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La détresse des enseignants coûte cher aux écoles, estime un syndicat
22 novembre 2017 écrit par La Presse

Selon des informations obtenues par le syndicat auprès de sa compagnie d’assurance, 43 % des enseignants représentés par la FAE qui étaient en arrêt de travail depuis plus de deux ans lors de la dernière année scolaire vivaient des troubles psychologiques. Tout en précisant que les raisons individuelles qui ont mené à ces arrêts de travail ne lui ont pas été communiquées, le syndicat explique cette situation en partie par une organisation du travail « pathogène » qui crée de la détresse et de la fatigue chronique chez plusieurs profs, notamment quand vient le temps d’être évalués sur des cibles de réussite pour les élèves qui ne tiennent pas compte des indicateurs socioéconomiques dans lesquels l’école se situe.

« Les conditions dans lesquelles on fait travailler les enseignants en conduisent plusieurs à de la détresse et ça coûte cher. Ça coûte cher aux profs qui subissent ces invalidités et ça coûte cher au système », estime le président de la FAE, Sylvain Mallette, qui affirme que les arrêts de travail pour des raisons de santé mentale semblent être en croissance, ou à tout le moins ne pas diminuer.

Déjà en 2010, rappelle-t-il, une étude de l’École nationale d’administration publique (ENAP) effectuée auprès de 2400 enseignants de la FAE avait établi que 47 % d’entre eux vivaient de l’anxiété, alors que 60 % rapportaient avoir des symptômes d’épuisement professionnel de façon mensuelle et que près du quart voulaient quitter la profession après moins de cinq ans sur le marché du travail.

Des cibles problématiques

Réunis aujourd’hui au Palais des congrès de Montréal, les enseignants de la FAE souhaitent interpeller la classe politique et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, sur la pression qu’ils vivent quotidiennement dans leur milieu de travail.

  • 34 000: Nombre d’enseignants représentés par la FAE au Québec

« On a appliqué en éducation, comme dans d’autres secteurs, une logique de gestion où on souhaite que tout se calcule pour pouvoir rendre des comptes. On a fixé des cibles à atteindre […] et on a mis une pression excessive sur les épaules des profs, tout en les privant en même temps des ressources ou des moyens [pour les atteindre] », affirme M. Mallette.

Le président de la FAE donne en exemple des écoles où les directions d’établissement se font donner par les commissions scolaires des cibles de réussite de 95 % dans les cours de français. Si certains enseignants n’atteignent pas cette cible, et ce, même si l’école est située dans un milieu défavorisé ou multiethnique, « on va les rencontrer, chercher à comprendre et remettre en question leurs approches pédagogiques et leur façon d’évaluer ».

« Ça affecte l’image que le prof a de lui-même, parce qu’on envoie le message que s’il n’est pas capable d’atteindre la cible, c’est qu’il n’est pas bon. […] Même si la direction de l’école va reconnaître qu’elle manque de moyens [pour soutenir ses enseignants], elle va maintenir la pression puisqu’elle doit répondre elle aussi aux cibles qu’on lui fixe », explique M. Mallette.

Une gestion axée sur les résultats

Pour Simon Viviers, professeur adjoint au département des fondements et pratiques en éducation de l’Université Laval, la gestion des écoles axée sur les résultats « accentue certains problèmes », notamment en mettant davantage de pression sur les enseignants qui ressentent une reddition de comptes.

« Les enseignants n’ont pas l’impression d’avoir les ressources qu’il faut pour arriver [à atteindre les cibles] et ils se sentent contraints, d’une certaine manière, à une mission impossible. »

Le chercheur sera présent au rassemblement de la FAE, à Montréal, pour rencontrer les enseignants et leur présenter les résultats d’une recherche qu’il a menée à ce sujet.

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, ne négocie pas actuellement le renouvellement d’une convention collective, mais souhaite plutôt faire de l’enjeu de la santé mentale des enseignants un débat politique en cette année électorale. Il souhaite notamment que les écoles « sortent de la logique comptable » des cibles de réussite des élèves, qui mettent une pression sur les profs.

«L’école de la dernière chance» en péril
21 novembre 2017 écrit par Le Devoir

C’est un peu l’école de la dernière chance. L’école qui accueille les élèves les plus « poqués », qui ont ce qu’on appelle des « troubles de comportement » aussi immenses que leur détresse. Cette école est menacée de fermeture.

 

Cette école, c’est le Centre d’intégration scolaire de Montréal (CIS). Elle est logée depuis quatre décennies dans un bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Mais voilà : la CSDM a besoin du bâtiment pour loger les élèves des écoles du secteur qui débordent. Elle a averti le CIS que son bail pourrait se terminer à la fin de l’année scolaire, en juin 2018.

 

« On n’a nulle part où aller, mais ça ne se peut pas qu’on ferme. On ne ferme pas une école », dit Ysabelle Chouinard, directrice du CIS, rencontrée dans son école de la 6e avenue, dans le quartier Rosemont.

 

Le vieux bâtiment de trois étages ressemble aux 75 élèves, âgés de 8 à 18 ans : écorché vif. Les murs sont lacérés. Les casiers, bosselés. La colère et la détresse laissent des traces ici — et pas uniquement sur les visages de ces enfants forcés de grandir avant l’âge.

 

La colère et la détresse se mêlent à une sorte d’enchantement. Un petit miracle qui se produit chaque jour. À force d’efforts, de dévouement et d’amour, les 17 membres du personnel, tous orthopédagogues ou éducateurs spécialisés, parviennent à réchapper une bonne partie de ces enfants rejetés par le système.

 

Oui, ces élèves ont été rejetés : expulsés de leur classe, de leur école, puis de leur commission scolaire. Expulsés de leur famille aussi, pour plusieurs d’entre eux placés dans des familles d’accueil.

 

Sept commissions scolaires de la grande région montréalaise, dont la CSDM, paient pour envoyer leurs élèves « à problèmes » au Centre d’intégration scolaire. Le CIS est un organisme privé à but non lucratif.

 

« Ce sont des élèves qui sont rendus au bout du système régulier. Ils ont dépassé toutes les limites. Plus ça va, plus les élèves qu’on reçoit ont dépassé beaucoup beaucoup de limites », explique Ysabelle Chouinard, qui a enseigné une vingtaine d’années au CIS avant d’en prendre la direction il y a trois ans.

