La nouvelle du Journal de Québec selon laquelle la consommation d’antidépresseurs explose au Québec a un petit côté déprimant. De 11 millions de prescriptions enregistrées en 2008, il y en avait 14 millions en 2011.
Il peut y avoir toutes sortes d’explications en partie valables, dont certaines sont évoquées dans l’article. Il faudrait aussi ajouter que le tabou sur les troubles mentaux s’évapore et qu’on consulte plus naturellement avant l’irréparable. Car, trop souvent, les symptômes de dépression apparaissent aux yeux des proches qu’après le suicide. Car, si la consommation d’antidépresseurs augmente, en parallèle, le taux de suicide diminue. Selon l’Institut de santé publique du Québec, le taux de suicide en 2008 était le plus bas en 30 ans, à 14,2 suicides par 100 000 habitants. Le sommet a été atteint en 1999, à plus de 22.
Cela dit, lors d’une entrevue-choc à venir dans le Magazine Jobboom, un sociologue accuse le travail comme principale source de dépression et d’anxiété, deux maux pour lesquels les antidépresseurs s’avèrent de bons outils. Et la situation n’est pas unique au Québec, tout le monde développé est aux prises avec ce phénomène.
Sauf que les antidépresseurs, ajoute-t-il, ne sont pas la réponse. En fait, ces médicaments sont un peu l’équivalent du défibrillateur pour les maladies de l’âme: va pour redonner la vie au patient, mais c’est après, et sans l’aide des antidépresseurs, que le traitement commence vraiment.
Les compagnies d’assurance sont, à son avis, les vraies coupables de la croissance de la consommation de pilules. Elles exercent une pression pour que vous preniez le traitement dit de choix qu’est le médicament, car il promet que vous irez mieux en deux ou trois semaines. Elles vont jusqu’à vous appeler à la maison pour savoir si vous le prenez. Question que le congé soit le plus court possible. C’est le meilleur moyen de s’assurer de bons taux de rechute. Et d’une plus grande consommation de pilules.
À lire dans notre édition du 25 août prochain. Ça vous décoiffera.
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Tags: antidépresseurs, anxiété, dépression, travail
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