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Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
21 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Lacunes en français des futurs enseignants: «Le jour de la marmotte»
21 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

La Presse a révélé hier qu’à leur premier essai, près de la moitié des futurs enseignants québécois ont échoué à l’examen de français obligatoire pour l’obtention de leur brevet d’enseignement en 2016. À l’échelle de la province, le taux de réussite au Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) à la première passation est même en baisse, oscillant entre 58 % en 2011 et 53 % l’an dernier, selon nos informations.

« Ces dernières années, les ministres de l’Éducation se sont succédé au gouvernement libéral. Tour à tour, ils promettent – la main sur le coeur – qu’ils vont s’attaquer au problème, puis ils sont remplacés. C’est prendre le monde pour des imbéciles », critique le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Alexandre Cloutier, du Parti québécois (PQ).

Même son de cloche à la Coalition avenir Québec (CAQ) : « Malheureusement, c’est le jour de la marmotte », s’exclame le porte-parole du parti en matière d’éducation, Jean-François Roberge.

« Les résultats au TECFEE ne s’améliorent pas d’une année à l’autre. Les ministres de l’Éducation passent au sein du gouvernement libéral, mais personne ne bouge sur la question. »

Revoir les critères d’admission

Le PQ et la CAQ croient que les critères d’admission au baccalauréat en enseignement doivent être resserrés.

La réussite du TECFEE doit devenir une condition d’admission, propose la CAQ. À l’heure actuelle, les futurs enseignants passent le TECFEE à mi-chemin de leur parcours universitaire. Ils doivent avoir réussi le test pour faire leur troisième et avant-dernier stage. Or, ils ont droit à un nombre de reprises illimité.

« Les étudiants doivent être avertis avant leur entrée au baccalauréat : « Attention, la barre est haute. Si vous voulez avoir le privilège d’enseigner, vous devez avoir une excellente maîtrise de la langue française » », dit le député caquiste Jean-François Roberge.

« On nous dit que les critères d’admission varient beaucoup d’une université à l’autre, explique pour part le député péquiste Alexandre Cloutier. Ce n’est pas rendre service à un étudiant de le laisser faire un baccalauréat de quatre ans avant de lui dire qu’il n’a pas ce qu’il faut pour enseigner. »

Restreindre les passations

Depuis au moins deux ans, l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation demande au ministère de l’Éducation de restreindre à quatre le nombre de passations.

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a répondu à La Presse, hier en fin de journée, par l’intermédaire de son attachée de presse Marie Deschamps, qu’il avait « toujours exprimé l’intention de limiter le nombre de passations au TECFEE ». Aucun échéancier n’a cependant été fixé pour concrétiser cette promesse, indique le bureau du ministre.

« La Politique de la réussite éducative prévoit d’ailleurs le renforcement de la formation initiale et continue du personnel scolaire et du personnel des services de garde éducatifs à l’enfance puisqu’il s’agit d’un facteur de réussite éducative », ajoute le bureau du ministre.

Le problème dans le contexte

De son côté, Québec solidaire (QS) trouve aussi la statistique « inquiétante ». Cela dit, il est « trop facile » de lancer la pierre aux futurs enseignants et enseignantes du Québec, avertit le député de QS Gabriel Nadeau-Dubois. « Il y a des ministres actuels qui ne l’auraient pas réussi, ce test-là », lance M. Nadeau-Dubois.

« Il faut mettre le problème dans un contexte, poursuit le député de QS. Notre système d’éducation est de moins en moins capable d’apprendre le français correctement aux jeunes. On doit améliorer l’enseignement du français en amont. »

Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
20 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Lacunes en français des futurs enseignants: «Le jour de la marmotte»
20 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

La Presse a révélé hier qu’à leur premier essai, près de la moitié des futurs enseignants québécois ont échoué à l’examen de français obligatoire pour l’obtention de leur brevet d’enseignement en 2016. À l’échelle de la province, le taux de réussite au Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) à la première passation est même en baisse, oscillant entre 58 % en 2011 et 53 % l’an dernier, selon nos informations.

« Ces dernières années, les ministres de l’Éducation se sont succédé au gouvernement libéral. Tour à tour, ils promettent – la main sur le coeur – qu’ils vont s’attaquer au problème, puis ils sont remplacés. C’est prendre le monde pour des imbéciles », critique le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Alexandre Cloutier, du Parti québécois (PQ).