 

Un océan de détresse

 

On rencontre Océane, 11 ans, au bureau de la travailleuse sociale de l’école. Une boule d’énergie qui explose de temps en temps. « Quand je pète une crise, je me fâche et je monte sur les meubles, dit-elle. J’ai aussi fugué quand j’avais 9 ans. Je me suis sauvée et je me suis cachée quelque part », raconte-t-elle.

 

Océane, son frère et sa soeur ont été placés en famille d’accueil. « Océane a fait beaucoup de progrès. Elle vient de retourner chez sa mère, qui s’est prise en main et qui prend les bonnes décisions. Elle ne l’a pas eu facile », dit Marie-Claude Simard, travailleuse sociale depuis 14 ans ici.

 

« Je suis choyée d’avoir un emploi comme ça, ajoute-t-elle. Les jeunes ont besoin d’être encadrés. Il faut qu’ils se sentent aimés, acceptés, accueillis. Il faut répondre à leurs besoins, y aller petit à petit. Accueillir les parents aussi, apaiser les parents. Ils ont aussi des blessures pas guéries. »

 

Parents et élèves partagent souvent les mêmes blessures nommées trouble d’opposition, trouble d’attachement, crises spontanées, toxicomanie, hyperactivité, anxiété généralisée. Ces « troubles » peuvent mener à des meubles lancés, des coups, des gros mots, des crachats, de l’automutilation, des idées (ou des gestes) suicidaires…

 

Richard, un colosse de 16 ans, nous raconte son histoire. Calmement. Avec une sorte de maturité. Son père, membre des Forces armées, a quitté la maison quand Richard avait 2 ans. Sa mère l’a élevé seule en travaillant de jour comme éducatrice en garderie et de nuit comme concierge. Son père promettait de revenir à la maison, puis ne rentrait pas…

 

« Quand je suis arrivé ici, au primaire, j’étais en colère. Je me faisais traiter de gros. Je me battais. Je n’avais pas de respect pour les profs et les intervenants. J’ai changé. J’ai réalisé que je dois respecter le monde. Respecter ma mère aussi. Elle m’a toujours aidé. »

 

Il veut finir ses études et entrer dans la marine canadienne, comme son père.

 

Le luxe du temps

 

Nous voilà déjà à midi. La plupart des professeurs mangent en classe avec leurs élèves. Un éducateur joue au ballon avec des jeunes dans le corridor. Le syndicat a signé une entente qui permet aux enseignants d’avoir un horaire irrégulier — tôt le matin, après les heures de classe et le midi. Le CIS accorde aux enfants ce qui manque souvent dans les autres écoles : du temps.

 

Un petit furet blanc gambade d’un enfant à l’autre dans la classe de Mme Roxanne — surnommée « Madame Projets ». « Ça les apaise. S’ils sont en crise, ils se collent sur le furet et se calment tout de suite », dit-elle.

 

La directrice, Ysabelle Chouinard, dîne avec une élève dans son bureau. Maïté, 10 ans, tricote une écharpe en placotant. « Je l’aime, elle [la directrice]. C’est tranquille ici, on est bien. Je peux tricoter en paix », dit-elle.

 

« Avant, j’allais à une école de drogués. Ma mère me l’a dit. Ils me faisaient l’étoile, me pognaient le bras par en arrière et me poussaient par terre. » Maïté se penche au sol pour montrer la prise de l’étoile qui lui faisait si mal.

 

C’est une petite vite, Maïté. Elle a l’oeil vif. L’esprit agile. « Un trouble [de comportement] peut arriver pour toutes sortes de raisons, dit Ysabelle Chouinard. Personne ne choisit que ça arrive. On doit trouver les moyens d’aider les enfants. On est leur deuxième chance, peut-être la dernière dans certains cas. »

 

Décision imminente

 

Le CIS vise à remettre les élèves sur la bonne voie pour qu’ils puissent retourner dans les classes ordinaires. Mais la fermeture de l’école est bel et bien possible. « Je ne peux pas cacher que c’est un lieu stratégique. Nous avons de très, très grands besoins dans le quartier. Il faudrait qu’ils [les responsables du CIS] cherchent d’autres soutiens. On ne peut plus être le seul partenaire. Nos besoins sont tellement grands », dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

 

La décision sera prise à la séance du conseil des commissaires le 20 décembre, selon elle. Comme si ce n’était pas assez, le bâtiment a besoin de travaux de 10,8 millions de dollars. Le toit coule. Il y a de l’amiante dans les murs. Il faut refaire le revêtement extérieur.

 

Qu’arriverait-il aux 75 élèves en cas de fermeture ? « On a une multitude de services chez nous pour les élèves à besoins particuliers », dit la présidente.

 

La directrice du CIS, elle, s’accroche à l’espoir qu’un bailleur de fonds permettra à l’école de se relocaliser. Ou de rester dans la 6e avenue. « On ne peut pas abandonner nos élèves. Je ne peux pas accepter ça. »

Une élève dénonce le règlement vestimentaire de son école
21 novembre 2017 écrit par La Presse

Jeudi, l’élève de secondaire 5 s’est présentée à l’école vêtue d’un legging par-dessus lequel elle avait enfilé un short. À la pause du diner, un responsable l’a interpelée.

«Il m’a dit que je devais me changer ou ne pas revenir à l’école. Je ne voulais pas manquer l’école pour ça, alors je me suis quand même présentée à mon cours l’après-midi», explique Elijah Beauregard-Landry.

Comme elle ne s’était pas pliée au règlement, on l’a sommée de quitter la classe. «On a fait l’intervention de manière éducative, explique la directrice de l’école Mitchell-Montcalm, Pascale Bilodeau. Elle a reçu un billet d’expulsion qui mène directement au responsable de l’encadrement, qui a vu à ce qu’on lui fournisse un short qui va à la mi-cuisse pour mettre par-dessus le legging.»

Le règlement adopté par l’école se résume à une «tenue de ville», dit Pascale Bilodeau. «Je porte des vêtements qui répondent à des critères de décence, d’hygiène et de propreté. La décence à l’école se traduit comme ceci: un vêtement non-transparent qui couvre les épaules, la poitrine, qui doit être assez long pour couvrir la ceinture de la jupe ou du pantalon. Les jupes et les bermudas sont à la mi-cuisse», y lit-on notamment.

Un règlement qui dérange Elijah Beauregard-Landry, qui dit s’être fait sermonner à plus d’une reprise. «C’est quelque chose que je trouve inacceptable. Il y a des gens qui n’osent pas en parler parce qu’ils pensent que c’est normal, mais j’aimerais ça que les mentalités évoluent et qu’ils arrêtent de dire que les femmes n’ont pas le droit de porter ce qu’elles veulent. C’est peut-être le moment que ça change», dit-elle.

