---------------------------

François-Xavier Harbec, conseiller en emploi

Site en construction, nouveautés en 2015! Développement de carrière Québec, Canada

Offres d'emplois / Amélioration du français au bureau / À propos

«La diversité nous rend meilleurs»
13 décembre 2017 écrit par Journal Métro

Dès le départ, recevoir des stagiaires nouveaux arrivants a été une aubaine pour Marie-Andrée Roger et sa start-up. En effet, cette main-d’œuvre hautement qualifiée fournissait un savoir-faire précieux à cette petite entreprise sans grands moyens. En échange, celle-ci offrait une occasion d’acquérir la fameuse «première expérience canadienne» tant requise par bon nombre d’employeurs.

Rapidement, Marie-Andrée Roger a constaté que le gain s’étendait bien au-delà de ces aspects concrets: la diversité au sein de l’équipe renforçait le potentiel de son entreprise. «C’est une richesse phénoménale. Ça apporte des perspectives et des points de vue qu’on n’aurait jamais envisagés sans ces personnes-là. Ça nous rend très innovants et ça ne serait pas possible autrement. Ça nous rend meilleurs, tout simplement.»

Cette observation est étayée par des travaux menés dans plusieurs domaines de recherche au cours des dernières décennies. Vice-doyenne de l’école de commerce de l’université Columbia, Katherine W. Phillips a découvert que le simple fait d’être exposé à la différence améliore le rendement d’une équipe. Entre semblables, on serait porté à partager des perspectives similaires, atténuant ainsi – voire éteignant – notre potentiel créatif.

«Des groupes socialement divers (en ce qui concerne tant l’origine ethnique que le genre ou l’orientation sexuelle) sont plus innovants que des groupes homogènes. […] Un groupe hétérogène performe mieux en résolution de problèmes complexes et nouveaux», résume l’auteure dans un article publié par la revue Scientific American («Comment la diversité nous rend plus intelligents»).

Depuis sa fondation, la firme Overture Project a accueilli chaque année de quatre à douze stagiaires, à raison de séjours d’un mois, dans le cadre du programme «Interconnexion», chapeauté par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Les sept embauches réalisées par la start-up montréalaise résultent toutes d’un stage. Et la plupart des personnes passées par chez cette firme ont trouvé un emploi dans leur domaine au cours des mois suivants.

La culture start-up sied aux nouveaux arrivants, fait observer Marie-Andrée Roger. Elle requiert en effet une rapidité d’exécution doublée d’une propension à amorcer les changements plutôt qu’à les attendre. Ces qualités sont très courantes chez les candidats à l’immigration. «Un entrepreneur est quelqu’un qui crée son propre avenir. Il n’attend pas que la vie lui apporte des occasions: il les provoque. Pour immigrer, il faut un esprit d’initiative phénoménal, un esprit d’aventure. Ce sont des gens agiles, flexibles et résilients.»

Pour l’entrepreneure, c’est aussi un échange donnant-donnant. Elle se fait un devoir de bien former ses stagiaires à la culture start-up et technologies numériques propre à Montréal. Puisant à même le bassin d’immigrants qualifiés venus d’Amérique latine, d’Europe de l’Est, du Maghreb ou de la France, elle compose avec des personnes curieuses de comprendre les us et coutumes locaux.

«Ici, on aime faire affaire avec des gens confiants qui osent, se vendent et démontrent de l’assurance. Il m’est arrivé de recevoir des stagiaires pour qui prendre la parole en réunion n’allait pas de soi, parce que là où ils étaient auparavant, ça ne se fait pas : on attend qu’on nous la donne.»

Le succès est-il au rendez-vous pour tous ses stagiaires? «Non», affirme sans détour Marie-Andrée Roger. Il arrive que ça ne colle pas. Mais ce n’est pas une question d’origine culturelle ou ethnique, précise-t-elle. «Quand ça ne fonctionne pas, ce sont des enjeux de culture entrepreneuriale, soutient-elle. Et ça, ça peut se présenter autant avec des nouveaux venus qu’avec des Québécois d’origine.»