Même son de cloche à la Coalition avenir Québec (CAQ) : « Malheureusement, c’est le jour de la marmotte », s’exclame le porte-parole du parti en matière d’éducation, Jean-François Roberge.

« Les résultats au TECFEE ne s’améliorent pas d’une année à l’autre. Les ministres de l’Éducation passent au sein du gouvernement libéral, mais personne ne bouge sur la question. »

Revoir les critères d’admission

Le PQ et la CAQ croient que les critères d’admission au baccalauréat en enseignement doivent être resserrés.

La réussite du TECFEE doit devenir une condition d’admission, propose la CAQ. À l’heure actuelle, les futurs enseignants passent le TECFEE à mi-chemin de leur parcours universitaire. Ils doivent avoir réussi le test pour faire leur troisième et avant-dernier stage. Or, ils ont droit à un nombre de reprises illimité.

« Les étudiants doivent être avertis avant leur entrée au baccalauréat : « Attention, la barre est haute. Si vous voulez avoir le privilège d’enseigner, vous devez avoir une excellente maîtrise de la langue française » », dit le député caquiste Jean-François Roberge.

« On nous dit que les critères d’admission varient beaucoup d’une université à l’autre, explique pour part le député péquiste Alexandre Cloutier. Ce n’est pas rendre service à un étudiant de le laisser faire un baccalauréat de quatre ans avant de lui dire qu’il n’a pas ce qu’il faut pour enseigner. »

Restreindre les passations

Depuis au moins deux ans, l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation demande au ministère de l’Éducation de restreindre à quatre le nombre de passations.

Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a répondu à La Presse, hier en fin de journée, par l’intermédaire de son attachée de presse Marie Deschamps, qu’il avait « toujours exprimé l’intention de limiter le nombre de passations au TECFEE ». Aucun échéancier n’a cependant été fixé pour concrétiser cette promesse, indique le bureau du ministre.

« La Politique de la réussite éducative prévoit d’ailleurs le renforcement de la formation initiale et continue du personnel scolaire et du personnel des services de garde éducatifs à l’enfance puisqu’il s’agit d’un facteur de réussite éducative », ajoute le bureau du ministre.

Le problème dans le contexte

De son côté, Québec solidaire (QS) trouve aussi la statistique « inquiétante ». Cela dit, il est « trop facile » de lancer la pierre aux futurs enseignants et enseignantes du Québec, avertit le député de QS Gabriel Nadeau-Dubois. « Il y a des ministres actuels qui ne l’auraient pas réussi, ce test-là », lance M. Nadeau-Dubois.

« Il faut mettre le problème dans un contexte, poursuit le député de QS. Notre système d’éducation est de moins en moins capable d’apprendre le français correctement aux jeunes. On doit améliorer l’enseignement du français en amont. »

Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
19 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Test de français: échec massif des futurs enseignants
19 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

Malgré les nombreuses mesures d’aide mises en place dans les universités québécoises ces dernières années, le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) continue à causer de sérieuses difficultés aux futurs enseignants.

À l’échelle de la province, le taux de réussite au TECFEE à la première passation est même en légère baisse, oscillant de 58 % en 2011 à 53 % en 2016, selon nos informations.

Or, à l’heure actuelle, le nombre de reprises autorisées pour le TECFEE est illimité.

Les taux de réussite augmentent avec le nombre de passations. Ainsi, l’an dernier, 63 % des futurs enseignants du Québec ont réussi l’examen après deux passations. Et plus de 98 % d’entre eux le réussissent après quatre tentatives.

Restreindre le nombre d’essais ?

Au total en 2016, dans toute la province, ce sont 423 futurs enseignants qui n’ont pas réussi après quatre tentatives, toujours selon nos informations.

Même si cela représente seulement 1,4 % des futurs enseignants québécois, c’est préoccupant, a réagi le président de l’Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l’étude et la recherche en éducation au Québec (ADEREQ), Serge Striganuk, aux informations obtenues par La Presse.

L’ADEREQ demande depuis deux ans au ministère de l’Éducation de restreindre à quatre le nombre de passations.

