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Alphabétisation: l’adulte aussi a le droit de réussir
19 mars 2017 écrit par Le Devoir

Plus d’un million de Québécois de 16 à 65 ans ont de graves difficultés de lecture. Or, seulement 5 % d’entre eux environ entreprennent une démarche d’alphabétisation auprès d’un groupe populaire en alphabétisation ou d’un centre de formation des adultes. C’est parce que les obstacles y sont nombreux, d’après le Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ). S’il se réjouit de l’annonce d’un nouvel investissement gouvernemental pour soutenir ses membres, le RGPAQ est également convaincu que le Québec a besoin d’une stratégie nationale d’alphabétisation pour s’attaquer à cet enjeu.

 

Lorsqu’on parle de réussite éducative, on fait généralement référence à la petite enfance, au rôle des parents, à la lutte contre le décrochage.

 

« C’est très bien, mais il faut aussi s’occuper de la réussite éducative de l’adulte pour lui-même, même s’il n’a pas d’enfants » affirme Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies au RGPAQ.

 

C’est ce que l’organisme a fait valoir lors de la consultation sur la réussite éducative menée l’automne dernier par Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

 

Pour le RGPAQ, l’adulte est un apprenant, et on doit viser la réussite éducative tout au long de la vie.

 

« L’adulte a aussi droit d’avoir une réussite éducative, affirme Mme Meunier. S’il est analphabète, ou peu scolarisé, c’est parce qu’il a vécu des échecs à l’école lorsqu’il était jeune. Une fois qu’il est adulte, il faut lui donner les moyens de réussir. »

 

19 % de la population québécoise

 

Les analphabètes crient rarement leurs difficultés sur les toits, mais ils sont bien présents au Québec.

 

D’après les derniers résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), publiés en 2013, 19 % des Québécois de 16 à 65 ans, soit plus d’un million de personnes, avaient de grandes difficultés de lecture, soit un niveau de littéracie de 1, ou inférieur à 1.

 

« Ce sont des gens qui sont en situation d’exclusion par rapport à l’écrit, au niveau des revenus, de la capacité à se trouver un emploi et à le maintenir », explique Mme Meunier.

 

Par contre, cette étude n’a pas couvert la situation des 65 ans et plus.

 

« Il ne faut pas les oublier parce qu’ils sont aussi nombreux et plus on vieillit, plus on assiste à une déperdition des compétences », affirme Mme Meunier.

 

Plusieurs obstacles à l’alphabétisation

 

Entreprendre une démarche d’alphabétisation représente souvent un long cheminement.

 

« D’abord, il a fallu que la personne reconnaisse qu’elle a des difficultés, et cela se fait souvent après un élément déclencheur, comme une incapacité à aider son enfant dans ses devoirs, la perte de la personne qui l’aidait à lire dans son quotidien, ou une recherche d’emploi infructueuse », explique Caroline Meunier.

 

Puis, plusieurs personnes avec de graves difficultés de lecture ont multiplié les échecs scolaires et ne veulent pas retourner sur les bancs d’école. Les groupes populaires en alphabétisation proposent d’ailleurs une approche alternative qui s’inscrit en complémentarité avec les services des centres d’éducation aux adultes.

 

« Nous proposons des milieux de formation non formels qui ne visent pas la diplomation, mais où on travaille à accomplir différents objectifs établis par l’apprenant, sans contrainte de programme, explique Mme Meunier. C’est vraiment une autre forme de réponse qui permet à des gens de s’alphabétiser. »

 

À la fin de la consultation sur la réussite éducative, le ministre Sébastien Proulx a d’ailleurs annoncé un investissement de 9 millions de dollars dans l’enveloppe qui finance des groupes communautaires dans le domaine de l’éducation, notamment les groupes populaires d’alphabétisation.

 

« Nous ne savons pas encore quelle part ira à l’alphabétisation, mais nous réclamions un réinvestissement depuis plusieurs années, affirme Mme Meunier. C’est une somme importante, alors c’est bienvenu. »

 

Aide financière

 

Le RGPAQ souhaite également que le gouvernement accorde une aide financière aux gens qui entreprennent une démarche d’alphabétisation.

 

« Nos services sont gratuits, mais ils occasionnent des frais indirects de transport et souvent, de gardiennage si la personne a de jeunes enfants, constate Mme Meunier. Ce sont des obstacles à l’alphabétisation pour ces gens qui vivent déjà souvent dans la précarité. »

 

D’ailleurs, la précarité financière elle-même est un obstacle à une démarche d’alphabétisation, d’après le RGPAQ.

 

« C’est la pyramide des besoins de Maslow, indique Mme Meunier. Si on est en mode survie et que ses besoins de base ne sont pas tous comblés, on aura de la difficulté à investir de l’énergie pour améliorer ses compétences en lecture. »

 

Pour une politique nationale

 

Développer une stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme serait la voie à suivre pour s’attaquer sérieusement à cet enjeu complexe d’après le RGPAQ. Il s’est d’ailleurs uni avec d’autres groupes communautaires et syndicaux pour former le Réseau de lutte à l’analphabétisme et porter cette revendication.

 

En plus de l’intervention et de la prévention, ils souhaitent que cette politique permette d’éviter que les difficultés de lecture et d’écriture deviennent des facteurs d’exclusion dans de multiples secteurs de la vie.

 

« Nous souhaitons que les différents ministères soient impliqués, par exemple lorsqu’ils produisent des formulaires que les citoyens ont à remplir, indique Caroline Meunier. Il faut des écrits simples et des humains facilement disponibles pour aider les personnes qui ne comprennent pas des portions du formulaire papier ou électronique. »

 

Le ministère de la Culture pourrait aussi être impliqué en rendant la littérature plus accessible.

 

« Il faudrait un meilleur accès à des romans qui s’adressent à des adultes faibles lecteurs, affirme-t-elle. Ces écrits redonnent confiance, les amènent à lire de plus en plus, développent leurs compétences en littéracie et favorisent leur inclusion. Il faut agir sur plusieurs fronts pour vraiment s’attaquer à analphabétisme. »

 

Le RGPAQ compte 76 membres, financés principalement par le gouvernement, qui offrent gratuitement des services d’alphabétisation à travers la province.

Voir également:

  • Alphabétisation: l’adulte aussi a le droit de réussir
  • Cyberintimidation d’adulte, ce qu’il faut faire
  • Alphabétisation
  • Près de la moitié des adultes ne savent pas lire

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