Chaque mois, Métro publie, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et son programme «Interconnexion», des exemples d’intégration professionnelle réussie.

Fraude, plagiat et mensonges: 15 profs congédiés, suspendus ou rétrogradés
13 décembre 2017 écrit par La Presse

Un chercheur employé d’une université canadienne a illégalement conservé des « agents pathogènes à haut risque » dans son laboratoire – qui « n’était pas équipé en conséquence » – et a demandé à son assistant et à ses étudiants de mentir pour le protéger.

C’est l’un des 63 exemples exposés dans un tout nouveau document fédéral recensant les cas de scientifiques ayant commis des actes malhonnêtes ou failli à leurs devoirs. La majorité des informations qui s’y trouvent n’avaient encore jamais été rendues publiques.

La « synthèse des faits » mise en ligne hier révèle que la police a été alertée à trois reprises entre la création du Groupe pour la conduite responsable de la recherche, en décembre 2011, et le 1er avril 2016. Durant cette période, 15 professeurs canadiens ont été congédiés, suspendus, rétrogradés ou ont démissionné après avoir été reconnus fautifs de détournement de fonds, de fausse déclaration, de fraude ou de plagiat. L’un d’entre eux a parallèlement été poursuivi au civil. Une demi-douzaine d’étudiants ont par ailleurs été expulsés ou ont vu leur doctorat révoqué.

On ignorait jusqu’ici quelles étaient les sanctions imposées par les universités.

Le professeur qui gardait des agents pathogènes dangereux en cachette (vraisemblablement des bactéries ou des virus) fait partie des cinq chercheurs congédiés, et son laboratoire a été fermé. Il avait aussi falsifié « une lettre d’appui d’un partenaire de l’industrie » et l’avait jointe à une demande de subvention.

ANONYME

Contrairement à l’Office for Research Integrity américain, le Groupe pour la conduite responsable de la recherche ne nomme pas les chercheurs fautifs, ni leur université, et ne précise même pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme – « conformément aux lois provinciales et fédérales sur la protection des renseignements personnels », justifie-t-il sur son site web.

Son nouveau document lève au moins le voile sur le niveau de gravité des dérives survenues récemment au Canada et sur leurs suites au sein des établissements. Une enquête de La Presse a révélé en septembre que la moitié des universités québécoises refusent de révéler quoi que ce soit à ce sujet.

On découvre maintenant que la grande majorité des chercheurs fautifs faisaient partie du corps professoral. Plusieurs d’entre eux sont allés jusqu’à demander à leurs étudiants de mentir pour cacher une fraude, et plusieurs ont tenté de blâmer leurs subalternes.

D’autres professeurs ont au contraire écopé pour des fraudes ou plagiats commis par des étudiants ou des collaborateurs. Les agences subventionnaires fédérales concernées – qui imposent leurs propres sanctions, distinctes de celles des universités – ont jugé que ces professeurs avaient manqué de vigilance et failli à leurs devoirs de supervision.

Voici un aperçu des affaires les plus graves ou frappantes.

DÉTOURNEMENTS DE FONDS

Trois universités canadiennes ont alerté la police après avoir découvert des détournements de fonds de recherche. Un ex-agent responsable d’administrer des subventions avait fait des chèques « à une entité qu’il avait créée ».

Un professeur avait plutôt soumis plusieurs « fausses réclamations de frais de déplacement liées à la participation à des conférences scientifiques [et] systématiquement altéré ou fabriqué des pièces justificatives, y compris des relevés de carte de crédit ainsi que des reçus d’hôtel et de taxi ».

Le dernier chercheur s’est fait rembourser intégralement les mêmes dépenses par plusieurs organisations. « Il savait que des rapports présentés par des étudiants au sujet de leur travail comprenaient des renseignements inexacts [et] a conseillé aux étudiants d’induire les enquêteurs en erreur », lit-on dans la synthèse fédérale.