Les résultats varient d’une université à l’autre. Ainsi, à l’Université de Montréal, globalement de 2010 à 2017, 61 % des futurs enseignants satisfont aux exigences dès leur premier essai, selon des documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. C’est 2 % de la cohorte de départ qui a dû faire une cinquième passation. L’an dernier, un étudiant de cette université montréalaise a dû passer le test à huit reprises avant de le réussir.

Le pourcentage d’étudiants qui n’ont pas satisfait aux exigences après quatre passations a d’ailleurs augmenté depuis que les passations sont illimitées.

Des étudiants qui ne sont «pas à la bonne place»

« On offre de la formation ainsi que de l’accompagnement aux étudiants qui échouent au TECFEE, alors on se dit qu’après quatre passations, l’étudiant est sûrement une bonne personne, mais il n’est peut-être pas à la bonne place et ne devrait possiblement pas se retrouver devant une classe, à tout le moins pour la compétence linguistique », dit M. Striganuk, aussi doyen de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

Le TECFEE est important, car il assure que toutes les universités ont un standard commun, indique pour sa part la vice-doyenne aux études de premier cycle à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, Pascale Lefrançois.

Toutefois, avec un nombre illimité de passations, on peut se demander si un étudiant qui réussit après plusieurs tentatives est devenu plus compétent en français ou seulement plus compétent au TECFEE, lance Mme Lefrançois, aussi favorable à ce qu’on limite à quatre le nombre de passations.

« On ne veut pas que les étudiants le réussissent à l’usure. On veut qu’ils comprennent l’importance qu’on accorde à la qualité de la langue. Un nombre illimité de passations n’envoie pas un bon message », a dit pour sa part Serge Striganuk.

Parfois accusés d’être dans une « tour d’ivoire », les doyens des facultés d’éducation assurent qu’ils ne sont pas déconnectés de ce qui se déroule dans les salles de classe des écoles primaires et secondaires du Québec. « On nous rapporte que des élèves ont déjà corrigé des fautes évidentes laissées par leur professeur au tableau. On ne veut pas que cela arrive », insiste M. Striganuk.

Cela étant dit, le président de l’ADEREQ assure que la qualité de la formation des enseignants est « excellente » puisque la grande majorité des étudiants finissent par réussir l’examen après un nombre raisonnable de tentatives.

Pour les autres, il existe plusieurs « filtres » durant la formation. « Si un étudiant, à son quatrième stage, écrit au tableau sans soigner son français ou envoie des courriels aux parents en faisant des erreurs, il va échouer à son stage », explique Mme Lefrançois, professeure de didactique à l’Université de Montréal.

Toutes les universités font désormais passer des tests diagnostiques aux futurs enseignants à leur entrée dans le programme pour les aider à prendre connaissance de leurs compétences langagières. Certaines universités les obligent ensuite à suivre une formation supplémentaire pour corriger leurs lacunes. D’autres rendent cette formation obligatoire après un premier échec au TECFEE.

Un test trop difficile ?

Les futurs enseignants qui échouent aux premières tentatives disent que le test est difficile. Or, le test ne devrait pas être moins exigeant, croit M. Striganuk de l’ADEREQ.

« Il n’y a aucune exception du code linguistique dans l’examen. Il y a parfois des règles grammaticales qu’on ne voit pas si souvent, mais qu’il faut connaître, explique M. Striganuk. La différence avec un scientifique, un gestionnaire ou un ingénieur, c’est que l’enseignant dans sa tâche doit faire de la détection et de la correction des erreurs de syntaxe et de vocabulaire. On n’exige pas cela d’un ingénieur ou d’un médecin. »

À son arrivée à la tête du ministère de l’Éducation au printemps 2015, François Blais s’était engagé à resserrer les critères d’admission au baccalauréat en enseignement ainsi qu’à limiter le nombre de reprises autorisées pour le TECFEE. Or, M. Blais a cédé sa place à Sébastien Proulx en 2016 avant de réaliser ses promesses.

L’ADEREQ est toujours en attente d’une décision du ministre de l’Éducation actuel sur la question.

– Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse

QU’EST-CE QUE LE TECFEE ?

