nous, on avait fait nos preuves avec la Fondation […]. On tire d’autres ficelles quand on est au public. Ce n’est pas plus difficile, c’est différent. »

 

Les mezzanines de Sherbrooke

 

Avec la mezzanine qu’il a eu l’idée de construire pour augmenter l’espace dans sa classe, Yves Nadon n’a jamais eu l’intention de cacher quoi que ce soit.

 

« La direction était au courant, la commission scolaire aussi, à ce point que la structure était intégrée au plan de l’école. Les pompiers sont venus plusieurs fois et n’ont jamais rien dit », raconte cet enseignant à l’école Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, aujourd’hui retraité. Même que l’idée de sa mezzanine avait séduit et fait des émules dans 13 classes de la région.

 

D’après une idée glanée dans un séjour au Texas, Yves Nadon avait construit un prototype à ses frais en 2002, à une époque « où les parents pouvaient peinturer les murs », ironise l’enseignant. Prise par surprise, la direction avait néanmoins trouvé le projet « très chouette ». Il a refait sa mezzanine quelques années plus tard en plus solide, grâce à un autre papa bénévole, entrepreneur de métier.

 

Cette fois-ci, la direction était dans le coup et la commission scolaire était venue faire des vérifications. « Personne ne nous avait parlé des normes à respecter. Et pourtant, ils nous voyaient faire. »

 

C’était jusqu’à ce que la commission scolaire se rende compte que la structure en bois n’avait jamais été approuvée par la Régie du bâtiment et qu’elle ne correspondait pas aux normes, notamment pour le feu. Toutes les écoles ont dû détruire leurs mezzanines.

 

« C’est bien de clarifier les choses, je trouve ça correct », soutient M. Nadon. Il déplore toutefois le peu de soutien des autorités. « Je pense que [la commission scolaire] aurait dû appuyer notre initiative et voir ce qu’on pouvait faire pour essayer de la garder. Les profs ne se sont pas sentis soutenus. »

 

Il se désole que la « structure » du système d’éducation québécois, « qui vise à normaliser », n’encourage pas ce genre d’initiatives. Pourtant, plein d’enseignants sont créatifs. « Il faut plutôt reconnaître leurs bonnes idées et voir comment on peut les exporter dans d’autres écoles, dit-il. Quand on travaille avec des élèves, on n’a pas dix ans à attendre. »

 

Faire ou ne pas faire

 

Sandra Stocco reconnaît qu’elle a déjà été tentée par la méthode « DIY » (Do it yourself, ou fais-le toi-même), notamment en faisant appel à des bénévoles pour repeindre l’école. « C’est sûr qu’on pourrait aller plus vite mais, si on doit défaire après, ce n’est pas mieux. »

 

Il lui est apparu clair dès le début, toutefois, que le jeu n’en valait pas la chandelle. « On essaie quand même de faire en sorte que nos projets se réalisent vite. Quand un parent s’implique, on veut que son enfant puisse en profiter avant d’aller au secondaire. »

 

Et bien sûr, quand l’école a le soutien d’une fondation qui parvient à accumuler beaucoup de dollars, les projets sont plus faciles à réaliser, reconnaît Roseline Guèvremont, une maman très impliquée dans la Fondation. « Je suis consciente de notre privilège. On est à Outremont, on n’est pas une école de quartier, on reçoit des enfants de tout le territoire, admet-elle. Mais vous seriez surprise de voir que tout le monde donne, pas seulement les plus riches. »

 

L’école Guy-Drummond rêve maintenant de son prochain projet, le prolongement de la cour d’école en « sentier des lecteurs », pour offrir une zone plus tranquille aux élèves.

 

« On va encore travailler en collaboration avec les ressources matérielles, mais on va avoir besoin de l’autorisation de la Ville. Il va y avoir un joueur de plus. On va voir comment ça va se passer », conclut la directrice avec un sourire confiant.

Parc éolien de l’Érable: le combat d’une chercheuse pour protéger ses sources
21 mai 2017 écrit par Cyberpresse

QUI EST MARIE-ÈVE MAILLÉ ?

Mme Maillé est aujourd’hui professeure associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et présidente d’une entreprise vouée au renforcement des collectivités. Entre 2006 et 2012, elle a fait sa thèse de doctorat sur l’acceptabilité sociale d’un parc éolien installé à Saint-Ferdinand et à Sainte-Sophie-d’Halifax, près de Victoriaville. Elle a alors interviewé 93 citoyens de la région et «  mesuré la division sociale provoquée par le projet », a-t-elle résumé à La Presse.

