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Les leaders étudiants font une contre-offre
30 mai 2012 écrit par Cyberpresse

Peu avant 23 h, mardi soir, les leaders des quatre grandes associations étudiantes ont brièvement rencontré les médias pour faire part de la nouvelle. Selon Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, les associations étudiantes disent avoir soumis plusieurs scénarios, mardi soir, et attendent des réponses mercredi.

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la CLASSE, l’allure des négociations vaut la peine de demeurer à la table, une opinion partagée par Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, qui a admis que la question des droits de scolarité avait fait l’objet de discussions.

Les négociations se sont poursuivies pour une deuxième journée, mardi, à Québec, entre la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, et les leaders étudiants. Ils ont discuté de 13h00 jusqu’à 18h00, lorsqu’ils ont interrompu pour une pause, avant la reprise prévue vers 20h00.

«Le gouvernement nous a donné des paramètres dans lesquels travailler, donc on a soumis des offres au gouvernement dans le cadre de ces paramètres-là. On attend un retour du gouvernement ce soir, à savoir si les offres dans les paramètres devront être acceptées», a déclaré la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, au sortir de la séance à 18h00.

Elle et son collègue de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, ont refusé de commenter plus amplement la nature des paramètres fixés, comme il est d’usage dans cette ronde déterminante amorcée lundi et marquée du sceau de la confidentialité.

Les leaders étudiants s’attendaient à se faire proposer mardi une offre «substantielle» du gouvernement qui devait notamment porter sur les droits de scolarité, selon leurs voeux.

À la reprise des négociations vers 20h, le porte-parole de la CLASSE a montré des signes d’optimisme.

«Il y a déjà plus sur la table que ce qu’il y avait ce matin. Ça avance. Il reste encore quelques heures de discussions, au moins ce soir et peut-être demain matin.»

Il a confirmé que les parties touchaient au noeud du probleme, c’est-à-dire la hausse des droits de scolarité et les façons de l’atténuer.

«C’est sur la table.»

Toutefois, il a ajouté que la loi 78, que la CLASSE voulait voir abrogée, ne fait pas partie des discussions.

«La grève porte sur les droits de scolarité. Pour nous, c’est déjà un très bon début.»

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a dit que la négociation ne se poursuivra pas pour toute la nuit.

«On prévoit garder un horaire stable, ça nous permet de prendre un peu de recul. On va sortir d’ici avant minuit, promis.»

Depuis le début lundi de cette ronde de négociations, il y a eu des discussions préparatoires, pour établir un échéancier et convenir des enjeux qui seront abordés, a précisé le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois. La CLASSE fixait notamment l’abrogation de la loi 78 et le gel des droits de scolarité comme conditions pour s’assoir à table.

«Ce qu’on nous a dit qu’il y aura sur la table nous a satisfaits, assez pour qu’on reste, a dit M. Nadeau-Dubois. Il y aura peut-être une offre, on l’espère, aujourd’hui ou demain. C’est pour ça qu’on a décidé de rester, parce qu’on croit qu’il est possible d’obtenir une offre.»

Il voyait d’ailleurs d’un «assez bon oeil» la présence du premier ministre Jean Charest à la table des négociations à la première séance lundi.

Sans prévenir personne, M. Charest a causé la surprise, lundi, en se présentant en personne à la table de négociations avec les leaders étudiants, réunis dans une salle de l’édifice de la Banque Nationale, près de la colline du parlement.

«La présence de M. Charest démontre que le gouvernement reconnaît l’ampleur de la crise actuelle, a dit M. Nadeau-Dubois. Cela vient peut-être également démontrer une certaine sincérité de la part du gouvernement envers le processus de négociations.»

Sa consoeur de la FEUQ, Martine Desjardins, était plus sévère et critique, estimant notamment que le premier ministre avait passé un trop court moment avec eux à la table, une trentaine de minutes, à son avis.

«Il n’avait pas beaucoup de réponses aux questions que nous avions à lui poser, il nous a laissés dans les mains de Mme Courchesne», a-t-elle commenté en point de presse, elle aussi, avant d’entreprendre la séance de négociations.

C’était la première fois en quatre mois que le premier ministre, malgré des demandes pressantes, acceptait de s’asseoir avec les étudiants pour discuter d’égal à égal.

«On a eu un échange sur plusieurs sujets et cela a été respectueux et courtois. C’est une nouvelle étape», a dit M. Charest, mardi midi, lors d’un bref point de presse, en marge de la réunion quotidienne de son caucus.

Il a évoqué la mise sur pied d’un forum sur l’avenir des universités, une idée qui a été bien reçue par les leaders étudiants.

En Chambre mardi après-midi, la chef de l’opposition, Pauline Marois, a salué le geste du premier ministre avec ironie, elle qui réclamait son intervention dans la crise depuis le début.

«On constate que le premier ministre est parmi nous en un seul morceau. Finalement, cela n’a pas été aussi dur», a-t-elle fait remarquer, en demandant si les négociateurs du gouvernement avaient au moins pour mandat d’aborder la question de la hausse des droits de scolarité, au centre du débat.

M. Charest a répondu que toutes les parties autour de la table ont convenu lundi soir que l’enjeu était «l’accessibilité», mais sans révéler les points précis qui ont été abordés.

Voir également:

  • Québec a fixé sa marge de manoeuvre, les étudiants font leurs offres
  • Les leaders étudiants dévoilent leur plan de match
  • Québec essuiera un refus, croient les leaders étudiants
  • Les leaders étudiants plutôt satisfaits du ton des discussions

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