La mère de la jeune femme espère que cette sortie amènera une réflexion sur la question et en appelle au bon sens.

«On met ça sur le dos des garçons: si j’étais une mère de gars, je serais insultée. Ne faisons pas porter le poids d’une mentalité étriquée sur une jeune fille de 16 ans. Profitons-en pour réfléchir et prendre conscience du message qu’on envoie: les gars sont des prédateurs dont il faut protéger les filles. Non. Aidons les filles à assumer ce qu’elles sont», dit Marypascal Beauregard.

Des règlements à portée sexiste, dit un avocat

Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, Finn Makela se dit «choqué» par cette décision. «Je comprends très bien que les établissements scolaires veuillent offrir un environnement d’études qui n’est pas propice au harcèlement sexuel, mais ce n’est pas en contrôlant l’habillement des filles qu’on fait ça. C’est en s’assurant que les garçons, notamment, se comportent convenablement», dit-il.

Sans commenter directement le règlement de l’école Mitchell-Montcalm, qu’il n’a pas vu, il rappelle que la Charte canadienne des droits et libertés a préséance sur les décisions des conseils d’établissement d’écoles. 

«À partir du moment où le règlement renferme des positions qui sont discriminatoires sur la base du sexe, il est hors de la portée du pouvoir du conseil d’adopter quelque chose qui serait contraire à la charte des droits. On peut le faire déclarer nul devant les tribunaux», explique-t-il.

Même «légitime», un règlement peut être problématique dans son application, explique-t-il. «Si par exemple le directeur de l’école interprète le règlement pour dire qu’un règlement convenable veut dire « pas de leggins si t’es une fille ». Dans ce cas-là, l’élève a un recours devant le conseil des commissaires de la commission scolaire», dit Finn Makela.

Inverser la classe pour faire plus de pratique à l’école
20 novembre 2017 écrit par Le Devoir

Électrifier un quartier de Montréal : c’est la mission donnée à une trentaine de collégiens pendant un cours de physique au cégep Montmorency, à Laval. En équipe, les étudiants dessinent des circuits électriques grand format sur les tableaux blancs de la classe. Ils font des calculs élaborés. Ils calculent le nombre de lampadaires et de lignes électriques nécessaires pour illuminer la rue Le Royer.

 

Ce n’est pas la première fois que ces étudiants font ce type de résolution de problèmes. Il y a quelques semaines, ils devaient déterminer la distance à laquelle un requin peut détecter le champ électromagnétique d’une truite. Bientôt, ils devront concevoir et fabriquer le flash d’un appareil photo.

 

Si leur professeur, Sébastien Marcotte, a le temps de donner autant d’exercices pratiques à faire en classe, c’est grâce à la « classe inversée », une approche pédagogique qui renverse le principal paradigme en éducation.

 

 

« Habituellement, on parle de la théorie en classe et on fait la pratique à la maison, explique l’enseignant. Avec la classe inversée, on fait l’inverse. La théorie s’apprend à la maison par des vidéos, des lectures ou de la baladodiffusion. Ce qui laisse un maximum de temps en classe pour la pratique. »

 

De nombreux avantages

 

La classe inversée permet aux étudiants de faire des apprentissages plus profonds et durables que les cours magistraux, croit Vincent Laberge, coordonnateur des recherches sur les classes inversées à l’Université de Montréal. En classe magistrale, les élèves peuvent répéter et comprendre la matière du cours. En classe inversée, la matière est mieux maîtrisée. Elle est perçue de manière critique. Elle sert de base pour créer de nouveaux éléments.

 

Cette approche pédagogique bénéficie principalement au quartile le plus faible de la classe, alors que la performance des autres étudiants reste sensiblement la même, souligne M. Laberge. De fait, on observe entre 10 et 25 % moins d’échecs dans les classes inversées, selon les données d’une vaste revue de littérature, rapporte le chercheur. « Il y a toute cette dimension de l’apprentissage par les pairs qui entre en jeu, ce qui permet aux élèves d’intégrer la matière par différentes manières », explique-t-il.

 

La classe inversée pousse aussi les étudiants à travailler en équipe, confirme Audrey Raynault, étudiante au doctorat à l’Université de Montréal. La classe inversée est utilisée pour un cours regroupant des étudiants de 12 programmes en sciences de la santé à l’Université de Montréal. Après avoir fait des lectures en ligne sur le sujet, les étudiants doivent concevoir un outil d’éducation thérapeutique pour un cas clinique en équipes multidisciplinaires de cinq étudiants. Deux mois plus tard, les étudiants adaptent leur outil après des discussions avec un patient. Ce type d’exercices exerce les futurs professionnels de la santé qui auront à travailler à distance dans des équipes multidisciplinaires, croit Mme Raynault.

 

Les conditions du succès

 

Si la classe est « inversée », il faut tout de même la faire « de la bonne façon » pour qu’elle soit avantageuse, avertit Mme Raynault. Pour que l’étudiant soit motivé à apprendre la théorie à la maison, il doit y avoir un retour sur les notions, ainsi que des évaluations en classe. Autrement, c’est l’échec. L’apprentissage cesse. C’est du moins ce qu’a observé Mme Raynault à la suite d’une expérience réalisée à l’Université de Montréal.

image Inverser la classe pour faire plus de pratique à l’écolePhoto: Guillaume Levasseur Le Devoir
Cette approche permettrait aux étudiants de faire des apprentissages plus profonds et durables que les cours magistraux.

 

De même, inverser la classe pour uniquement faire des devoirs en classe n’a pas de valeur ajoutée, selon Geneviève Caron, enseignante de physique au Collège Montmorency. Il faut coupler la classe inversée à des exercices qui rendent l’élève « actif ». Avec son collègue, Sébastien Marcotte, elle a monté une banque d’activités et de jeux permettant « d’entraîner ce muscle qu’est la mémoire ». Par exemple, les deux professeurs utilisent des jeux-questionnaires interactifs où les élèves répondent anonymement à une question à choix multiples, d’abord de façon individuelle, puis après consultation en équipe, afin d’évaluer leur apprentissage par rapport à la classe.

 

La classe inversée signifie plus de travail pour l’étudiant… mais beaucoup plus de travail pour l’enseignant, selon M. Laberge. Une charge de travail que M. Marcotte et Mme Caron ont expérimentée lorsqu’ils ont décidé d’adopter la classe inversée en 2014.