POURQUOI L’A-T-ON OBLIGÉE À DÉVOILER SES RECHERCHES ?

En 2014, un groupe d’environ 500 citoyens a intenté un recours collectif contre le promoteur du projet, l’entreprise Éoliennes de l’Érable. Ces citoyens se plaignent du bruit, de la dévaluation de leurs maisons et de la dégradation du climat social provoqués par les éoliennes. L’avocat qui pilote le recours, Me David Bourgoin, a alors annoncé vouloir faire comparaître Mme Maillé comme témoin expert pendant le procès. Le 13 janvier 2016, le juge Marc Saint-Pierre, de la Cour supérieure, a ordonné à Mme Maillé de remettre sa thèse de doctorat et son agenda de recherche à l’entreprise Éoliennes de l’Érable afin de lui permettre de préparer sa défense.

QUE S’EST-IL PASSÉ HIER ?

Malgré l’ordre de la cour, Mme Maillé n’a jamais remis les documents exigés, expliquant ne pas vouloir trahir la confiance des citoyens qui se sont confiés à elle. Hier, au palais de justice de Victoriaville, elle a demandé au même juge Saint-Pierre de revenir sur sa décision. Fait particulier, trois associations avaient déployé des avocats pour soutenir Mme Maillé en cour : l’UQAM, où Mme Maillé a obtenu son doctorat, les Fonds de recherche du Québec, qui ont financé en partie ses recherches doctorales, et l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université. En tout, pas moins de sept avocats ont plaidé en sa faveur.

QUE CONTIENNENT EXACTEMENT LES DOCUMENTS VISÉS ?

On en a beaucoup appris en cour, hier, à ce sujet. Les témoignages recueillis par Mme Maillé pendant ses recherches documentent abondamment les « chicanes de voisins » provoquées par le projet de parc éolien. La chercheuse a notamment demandé aux interviewés de nommer les gens avec qui les relations se sont dégradées. Selon les avocats du Fonds de recherche du Québec, certains citoyens interrogés se sont même laissés aller à faire des menaces à d’autres membres de la communauté pendant les entrevues, ou même à souhaiter la mort de certaines personnes.

QU’A PLAIDÉ LE CAMP MAILLÉ ?

En substance, les avocats de Mme Maillé ont plaidé que le fait de remettre les documents demandés trahirait la confidentialité des échanges entre la chercheuse et les citoyens interrogés. Ils ont établi des parallèles avec la nécessité de préserver les sources des journalistes, mais aussi invoqué deux causes impliquant directement des chercheurs (voir encadré). Les avocats de l’UQAM ont souligné que les gens interviewés avaient signé un formulaire qui leur assurait la confidentialité de leurs propos avant de participer. Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) ont déposé une déclaration sous serment rédigée par le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, en soutien à Marie-Ève Maillé. Selon l’avocat des FRQ, Mathieu Piché-Messier, obliger Mme Maillé à remettre ce matériel créerait une « brèche » qui minerait la participation aux projets de recherche. Notons que l’avocat qui pilote le recours collectif a maintenant renoncé à faire témoigner Mme Maillé comme témoin expert. Ce changement, selon lui, rend la divulgation de sa thèse de doctorat non nécessaire.

QU’A PLAIDÉ LES ÉOLIENNES DE L’ÉRABLE ?

L’entreprise a fait valoir que même si Mme Maillé ne témoignera plus comme experte, l’avocat qui dirige le recours collectif veut toujours la faire témoigner comme « témoin ordinaire ». L’avocate de l’entreprise, Me Isabelle Landry, soutient que les seules informations qui seront présentées proviendront alors quand même de ses recherches doctorales. « On veut savoir quelle est la détérioration sociale qui nous est reprochée », a-t-elle résumé, affirmant que cette information était nécessaire pour pouvoir présenter une « défense pleine et entière ». L’entreprise a aussi soumis des points de droit pour plaider que Mme Maillé, qui n’est pas directement impliquée dans le recours collectif des citoyens contre les Éoliennes de l’Érable, ne peut légalement demander au juge Saint-Pierre de revoir son ordre de remettre des documents.

***

Deux précédents

Dans l’affaire très médiatisée de Luka Rocco Magnota, la Cour supérieure avait déterminé que la police ne pouvait mettre la main sur une entrevue vidéo faite avec le présumé meurtrier par des chercheurs d’Ottawa. Tout récemment, la Cour supérieure a aussi protégé des données sur les personnes transgenres recueillies par des chercheurs de l’Université de Western Ontario, que voulait consulter le procureur général du Québec.


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Second Column of Stuff

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Third Column of Stuff

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