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Faire des fontaines d’eau la seule source de boisson dans les écoles
11 février 2018 écrit par La Presse

Dans la région de Québec, quelques écoles primaires de la commission scolaire de Portneuf ont vu leurs fontaines prendre du gallon. Les fontaines filtrent l’eau, l’endroit est agréable, invitant, et les élèves ont de jolies gourdes qu’ils peuvent remplir. 

D’ici la fin de l’année, une douzaine d’écoles de cette commission scolaire pourraient participer au projet VisezEau mené par un groupe de chercheurs et d’intervenants en santé publique. Le but : sortir les machines distributrices de boissons sucrées et d’eau embouteillée des écoles. Et, ultimement, des habitudes de vie des jeunes. « Chez les adolescents, on a complètement perdu le contrôle avec les boissons énergisantes », estime Michel Lucas, professeur au département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, l’un des instigateurs du projet. « Les jeunes du primaire sont des vecteurs de changement dans la société », ajoute-t-il.

En modifiant les habitudes des enfants, il devrait y avoir une incidence directe sur la santé, estime le groupe derrière VisezEau. La leur, d’abord, et celle de leur famille si le goût pour l’eau devait se partager.

La condition physique des enfants des écoles participantes va être évaluée, au début du projet. Les élèves n’auront avec eux qu’une seule donnée :  leur niveau d’hydratation, livré sous la forme d’un pictogramme qui leur montre le niveau d’eau dans leur corps. On veut bien sûr éviter de mettre le poids au centre de la démarche, bien que la diminution du taux d’obésité soit l’un des buts que cherche à atteindre VisezEau. Les boissons sucrées étant une importante, voire la principale, source de sucre pour les enfants.

« C’est évident que ça va avoir un impact », estime Bernard Dagenais, professeur au département d’information et de communication de l’Université Laval, qui fait aussi partie du groupe qui défend VisezEau. « Il faudrait d’abord amener les jeunes à croire que l’eau du robinet est bonne et ensuite les amener à la boire », dit-il.

Il reste plusieurs étapes à franchir. La première, et non la moindre :  avoir le financement pour lancer le projet.

Chaque école doit réaménager ses fontaines pour avoir du matériel moderne qui offre une eau filtrée, donc sans contaminant ni métaux lourds. « Il faut valoriser son eau, dit Michel Lucas. La protéger et cesser de la mettre en bouteille. » On veut aussi faire un espace attrayant, avec des décalques au mur pour que les élèves aient envie d’aller faire le plein. Mais ce n’est pas tout : chaque élève aura droit à deux bouteilles à remplir et une cruche pour la maison. 

Le groupe a déjà reçu 100 000 $ en financement des Instituts de recherche en santé du Canada pour son étude de faisabilité en cours et a sollicité le fédéral et le provincial pour la suite. Un investissement minimal de 1,5 million de dollars a été évalué pour lancer le projet dans les 36 premières écoles, toutes dans la région de Québec.

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