 

À moins d’une semaine de la rentrée, les deux professeurs ont décidé de monter leur cours théorique sur vidéos. « Je restais souvent après les cours sur mon temps personnel pour faire ces vidéos », explique M. Marcotte. Étant les pionniers de la classe inversée au collège, ils partent de zéro, ou presque. Et ils n’ont pas, comme le précise l’enseignant, une formation pour faire du montage vidéo.

 

Certaines ressources sont toutefois disponibles pour les enseignants qui décident d’adopter cette méthode pédagogique. « Il y a de plus en plus de vidéos de bonne qualité sur YouTube, créés par des enseignants qui ont déjà adopté la classe inversée », souligne M. Laberge. Une formation en ligne ouverte pour tous portant sur la classe inversée est également offerte par l’Université de Montréal. Mme Raynault ajoute que plusieurs communautés de professeurs partageant leurs astuces existent sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

 

Reste que la technique est peu utilisée. M. Laberge estime qu’environ 2 à 3 % des professeurs des cégeps et des universités de la province utilisent cette technique pédagogique. Des statistiques sont toutefois difficiles à établir, puisque ces enseignants ont beaucoup de liberté dans le choix de leurs techniques pédagogiques. Le chercheur évalue que ce nombre serait en hausse au cours des dernières années.

Une élève dénonce le règlement vestimentaire de son école
20 novembre 2017 écrit par La Presse

Jeudi, l’élève de secondaire 5 s’est présentée à l’école vêtue d’un legging par-dessus lequel elle avait enfilé un short. À la pause du diner, un responsable l’a interpelée.

«Il m’a dit que je devais me changer ou ne pas revenir à l’école. Je ne voulais pas manquer l’école pour ça, alors je me suis quand même présentée à mon cours l’après-midi», explique Elijah Beauregard-Landry.

Comme elle ne s’était pas pliée au règlement, on l’a sommée de quitter la classe. «On a fait l’intervention de manière éducative, explique la directrice de l’école Mitchell-Montcalm, Pascale Bilodeau. Elle a reçu un billet d’expulsion qui mène directement au responsable de l’encadrement, qui a vu à ce qu’on lui fournisse un short qui va à la mi-cuisse pour mettre par-dessus le legging.»

Le règlement adopté par l’école se résume à une «tenue de ville», dit Pascale Bilodeau. «Je porte des vêtements qui répondent à des critères de décence, d’hygiène et de propreté. La décence à l’école se traduit comme ceci: un vêtement non-transparent qui couvre les épaules, la poitrine, qui doit être assez long pour couvrir la ceinture de la jupe ou du pantalon. Les jupes et les bermudas sont à la mi-cuisse», y lit-on notamment.

Un règlement qui dérange Elijah Beauregard-Landry, qui dit s’être fait sermonner à plus d’une reprise. «C’est quelque chose que je trouve inacceptable. Il y a des gens qui n’osent pas en parler parce qu’ils pensent que c’est normal, mais j’aimerais ça que les mentalités évoluent et qu’ils arrêtent de dire que les femmes n’ont pas le droit de porter ce qu’elles veulent. C’est peut-être le moment que ça change», dit-elle.

La mère de la jeune femme espère que cette sortie amènera une réflexion sur la question et en appelle au bon sens.

«On met ça sur le dos des garçons: si j’étais une mère de gars, je serais insultée. Ne faisons pas porter le poids d’une mentalité étriquée sur une jeune fille de 16 ans. Profitons-en pour réfléchir et prendre conscience du message qu’on envoie: les gars sont des prédateurs dont il faut protéger les filles. Non. Aidons les filles à assumer ce qu’elles sont», dit Marypascal Beauregard.

Des règlements à portée sexiste, dit un avocat

Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, Finn Makela se dit «choqué» par cette décision. «Je comprends très bien que les établissements scolaires veuillent offrir un environnement d’études qui n’est pas propice au harcèlement sexuel, mais ce n’est pas en contrôlant l’habillement des filles qu’on fait ça. C’est en s’assurant que les garçons, notamment, se comportent convenablement», dit-il.

Sans commenter directement le règlement de l’école Mitchell-Montcalm, qu’il n’a pas vu, il rappelle que la Charte canadienne des droits et libertés a préséance sur les décisions des conseils d’établissement d’écoles. 

«À partir du moment où le règlement renferme des positions qui sont discriminatoires sur la base du sexe, il est hors de la portée du pouvoir du conseil d’adopter quelque chose qui serait contraire à la charte des droits. On peut le faire déclarer nul devant les tribunaux», explique-t-il.

Même «légitime», un règlement peut être problématique dans son application, explique-t-il. «Si par exemple le directeur de l’école interprète le règlement pour dire qu’un règlement convenable veut dire « pas de leggins si t’es une fille ». Dans ce cas-là, l’élève a un recours devant le conseil des commissaires de la commission scolaire», dit Finn Makela.

Le débat sur la gestion des universités reprend de plus belle
19 novembre 2017 écrit par Le Devoir

« Détournement marchand », « dérive autoritaire », « perte de pouvoir des professeurs » : la colère gronde dans des universités québécoises, où une partie de bras de fer oppose syndicats et directions d’établissement.

 

La controverse est ainsi repartie de plus belle autour de la refonte projetée de la charte de l’Université de Montréal (UdeM), qui fait l’objet de vives critiques de la part des associations regroupant 78 000 professeurs d’université au Québec et dans le reste du Canada.

 

Une question cruciale se trouve au coeur du débat : qui prend les grandes décisions de l’université ? L’UdeM cherche à réduire l’influence des professeurs et chercheurs dans la gestion de l’établissement au profit d’autres représentants de la communauté universitaire (chargés de cours, personnel de soutien) et de membres externes, issus de l’extérieur du campus.

 

Cette bataille a agité le campus de l’UdeM au cours de l’hiver dernier. Le recteur Guy Breton avait suspendu sa réforme, mais l’initiative a refait surface dans un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale cette semaine.

 

L’université compte faire davantage de place aux membres dits « indépendants » (issus de l’extérieur du campus) au conseil d’administration et au comité exécutif de l’établissement. Le projet de nouvelle charte prévoit aussi une réduction des pouvoirs de l’assemblée universitaire, qui regroupe des représentants de toutes les composantes de l’établissement — professeurs, chargés de cours, étudiants, professionnels de recherche, cadres de l’université, et ainsi de suite.