Entré en vigueur en 2008, cet examen vise à évaluer la compétence langagière attendue d’une personne qui poursuit une formation universitaire en enseignement, explique le Centre d’évaluation du rendement en français écrit – organisme qui gère la passation du test – sur son site internet. L’examen comprend deux parties : un questionnaire à choix multiples et une épreuve de rédaction. À l’origine, le nombre de passations était limité à trois. Les règles ont été assouplies par la suite.

Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
18 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Écoles primaires: des récrés sacrifiées
18 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, est catégorique. Le temps alloué aux récréations est insuffisant dans nombre d’écoles primaires de la province. Selon un sondage mené en partenariat avec la Fédération des comités de parents du Québec, 39% des écoles offriraient moins de 30 minutes de récréation par jour, c’est-à-dire moins de 15 minutes par moment de pause en matinée et en après-midi. Des écoles ne prévoiraient d’ailleurs qu’une seule récréation par jour, alors qu’une école primaire sur cinq n’en aurait aucune en après-midi.

«La récré, c’est important dans le processus d’apprentissage. C’est une pause pour revenir concentré en classe. Nos enfants sont très sédentaires et ils devraient tous faire au minimum 60 minutes d’activités physiques par jour», a dit Mme Voyer en entrevue avec La Presse.

Cette cible est d’ailleurs citée dans la Politique de l’activité physique, du sport et du loisir dévoilée par le ministère de l’Éducation, au printemps dernier. Pour y arriver, croit Mme Voyer, il faut se donner des cibles obligatoires.

Les obstacles

Selon la Coalition Poids, plusieurs facteurs peuvent limiter les récréations chez les enfants du primaire. Parfois, raconte Mme Voyer, des écoles lui racontent que l’espace de la cour est insuffisant pour laisser sortir tous les enfants en même temps. Il faut alors scinder les groupes.

«Aussi, la récréation est de 15 minutes, mais s’il faut inclure la prise de rang et le temps de s’habiller, les 15 minutes deviennent vite 9 minutes. L’hiver, certaines écoles finissent par ne pas sortir, parce que la gestion est trop difficile», dit-elle.

Pour l’organisme, qui regroupe plusieurs associations comme la Fondation des maladies du coeur, la Société canadienne du cancer, des commissions scolaires et des municipalités, entre autres, Québec devrait inscrire au régime pédagogique l’obligation d’offrir deux pauses de récréation de 15 minutes au minimum. Alors que la politique-cadre pour un virage santé à l’école fêtera l’an prochain ses 10 ans, il est temps de faire un bilan, dit Corinne Voyer.

Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
17 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Écoles primaires: des récrés sacrifiées
17 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, est catégorique. Le temps alloué aux récréations est insuffisant dans nombre d’écoles primaires de la province. Selon un sondage mené en partenariat avec la Fédération des comités de parents du Québec, 39% des écoles offriraient moins de 30 minutes de récréation par jour, c’est-à-dire moins de 15 minutes par moment de pause en matinée et en après-midi. Des écoles ne prévoiraient d’ailleurs qu’une seule récréation par jour, alors qu’une école primaire sur cinq n’en aurait aucune en après-midi.

«La récré, c’est important dans le processus d’apprentissage. C’est une pause pour revenir concentré en classe. Nos enfants sont très sédentaires et ils devraient tous faire au minimum 60 minutes d’activités physiques par jour», a dit Mme Voyer en entrevue avec La Presse.

Cette cible est d’ailleurs citée dans la Politique de l’activité physique, du sport et du loisir dévoilée par le ministère de l’Éducation, au printemps dernier. Pour y arriver, croit Mme Voyer, il faut se donner des cibles obligatoires.

Les obstacles

Selon la Coalition Poids, plusieurs facteurs peuvent limiter les récréations chez les enfants du primaire. Parfois, raconte Mme Voyer, des écoles lui racontent que l’espace de la cour est insuffisant pour laisser sortir tous les enfants en même temps. Il faut alors scinder les groupes.

«Aussi, la récréation est de 15 minutes, mais s’il faut inclure la prise de rang et le temps de s’habiller, les 15 minutes deviennent vite 9 minutes. L’hiver, certaines écoles finissent par ne pas sortir, parce que la gestion est trop difficile», dit-elle.

