Ceci est un article rédigé suite au midi-conférence donné par André Menand, conseiller Gestion Croissance au SAJE accompagnateur d’entrepreneurs. André a déjà écrit un article complémentaire sur la mise en marché pour les designers de mode que je vous invite à lire. Aujourd’hui, il répond aux questions que se posent les designers en démarrage.
Dans quel secteur puis-je vendre mes produits?
Vous avez probablement envie que le monde entier vous connaisse et chercherez à vous étendre le plus loin possible. Mais il faut bien réfléchir à comment effectuer sa croissance. Vous vendez déjà au Québec et souhaitez augmenter vos ventes ? Le marché d’expansion naturel est Toronto, puis soit l’Ouest du pays, soit les États-Unis. Dans ce cas, ne cherchez pas à vendre forcément à New York où toute la concurrence internationale se retrouve, mais dirigez-vous vers les marchés régionaux qui sont très peuplés et moins sollicités.

J’ouvre ma boutique ou pas?
Ouvrir sa boutique de suite peut être un mauvais réflexe, car vous ferez face à des frais fixes élevés qui pourraient vous amener à rencontrer rapidement des difficultés financières si les ventes ne sont pas au rendez-vous tout de suite. Il est donc plus aisé de commencer par distribuer ses produits chez les détaillants dans un premier temps. On vous demandera certainement de commencer en consignation, ce qui n’est pas si négatif qu’il apparaît de prime abord. On préfère toujours avoir des ventes fermes qui sont plus faciles à ‘’vendre’’ à votre banquier pour faire augmenter votre marge de crédit, mais la consignation vous permet souvent d’être payé plus vite, de placer plus de produits en boutiques et de faire tourner l’inventaire plus rapidement si les clients sont emballés par votre ligne.
Plus tard, la perspective d’ouvrir une boutique devient intéressante, car cela vous permettra de conserver la marge de votre vente au détail. Combiner la distribution et avoir sa propre boutique se révèle, à terme, être la meilleure option, car vous pourrez à la fois aller chercher un volume de vente (distribution) et une meilleure profitabilité (boutique).
Dois-je prendre un agent?
Dans le design de mode, on commence le plus souvent seul. Puis quand vous commencez à grossir et à attaquer des marchés que vous ne connaissez pas, pour lesquels les clients potentiels sont nombreux et dispersés, il peut être avantageux de recourir à un agent qui vous aidera pour votre expansion. Ne peut pas prendre un agent qui veut. Les agents ne s’intéressent pas aux entreprises en démarrage donc il faut avoir un passé en vente. Les agents fonctionnent en général avec des exclusivités territoriales, c’est-à-dire qu’ils seront votre représentant officiel et unique auprès des clients d’un territoire donné (par exemple, l’Ontario). L’agent se rémunère à la commission, qui s’établit en général entre 10 et 15 %, auxquels peuvent s’ajouter des frais de showroom et des frais de marketing (négociable). Au cours de votre croissance, vous pourrez combiner plusieurs agents travaillant sur des territoires ou des réseaux de distribution distincts.
Quels sont les programmes d’aide?
Le crédit d’impôt Visa design
Le Crédit d’impôt pour la réalisation d’une activité de design à l’interne
Le programme Export-Québec
Les programmes ‘’Soutien aux métiers d’art’’ et ‘’Sodexport’’de la SODEC, pour les designers qui sont reconnus comme artisans par le Conseil des Métiers d’art du Québec. (www.sodec.gouv.qc.ca)
Quelques conseils pour avoir le plus de chance de mon côté?
- Avoir un produit distinctif, une patte
- Avoir un financement de départ suffisant pour le cash-flow
- Se doter d’une bonne capacité de gestion, ne pas avoir peur d’aller vers les chiffres
- Que votre collection réagisse à une demande et ne soit pas juste le reflet d’une envie personnelle.
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