 

Pour le recteur Guy Breton, la nouvelle charte vise à faire entrer la gouvernance de l’UdeM dans le XXIe siècle en branchant l’établissement sur ses milliers de diplômés qui occupent des postes importants dans le milieu des affaires, de la culture ou dans le secteur communautaire, par exemple.

 

Le principe de collégialité reste en place, mais d’autres voix que celles des professeurs se feront aussi entendre, insiste l’UdeM. La réforme proposée correspond à ce qui se fait dans d’autres universités nord-américaines.

 

« Coup de force »

 

Pour les syndicats de professeurs, la nouvelle charte de l’UdeM représente un « coup de force » qui bafoue le principe de collégialité au coeur de la mission de l’université. Le projet de loi visant à réformer la gouvernance de l’UdeM est un « cheval de Troie » qui risque de se multiplier dans tout le pays, soutient l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) — qui regroupe 70 000 membres dans 120 universités.

 

Pour l’Association, le projet du recteur Breton remet la gestion de l’UdeM entre les mains de gens d’affaires. Or l’enseignement supérieur n’est pas une marchandise, fait valoir l’ACPPU.

 

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), de son côté, affirme que le projet menace la liberté universitaire des professeurs et leurs droits fondamentaux d’association et de représentation. Les professeurs deviendraient de « simples exécutants » avec le projet du recteur de l’UdeM, estime la Fédération.

 

« Gestion participative »

 

Un débat similaire est survenu à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO vient de remporter deux griefs contre la nomination de cadres à des postes réservés à des professeurs syndiqués.

 

« Il est possible qu’il y ait un vide à combler dans la réglementation, mais les droits de gérance de l’Université à titre d’employeur ne lui permettent pas de se substituer au conseil d’administration », écrit l’arbitre Denis Provençal dans une décision du 25 octobre 2017.

 

L’UQO avait désigné des cadres pour remplir ces fonctions, car aucun syndiqué n’avait posé sa candidature. « On se réjouit de la décision. On espère que ça va favoriser l’implication de professeurs », a affirmé Gilles Mailloux, directeur des communications et du recrutement à l’UQO.

 

Programmes « payants »

 

Louise Briand, présidente du Syndicat des professeurs de l’UQO, se réjouit elle aussi de ce qu’elle considère comme un rappel à l’ordre du tribunal d’arbitrage. « L’arbitre a souligné que la réglementation du réseau de l’UQ est établie sur la gestion participative. Les cadres du réseau ont tendance à l’oublier », dit-elle au Devoir.

 

Elle souhaite que le 50e anniversaire du réseau des universités du Québec, en 2018, permette de réaffirmer avec plus de vigueur le principe de cogestion. « Le détournement marchand est doublé d’une dérive autoritaire, dans le réseau de l’UQ comme ailleurs », ajoute Louise Briand, qui est aussi vice-présidente de la Fédération des professionnèles (CSN).

 

La multiplication des cadres et des administrateurs externes à des postes-clés des universités entraîne une logique marchande, selon elle. Ces gestionnaires risquent de donner la priorité aux programmes « payants », calqués sur les besoins des entreprises, par exemple. Louise Briand cite le projet de décentralisation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) : les budgets seraient décentralisés vers les facultés et écoles les plus lucratives, notamment l’École des sciences de la gestion.

Une élève dénonce le règlement vestimentaire de son école
19 novembre 2017 écrit par La Presse

Jeudi, l’élève de secondaire 5 s’est présentée à l’école vêtue d’un legging par-dessus lequel elle avait enfilé un short. À la pause du diner, un responsable l’a interpelée.

«Il m’a dit que je devais me changer ou ne pas revenir à l’école. Je ne voulais pas manquer l’école pour ça, alors je me suis quand même présentée à mon cours l’après-midi», explique Elijah Beauregard-Landry.

Comme elle ne s’était pas pliée au règlement, on l’a sommée de quitter la classe. «On a fait l’intervention de manière éducative, explique la directrice de l’école Mitchell-Montcalm, Pascale Bilodeau. Elle a reçu un billet d’expulsion qui mène directement au responsable de l’encadrement, qui a vu à ce qu’on lui fournisse un short qui va à la mi-cuisse pour mettre par-dessus le legging.»

Le règlement adopté par l’école se résume à une «tenue de ville», dit Pascale Bilodeau. «Je porte des vêtements qui répondent à des critères de décence, d’hygiène et de propreté. La décence à l’école se traduit comme ceci: un vêtement non-transparent qui couvre les épaules, la poitrine, qui doit être assez long pour couvrir la ceinture de la jupe ou du pantalon. Les jupes et les bermudas sont à la mi-cuisse», y lit-on notamment.

Un règlement qui dérange Elijah Beauregard-Landry, qui dit s’être fait sermonner à plus d’une reprise. «C’est quelque chose que je trouve inacceptable. Il y a des gens qui n’osent pas en parler parce qu’ils pensent que c’est normal, mais j’aimerais ça que les mentalités évoluent et qu’ils arrêtent de dire que les femmes n’ont pas le droit de porter ce qu’elles veulent. C’est peut-être le moment que ça change», dit-elle.

La mère de la jeune femme espère que cette sortie amènera une réflexion sur la question et en appelle au bon sens.

«On met ça sur le dos des garçons: si j’étais une mère de gars, je serais insultée. Ne faisons pas porter le poids d’une mentalité étriquée sur une jeune fille de 16 ans. Profitons-en pour réfléchir et prendre conscience du message qu’on envoie: les gars sont des prédateurs dont il faut protéger les filles. Non. Aidons les filles à assumer ce qu’elles sont», dit Marypascal Beauregard.

Des règlements à portée sexiste, dit un avocat

Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, Finn Makela se dit «choqué» par cette décision. «Je comprends très bien que les établissements scolaires veuillent offrir un environnement d’études qui n’est pas propice au harcèlement sexuel, mais ce n’est pas en contrôlant l’habillement des filles qu’on fait ça. C’est en s’assurant que les garçons, notamment, se comportent convenablement», dit-il.

Sans commenter directement le règlement de l’école Mitchell-Montcalm, qu’il n’a pas vu, il rappelle que la Charte canadienne des droits et libertés a préséance sur les décisions des conseils d’établissement d’écoles. 

«À partir du moment où le règlement renferme des positions qui sont discriminatoires sur la base du sexe, il est hors de la portée du pouvoir du conseil d’adopter quelque chose qui serait contraire à la charte des droits. On peut le faire déclarer nul devant les tribunaux», explique-t-il.