Pour l’organisme, qui regroupe plusieurs associations comme la Fondation des maladies du coeur, la Société canadienne du cancer, des commissions scolaires et des municipalités, entre autres, Québec devrait inscrire au régime pédagogique l’obligation d’offrir deux pauses de récréation de 15 minutes au minimum. Alors que la politique-cadre pour un virage santé à l’école fêtera l’an prochain ses 10 ans, il est temps de faire un bilan, dit Corinne Voyer.

Les lunchs gratuits pour les enfants, une bonne idée?
16 septembre 2017 écrit par Le Devoir

Depuis la semaine dernière, tous les élèves des écoles publiques de New York mangent gratuitement le midi. Ils avaient déjà droit au petit-déjeuner gratuit. C’est le gouvernement fédéral qui paie la facture. La commission scolaire de New York s’inspire d’un programme mis en place au Brésil, qui fournit deux repas gratuits chaque jour aux 45 millions d’élèves fréquentant une école publique.

 

La distribution de repas gratuits aux élèves est considérée comme le programme social le plus important dans le monde. Plus de 368 millions d’enfants, soit un sur cinq, reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, selon les Nations unies.

 

La recette brésilienne de la réussite scolaire — un enfant bien nourri réussit mieux qu’un enfant affamé — fait du chemin même dans des pays riches comme les États-Unis, le Japon, la France, la Suède ou la Norvège, par exemple, qui offrent des repas gratuits ou à faible coût aux écoliers.

 

« Notre expérience peut profiter aux pays développés. Le programme brésilien offre non seulement des repas, mais surtout des repas nutritifs. Les élèves brésiliens ont de bien meilleures habitudes alimentaires et une bien meilleure santé que leurs parents », dit Daniel Balaban, qui a géré le Programme national d’alimentation scolaire brésilien durant neuf ans. Le Devoir l’a joint à Brasília, où il dirige désormais le Centre d’excellence contre la faim du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

 

Cet économiste fait partie d’une délégation de 300 experts de 50 pays qui sont attendus à Montréal toute la semaine, jusqu’au 21 septembre, pour le Forum mondial sur la nutrition infantile. Ce congrès annuel vise à encourager la mise en place de programmes alimentaires nationaux dans les écoles.

 

« Les programmes de repas scolaires existent dans presque tous les pays, et ils représentent le plus important filet de sécurité au monde », indique la documentation du Forum.

 

« Pour de nombreux enfants vivant dans les communautés vulnérables, il s’agit de leur seul repas nutritif de la journée. Il est prouvé que les repas scolaires attirent les enfants à l’école, augmentent la présence des filles et fournissent l’alimentation dont ils ont besoin pour se concentrer et apprendre. »

 

Remplir les ventres et les cerveaux

 

Le Brésil, géant économique aux prises avec des inégalités sociales choquantes, a commencé en 1954 à nourrir gratuitement les élèves de ses écoles publiques. À l’époque, c’était une façon de combattre la malnutrition dans les régions les plus pauvres et isolées du pays.

 

C’était aussi une façon d’inciter les familles pauvres à envoyer leurs enfants à l’école. Le programme s’est étendu au fil des ans jusqu’à devenir obligatoire pour tous les élèves de toutes les écoles publiques du Brésil, sous le gouvernement Lula en 2009.

 

Cette initiative était le fait saillant d’une offensive plus large, baptisée Faim zéro, qui comprenait entre autres l’instauration d’allocations familiales — un peu comme au Québec et au Canada. Le programme de repas dans les écoles vise aussi à encourager l’agriculture familiale : 30 % de l’approvisionnement des écoles doit provenir de petites fermes locales.

 

« La loi met en place des normes nutritives pour les repas. La malbouffe est bannie des écoles ; 90 % des problèmes de santé sont liés à ce qu’on mange », dit Daniel Balaban.

 

« Le programme d’alimentation scolaire ne s’applique pas aux écoles privées, mais elles ont quand même emboîté le pas : elles ne servent plus de pizzas, de hamburgers, de boissons gazeuses et d’autres aliments malsains », ajoute-t-il.

