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Iniquités salariales «flagrantes» chez les recteurs
10 janvier 2018 écrit par Le Devoir

Le ménage promis dans la rémunération des recteurs se fait attendre. Résultat : le grand patron de l’Université Concordia gagne encore deux fois et demie le salaire de son homologue de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), qui compte pourtant 5000 étudiants de plus.

 

Faute de volonté politique, les 10 établissements du réseau de l’Université du Québec se démènent dans des conditions « lamentables » imposées par le gouvernement, affirme Lise Bissonnette, présidente du conseil de l’UQAM.

 

Les 10 recteurs les moins payés au Québec sont ceux du réseau de l’Université du Québec — réseau qui fête cette année ses 50 ans.

 

Mme Bissonnette déplore le peu d’empressement de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, à remplir sa promesse de rétablir l’équité dans la rémunération des recteurs. Ce manque de volonté trahit le « mépris » de la classe politique envers le réseau de l’Université du Québec, selon elle.

 

« C’est évident que, si on examine la rémunération des recteurs et des cadres [d’université], c’est lamentable dans le cas de l’Université du Québec. On est dans l’iniquité absolument flagrante. À l’UQAM, c’est scandaleux, tout simplement », dit Lise Bissonnette au Devoir.

 

Univers parallèles

 

Les 10 établissements du réseau de l’Université du Québec n’ont aucune marge de manoeuvre pour établir la rémunération de leurs dirigeants, rappelle la présidente du conseil d’administration de l’UQAM. Le gouvernement fixe par décret les conditions de travail des recteurs du réseau. Ce salaire correspond à la rémunération d’un sous-ministre adjoint.

 

Résultat : la rémunération des dirigeants du réseau de l’UQ oscillait entre 165 000 $ et 198 000 $ en 2015-2016, indiquent les données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Le salaire du recteur de l’UQAM — troisième université en importance pour le nombre d’étudiants — était de 197 374 $.

 

Les universités à charte, qui ont toute la latitude pour déterminer la rémunération de leurs dirigeants, évoluent dans un autre monde. Le recteur le mieux payé du Québec, Alan Shepard, de l’Université Concordia, a ainsi encaissé 444 857 $ en 2015-2016. C’est plus de deux fois et demie le salaire de la rectrice de l’UQAM, Magda Fusaro, entrée en fonction cette semaine.

 

Même le recteur de la toute petite Université Bishop’s de Lennoxville — effectif de 2744 étudiants — gagne 100 000 $ de plus que sa vis-à-vis de l’UQAM. À la prestigieuse Université McGill, David H. Eidelman, vice-principal et doyen de la Faculté de médecine, est le cadre universitaire le mieux payé au Québec avec une rémunération globale de 451 112 $ — plus que sa patronne, Suzanne Fortier, qui gagne 418 000 $.

 

« Un mépris général »

 

Cette « iniquité flagrante » dans le traitement des hauts dirigeants d’université est « le symptôme d’un mal beaucoup plus profond », estime Lise Bissonnette. « C’est le mépris général, et ça vaut presque pour l’ensemble de l’Assemblée nationale, je dirais, à l’égard des universités du réseau de l’Université du Québec. Et ça là, c’est clair, c’est net. Après cinq ans de présidence du conseil de l’UQAM, ça m’a frappé constamment, ça comprend tous les partis. Ce réseau-là, qui est un réseau extraordinaire, souffre vraiment d’une sorte de… je cherche un autre mot que “mépris” et je ne trouve pas. »

 

Autre symptôme de ce « mépris », estime la présidente de l’UQAM : le réseau de l’Université du Québec a obtenu des « grenailles » en vertu du Fonds d’investissement stratégique pour les établissements postsecondaires, créé par Ottawa et relayé au Québec par le gouvernement Couillard. L’Université de Montréal a obtenu la part du lion, avec 10 projets d’une valeur totale de près d’un demi-milliard de dollars.

 

La ministre Hélène David s’était engagée à déposer un projet de loi l’automne dernier pour faire le ménage dans la rémunération des recteurs. Elle ne l’a pas fait. Pourquoi ? Prévoit-elle d’agir au cours de la prochaine session parlementaire ? « Le travail se poursuit actuellement, la ministre sera en mesure de faire connaître ses intentions dans les prochaines semaines », indique son cabinet.

 

En privé, des membres influents du milieu universitaire se demandent si la ministre David cherche à ménager l’Université de Montréal, où elle a été professeure et vice-rectrice avant de se lancer en politique en 2014. Le recteur de l’UdeM, Guy Breton, gagne plus de 422 000 $. Le vice-recteur le mieux payé de l’UdeM gagne 258 000 $. Le doyen de faculté le mieux rémunéré touche même un salaire de 344 000 $ — nettement plus que la grande patronne de l’UQAM.

 

Dans l’entourage d’Hélène David, on affirme que la ministre se sent totalement libre d’arbitrer ce dossier. Mme David a refusé nos demandes d’entrevue.

 

Des sources estiment que la ministre mise notamment sur l’autodiscipline des universités, qui ont réduit les avantages financiers des recteurs. L’Université Laval a ainsi réduit l’indemnité de départ de sa nouvelle rectrice, Sophie D’Amours, qui aura droit à une année de salaire à la fin de son mandat. Son prédécesseur, Denis Brière, avait droit à une rémunération six années après son départ.

 

Les salaires des recteurs soulèvent à coup sûr la controverse, mais ils sont plus modestes au Québec que partout ailleurs en Amérique du Nord. La rectrice la mieux payée au Canada, Indira Samarasekera, de l’Université de l’Alberta, gagne 591 000 $, selon une compilation de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université. Les 17 dirigeants d’université les mieux payés au pays gagnent plus de 400 000 $, selon le document.

Salaires et avantages des recteurs en 2015-2016

Universités à charte​
 

Réseau de l’Université du Québec
 

Source : ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, étude des crédits 2017-2018

Voir également:

  • Québec veut un «regard indépendant» sur le salaire des recteurs
  • Québec veut un «regard indépendant» sur le salaire des recteurs
  • Québec encadrera la rémunération des recteurs
  • Réseau de l’Université du Québec: les recteurs «nettement sous-payés »

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