Même «légitime», un règlement peut être problématique dans son application, explique-t-il. «Si par exemple le directeur de l’école interprète le règlement pour dire qu’un règlement convenable veut dire « pas de leggins si t’es une fille ». Dans ce cas-là, l’élève a un recours devant le conseil des commissaires de la commission scolaire», dit Finn Makela.

Le débat sur la gestion des universités reprend de plus belle
18 novembre 2017 écrit par Le Devoir

« Détournement marchand », « dérive autoritaire », « perte de pouvoir des professeurs » : la colère gronde dans des universités québécoises, où une partie de bras de fer oppose syndicats et directions d’établissement.

 

La controverse est ainsi repartie de plus belle autour de la refonte projetée de la charte de l’Université de Montréal (UdeM), qui fait l’objet de vives critiques de la part des associations regroupant 78 000 professeurs d’université au Québec et dans le reste du Canada.

 

Une question cruciale se trouve au coeur du débat : qui prend les grandes décisions de l’université ? L’UdeM cherche à réduire l’influence des professeurs et chercheurs dans la gestion de l’établissement au profit d’autres représentants de la communauté universitaire (chargés de cours, personnel de soutien) et de membres externes, issus de l’extérieur du campus.

 

Cette bataille a agité le campus de l’UdeM au cours de l’hiver dernier. Le recteur Guy Breton avait suspendu sa réforme, mais l’initiative a refait surface dans un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale cette semaine.

 

L’université compte faire davantage de place aux membres dits « indépendants » (issus de l’extérieur du campus) au conseil d’administration et au comité exécutif de l’établissement. Le projet de nouvelle charte prévoit aussi une réduction des pouvoirs de l’assemblée universitaire, qui regroupe des représentants de toutes les composantes de l’établissement — professeurs, chargés de cours, étudiants, professionnels de recherche, cadres de l’université, et ainsi de suite.

 

Pour le recteur Guy Breton, la nouvelle charte vise à faire entrer la gouvernance de l’UdeM dans le XXIe siècle en branchant l’établissement sur ses milliers de diplômés qui occupent des postes importants dans le milieu des affaires, de la culture ou dans le secteur communautaire, par exemple.

 

Le principe de collégialité reste en place, mais d’autres voix que celles des professeurs se feront aussi entendre, insiste l’UdeM. La réforme proposée correspond à ce qui se fait dans d’autres universités nord-américaines.

 

« Coup de force »

 

Pour les syndicats de professeurs, la nouvelle charte de l’UdeM représente un « coup de force » qui bafoue le principe de collégialité au coeur de la mission de l’université. Le projet de loi visant à réformer la gouvernance de l’UdeM est un « cheval de Troie » qui risque de se multiplier dans tout le pays, soutient l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) — qui regroupe 70 000 membres dans 120 universités.

 

Pour l’Association, le projet du recteur Breton remet la gestion de l’UdeM entre les mains de gens d’affaires. Or l’enseignement supérieur n’est pas une marchandise, fait valoir l’ACPPU.

 

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), de son côté, affirme que le projet menace la liberté universitaire des professeurs et leurs droits fondamentaux d’association et de représentation. Les professeurs deviendraient de « simples exécutants » avec le projet du recteur de l’UdeM, estime la Fédération.

 

« Gestion participative »

 

Un débat similaire est survenu à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO vient de remporter deux griefs contre la nomination de cadres à des postes réservés à des professeurs syndiqués.

 

« Il est possible qu’il y ait un vide à combler dans la réglementation, mais les droits de gérance de l’Université à titre d’employeur ne lui permettent pas de se substituer au conseil d’administration », écrit l’arbitre Denis Provençal dans une décision du 25 octobre 2017.

 

L’UQO avait désigné des cadres pour remplir ces fonctions, car aucun syndiqué n’avait posé sa candidature. « On se réjouit de la décision. On espère que ça va favoriser l’implication de professeurs », a affirmé Gilles Mailloux, directeur des communications et du recrutement à l’UQO.

 

Programmes « payants »

 

Louise Briand, présidente du Syndicat des professeurs de l’UQO, se réjouit elle aussi de ce qu’elle considère comme un rappel à l’ordre du tribunal d’arbitrage. « L’arbitre a souligné que la réglementation du réseau de l’UQ est établie sur la gestion participative. Les cadres du réseau ont tendance à l’oublier », dit-elle au Devoir.

 

Elle souhaite que le 50e anniversaire du réseau des universités du Québec, en 2018, permette de réaffirmer avec plus de vigueur le principe de cogestion. « Le détournement marchand est doublé d’une dérive autoritaire, dans le réseau de l’UQ comme ailleurs », ajoute Louise Briand, qui est aussi vice-présidente de la Fédération des professionnèles (CSN).

 

La multiplication des cadres et des administrateurs externes à des postes-clés des universités entraîne une logique marchande, selon elle. Ces gestionnaires risquent de donner la priorité aux programmes « payants », calqués sur les besoins des entreprises, par exemple. Louise Briand cite le projet de décentralisation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) : les budgets seraient décentralisés vers les facultés et écoles les plus lucratives, notamment l’École des sciences de la gestion.

Une élève dénonce le règlement vestimentaire de son école
18 novembre 2017 écrit par La Presse

Jeudi, l’élève de secondaire 5 s’est présentée à l’école vêtue d’un legging par-dessus lequel elle avait enfilé un short. À la pause du diner, un responsable l’a interpelée.

«Il m’a dit que je devais me changer ou ne pas revenir à l’école. Je ne voulais pas manquer l’école pour ça, alors je me suis quand même présentée à mon cours l’après-midi», explique Elijah Beauregard-Landry.

Comme elle ne s’était pas pliée au règlement, on l’a sommée de quitter la classe. «On a fait l’intervention de manière éducative, explique la directrice de l’école Mitchell-Montcalm, Pascale Bilodeau. Elle a reçu un billet d’expulsion qui mène directement au responsable de l’encadrement, qui a vu à ce qu’on lui fournisse un short qui va à la mi-cuisse pour mettre par-dessus le legging.»

Le règlement adopté par l’école se résume à une «tenue de ville», dit Pascale Bilodeau. «Je porte des vêtements qui répondent à des critères de décence, d’hygiène et de propreté. La décence à l’école se traduit comme ceci: un vêtement non-transparent qui couvre les épaules, la poitrine, qui doit être assez long pour couvrir la ceinture de la jupe ou du pantalon. Les jupes et les bermudas sont à la mi-cuisse», y lit-on notamment.