 

Effet positif

 

La distribution de repas dans les écoles des 5565 municipalités brésiliennes coûte 2,5 milliards $US au gouvernement fédéral cette année, selon M. Balaban. À l’échelle canadienne, un programme comparable pourrait coûter environ 500 millions $CAN par année. Une utopie ?

 

C’est le nombre d’enfants dans le monde qui reçoivent au moins un repas par jour lorsqu’ils sont à l’école, soit un sur cinq.

Source : Nations unies.

Alain Noël, professeur spécialisé en inégalités sociales au Département de science politique de l’Université de Montréal, n’ose pas se prononcer. Il ne dispose pas d’information solide sur l’efficacité de la distribution de repas gratuits dans les écoles.

 

« La France, qui offre des cantines à tous les enfants, à prix modulés en fonction du revenu des parents, constitue un autre modèle qui mériterait d’être considéré », estime-t-il. Il se rappelle avec bonheur une année sabbatique en France, sans lunch à préparer pour les enfants.

 

Chose certaine, il existe un lien « statistiquement significatif » entre l’alimentation et les résultats scolaires, selon une étude publiée en 2017 dans le Journal of Human Nutrition and Dietetics, au Royaume-Uni. Les élèves qui prennent un petit-déjeuner réussissent mieux que les autres, conclut ce rapport, établi en analysant les résultats de 40 recherches menées dans 18 pays, dont le Canada.

 

Quelque 166 148 élèves âgés de 10 à 18 ans ont participé à ces études. Les élèves qui ingurgitent de la malbouffe (boissons gazeuses sucrées, autres aliments peu nutritifs) une fois par jour ont plus de difficultés en lecture que leurs camarades qui se nourrissent bien.

 

Au Québec, la distribution de dîners gratuits, préparés sur place (même financés par Ottawa), pourrait être difficile dans les écoles primaires : la plupart n’ont pas de cafétéria.

 

Ça n’empêche pas le Club des petits-déjeuners de distribuer un repas du matin à 167 000 élèves dans 1455 écoles au Canada. Un million d’autres enfants sont à risque d’arriver à l’école le ventre vide au pays, estime le Club.

Écoles primaires: des récrés sacrifiées
16 septembre 2017 écrit par Cyberpresse

Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, est catégorique. Le temps alloué aux récréations est insuffisant dans nombre d’écoles primaires de la province. Selon un sondage mené en partenariat avec la Fédération des comités de parents du Québec, 39% des écoles offriraient moins de 30 minutes de récréation par jour, c’est-à-dire moins de 15 minutes par moment de pause en matinée et en après-midi. Des écoles ne prévoiraient d’ailleurs qu’une seule récréation par jour, alors qu’une école primaire sur cinq n’en aurait aucune en après-midi.

«La récré, c’est important dans le processus d’apprentissage. C’est une pause pour revenir concentré en classe. Nos enfants sont très sédentaires et ils devraient tous faire au minimum 60 minutes d’activités physiques par jour», a dit Mme Voyer en entrevue avec La Presse.

Cette cible est d’ailleurs citée dans la Politique de l’activité physique, du sport et du loisir dévoilée par le ministère de l’Éducation, au printemps dernier. Pour y arriver, croit Mme Voyer, il faut se donner des cibles obligatoires.

Les obstacles

Selon la Coalition Poids, plusieurs facteurs peuvent limiter les récréations chez les enfants du primaire. Parfois, raconte Mme Voyer, des écoles lui racontent que l’espace de la cour est insuffisant pour laisser sortir tous les enfants en même temps. Il faut alors scinder les groupes.

«Aussi, la récréation est de 15 minutes, mais s’il faut inclure la prise de rang et le temps de s’habiller, les 15 minutes deviennent vite 9 minutes. L’hiver, certaines écoles finissent par ne pas sortir, parce que la gestion est trop difficile», dit-elle.

Pour l’organisme, qui regroupe plusieurs associations comme la Fondation des maladies du coeur, la Société canadienne du cancer, des commissions scolaires et des municipalités, entre autres, Québec devrait inscrire au régime pédagogique l’obligation d’offrir deux pauses de récréation de 15 minutes au minimum. Alors que la politique-cadre pour un virage santé à l’école fêtera l’an prochain ses 10 ans, il est temps de faire un bilan, dit Corinne Voyer.


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