Un règlement qui dérange Elijah Beauregard-Landry, qui dit s’être fait sermonner à plus d’une reprise. «C’est quelque chose que je trouve inacceptable. Il y a des gens qui n’osent pas en parler parce qu’ils pensent que c’est normal, mais j’aimerais ça que les mentalités évoluent et qu’ils arrêtent de dire que les femmes n’ont pas le droit de porter ce qu’elles veulent. C’est peut-être le moment que ça change», dit-elle.

La mère de la jeune femme espère que cette sortie amènera une réflexion sur la question et en appelle au bon sens.

«On met ça sur le dos des garçons: si j’étais une mère de gars, je serais insultée. Ne faisons pas porter le poids d’une mentalité étriquée sur une jeune fille de 16 ans. Profitons-en pour réfléchir et prendre conscience du message qu’on envoie: les gars sont des prédateurs dont il faut protéger les filles. Non. Aidons les filles à assumer ce qu’elles sont», dit Marypascal Beauregard.

Des règlements à portée sexiste, dit un avocat

Professeur de droit à l’Université de Sherbrooke, Finn Makela se dit «choqué» par cette décision. «Je comprends très bien que les établissements scolaires veuillent offrir un environnement d’études qui n’est pas propice au harcèlement sexuel, mais ce n’est pas en contrôlant l’habillement des filles qu’on fait ça. C’est en s’assurant que les garçons, notamment, se comportent convenablement», dit-il.

Sans commenter directement le règlement de l’école Mitchell-Montcalm, qu’il n’a pas vu, il rappelle que la Charte canadienne des droits et libertés a préséance sur les décisions des conseils d’établissement d’écoles. 

«À partir du moment où le règlement renferme des positions qui sont discriminatoires sur la base du sexe, il est hors de la portée du pouvoir du conseil d’adopter quelque chose qui serait contraire à la charte des droits. On peut le faire déclarer nul devant les tribunaux», explique-t-il.

Même «légitime», un règlement peut être problématique dans son application, explique-t-il. «Si par exemple le directeur de l’école interprète le règlement pour dire qu’un règlement convenable veut dire « pas de leggins si t’es une fille ». Dans ce cas-là, l’élève a un recours devant le conseil des commissaires de la commission scolaire», dit Finn Makela.

Le débat sur la gestion des universités reprend de plus belle
17 novembre 2017 écrit par Le Devoir

« Détournement marchand », « dérive autoritaire », « perte de pouvoir des professeurs » : la colère gronde dans des universités québécoises, où une partie de bras de fer oppose syndicats et directions d’établissement.

 

La controverse est ainsi repartie de plus belle autour de la refonte projetée de la charte de l’Université de Montréal (UdeM), qui fait l’objet de vives critiques de la part des associations regroupant 78 000 professeurs d’université au Québec et dans le reste du Canada.

 

Une question cruciale se trouve au coeur du débat : qui prend les grandes décisions de l’université ? L’UdeM cherche à réduire l’influence des professeurs et chercheurs dans la gestion de l’établissement au profit d’autres représentants de la communauté universitaire (chargés de cours, personnel de soutien) et de membres externes, issus de l’extérieur du campus.

 

Cette bataille a agité le campus de l’UdeM au cours de l’hiver dernier. Le recteur Guy Breton avait suspendu sa réforme, mais l’initiative a refait surface dans un projet de loi soumis à l’Assemblée nationale cette semaine.

 

L’université compte faire davantage de place aux membres dits « indépendants » (issus de l’extérieur du campus) au conseil d’administration et au comité exécutif de l’établissement. Le projet de nouvelle charte prévoit aussi une réduction des pouvoirs de l’assemblée universitaire, qui regroupe des représentants de toutes les composantes de l’établissement — professeurs, chargés de cours, étudiants, professionnels de recherche, cadres de l’université, et ainsi de suite.

 

Pour le recteur Guy Breton, la nouvelle charte vise à faire entrer la gouvernance de l’UdeM dans le XXIe siècle en branchant l’établissement sur ses milliers de diplômés qui occupent des postes importants dans le milieu des affaires, de la culture ou dans le secteur communautaire, par exemple.

 

Le principe de collégialité reste en place, mais d’autres voix que celles des professeurs se feront aussi entendre, insiste l’UdeM. La réforme proposée correspond à ce qui se fait dans d’autres universités nord-américaines.

 

« Coup de force »

 

Pour les syndicats de professeurs, la nouvelle charte de l’UdeM représente un « coup de force » qui bafoue le principe de collégialité au coeur de la mission de l’université. Le projet de loi visant à réformer la gouvernance de l’UdeM est un « cheval de Troie » qui risque de se multiplier dans tout le pays, soutient l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) — qui regroupe 70 000 membres dans 120 universités.

 

Pour l’Association, le projet du recteur Breton remet la gestion de l’UdeM entre les mains de gens d’affaires. Or l’enseignement supérieur n’est pas une marchandise, fait valoir l’ACPPU.

 

La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), de son côté, affirme que le projet menace la liberté universitaire des professeurs et leurs droits fondamentaux d’association et de représentation. Les professeurs deviendraient de « simples exécutants » avec le projet du recteur de l’UdeM, estime la Fédération.

 

« Gestion participative »

 

Un débat similaire est survenu à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQO vient de remporter deux griefs contre la nomination de cadres à des postes réservés à des professeurs syndiqués.

 

« Il est possible qu’il y ait un vide à combler dans la réglementation, mais les droits de gérance de l’Université à titre d’employeur ne lui permettent pas de se substituer au conseil d’administration », écrit l’arbitre Denis Provençal dans une décision du 25 octobre 2017.

 

L’UQO avait désigné des cadres pour remplir ces fonctions, car aucun syndiqué n’avait posé sa candidature. « On se réjouit de la décision. On espère que ça va favoriser l’implication de professeurs », a affirmé Gilles Mailloux, directeur des communications et du recrutement à l’UQO.

 

Programmes « payants »

 

Louise Briand, présidente du Syndicat des professeurs de l’UQO, se réjouit elle aussi de ce qu’elle considère comme un rappel à l’ordre du tribunal d’arbitrage. « L’arbitre a souligné que la réglementation du réseau de l’UQ est établie sur la gestion participative. Les cadres du réseau ont tendance à l’oublier », dit-elle au Devoir.

 

Elle souhaite que le 50e anniversaire du réseau des universités du Québec, en 2018, permette de réaffirmer avec plus de vigueur le principe de cogestion. « Le détournement marchand est doublé d’une dérive autoritaire, dans le réseau de l’UQ comme ailleurs », ajoute Louise Briand, qui est aussi vice-présidente de la Fédération des professionnèles (CSN).

 

La multiplication des cadres et des administrateurs externes à des postes-clés des universités entraîne une logique marchande, selon elle. Ces gestionnaires risquent de donner la priorité aux programmes « payants », calqués sur les besoins des entreprises, par exemple. Louise Briand cite le projet de décentralisation à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) : les budgets seraient décentralisés vers les facultés et écoles les plus lucratives, notamment l’École des sciences de la gestion.

Garderies: Québec abandonne la baisse du ratio
17 novembre 2017 écrit par La Presse

Il demandera néanmoins aux responsables d’une garderie non régie de respecter trois exigences minimales: détenir une assurance responsabilité civile, suivre un cours de réanimation cardiorespiratoire et fournir une attestation d’absence d’empêchement, ce qui implique la vérification des antécédents judiciaires.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a présenté mercredi après-midi, en commission parlementaire, des amendements à son projet de loi «visant à améliorer la qualité éducative et à favoriser le développement harmonieux des services de garde éducatifs à l’enfance».

Déposé en juin dernier par son prédécesseur Sébastien Proulx, ce projet de loi prévoyait de «réduire le champ de garde non régie» par l’État, «afin d’assurer la sécurité d’un plus grand nombre d’enfants».

À l’heure actuelle, une personne peut accueillir chez elle jusqu’à six enfants, excluant les siens, sans être régie, donc sans être assujettie aux règles de l’État. Sous ce ratio maximal, elle n’a pas à avoir de permis et échappe à tout contrôle de la part du ministère de la Famille.

Avec son projet de loi, Québec voulait faire passer le ratio de six à quatre enfants (incluant ses propres enfants jusqu’à l’âge de neuf ans). Près de 2500 garderies en milieu familial auraient été visées. Elles auraient été obligées de détenir un permis et de respecter une série de normes pour continuer d’opérer avec le même nombre d’enfants. Ou alors elles auraient dû réduire leur clientèle pour demeurer non régies.

Or, selon son amendement, Luc Fortin a décidé de maintenir le ratio à six, tout en précisant que les enfants de l’éducatrice sont inclus dans ce calcul (ils sont exclus à l’heure actuelle). Une autre modification présente les trois exigences minimales à l’égard des garderies non régies. Des éducatrices avaient signalé au ministre Fortin dans les derniers jours qu’elles étaient prêtes à accepter ces nouvelles obligations en échange de l’abandon de la baisse du ratio.

Cette révision du ratio prévue au projet de loi 143 avait soulevé la grogne. Plusieurs éducatrices visées, qui n’ont pas d’association représentative, se sont mobilisées, ont organisé des manifestations et fait pression sur les députés.

En entrevue à La Presse le mois dernier, Luc Fortin ouvrait la porte à modifier son projet de loi. «Des responsables de ces services de garde m’écrivent, mais aussi des parents. Beaucoup de députés m’en ont parlé. Est-ce que c’est vraiment une disposition qui va faire en sorte qu’il y aura plus de sécurité ou est-ce que ça n’aura pas l’effet inverse et fermer certains services de garde et faire en sorte que des enfants vont se retrouver sans ces places? Je pense que ça vaut la peine d’avoir une vraie réflexion sur cette question-là », disait-il.

L’ouverture d’un site d’injection à Montréal inquiète des parents d’écoliers
16 novembre 2017 écrit par Le Devoir

Avec l’ouverture imminente du site d’injection de Spectre de rue à un coin de rue d’une école primaire, un groupe de parents s’inquiète d’une cohabitation qu’il juge risquée.

 

« On sait que l’acceptabilité sociale est jugée primordiale pour qu’un projet de cette nature fonctionne, mais celle-ci n’est manifestement pas au rendez-vous dans le quartier », dénonce Christelle Perrine, présidente du conseil d’établissement de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys, mère de trois enfants, résidante et commerçante du quartier.

 

« On n’est pas dans le déni, on sait que c’est un service de santé publique qui est important et nécessaire, mais on n’a toujours pas de réponse à savoir comment ils vont assurer la sécurité de nos enfants qui circulent dans ce corridor scolaire, ajoute-t-elle. Il y a bien eu des rencontres du comité de bon voisinage, mais il n’y a aucune collaboration de leur part, toutes nos propositions restent lettre morte. »

 

Deux autres sites d’injection supervisée ont ouvert leurs portes en juin dernier, Cactus et Dopamine, mais aucun n’est situé dans un corridor scolaire et aucun n’est ouvert de jour, plaident les parents.

 

Avec l’appui de leur commissaire scolaire, Stéphanie Bellenger-Heng, ces parents réclament une présence policière accrue dans ce corridor scolaire et l’ajout d’un brigadier, une figure rassurante pour les enfants et leurs parents.

 

« On nous répond qu’il ne faut pas qu’il y ait trop de sécurité parce que ça risque de gêner les usagers, mais nous, on veut plus de sécurité pour nos enfants, alors on fait quoi ? » s’interroge Mme Perrine.

 

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud de Montréal, qui pilote le projet de site d’injection supervisée avec l’organisme Spectre de rue, on assure qu’il y aura « plus de présence policière dans les alentours », mais on confirme qu’il y a un « équilibre précaire » à respecter « pour ne pas empêcher les gens de venir au service ».

 

Heures d’ouverture

 

Un intervenant pivot, chargéde faire le lien entre l’organisme et l’école, a également été engagé par la commission scolaire pour faciliter les communications entre l’organisme, l’école, les parents et les enfants.

 

Le CIUSSS répète que plusieurs ajustements ont été faits pour rassurer les parents.

 

« On a accepté de déplacer l’ouverture de 8 h 30 à 9 h 30, mais pas de fermer les services à 14 h 30 plutôt qu’à 18 h 30, contrairement à leur demande, car ce serait un recul », explique la Dre Carole Morissette, médecin-conseil à la direction de santé publique du CIUSSS.

 

« On ne peut pas s’attendre à ce qu’on ferme Spectre de rue, ce n’est pas une option, ajoute-t-elle. Il faut trouver une zone de réassurance, mais aussi laisser la possibilité qu’on commence les services, qu’on travaille à observer ce qui se passe, qu’on soit capable de faire des ajustements au fur et à mesure plutôt que d’annoncer à l’avance des problématiques qui ne sont pas encore existantes et qui n’ont jamais existé, alors que Spectre de rue est là depuis 20 ans. »


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