FABULATIONS

Un professeur a « dénaturé les résultats obtenus lors d’essais répétés » et les a utilisés dans plusieurs articles trompeurs, puis a tenté de berner le comité d’investigation.

Son cas ressemble à celui de la Torontoise Sophie Jamal, qui avait « manipulé les données en vue d’étayer l’hypothèse sous-tendant les recherches » sur l’ostéoporose et en avait faussement accusé un adjoint. La nouvelle synthèse fédérale fait état d’une dizaine d’autres histoires de fabrication et de falsification. Un doctorant a par exemple totalement inventé les participants à sa recherche, fabriqué ses données et soumis un article tissé de ces faussetés.

Dans la moitié des cas, l’établissement n’a pas pu aller au fond des choses, les professeurs dénoncés ayant blâmé un collaborateur étranger, le personnel de leur laboratoire ou un étudiant pour les manipulations, parfois « grossières », ayant été détectées. Les fonds de recherche ont toutefois jugé qu’il fallait à tout le moins punir leur manque de supervision ou de rigueur.

EXAGÉRATION

Fait plus rare, on a reproché à une université d’avoir publié un document d’information « qui surestimait les résultats » d’une recherche. Elle a publié un nouveau document pour corriger le tir et « éviter la mésinformation du public ».

L’auteur de l’étude n’avait pas vu le document d’origine, mais a néanmoins été réprimandé, car son article contenait « diverses erreurs ». Et parce qu’il avait lui-même omis de présenter « une vue d’ensemble équilibrée des données disponibles » et avait « manqué de clarté quant au fondement et aux détails de certaines conclusions ».

PLAGIAT

Plus du tiers des affaires résumées dans le nouveau document fédéral concernent des professeurs ou des étudiants s’étant approprié le travail d’autrui.

Certains ont puisé sans le dire dans des dizaines d’articles à la fois, dans les travaux de leurs étudiants ou dans l’étude d’un collègue qu’on leur avait demandé de réviser. Un professeur a « publié des comptes rendus de deux conférences auxquelles il n’avait pas assisté ».

Un étudiant a même prétendu que les données d’une étude internationale à laquelle il avait participé étaient les siennes et a publié le tout dans sa thèse, court-circuitant ainsi le chercheur principal.

Un autre doctorant a vainement « invoqué le stress et les contraintes de temps extrêmes » pour justifier un plagiat majeur.

Parmi les plagiaires, plusieurs professeurs ont écopé de suspensions, et l’un a « été démis d’un poste prestigieux ».

PUNITIONS 

La plupart des professeurs ayant manqué d’intégrité et certains étudiants ont dû rembourser les subventions mal utilisées. Ils se sont aussi retrouvés sur la liste noire des fonds de recherche, ce qui les empêche de faire une nouvelle demande pour quelques années.

Les autres ont reçu une lettre de réprimande ou de « sensibilisation ».

Leurs établissements ont exigé le retrait des articles frauduleux ou les ont forcés à s’excuser, à suivre des formations sur l’intégrité en recherche, etc. Certains ont révisé leurs propres politiques.

Dans une poignée de cas, les agences subventionnaires ont toutefois cru bon de semoncer les universités elles-mêmes, en leur réclamant directement des fonds ou en leur reprochant leur « manque de supervision » ou leur lenteur (jusqu’à plusieurs années) à signaler qu’un chercheur s’était volatilisé sans jamais avoir justifié l’utilisation d’une subvention.

Le Groupe pour la conduite responsable de la recherche a décidé de diffuser ces nouvelles informations pour aider les établissements à former leurs employés en matière de conduite responsable de la recherche, en leur fournissant des exemples concrets des conséquences des violations.

La méditation pleine conscience pour éviter le Burn Out
13 décembre 2017 écrit par Jobboom Blog

Basée sur les fondements de la méditation bouddhiste, la méditation pleine conscience (Mindfulness) est un mouvement occidental thérapeutique ayant pour but d’apaiser le stress et l’anxiété, ainsi qu’à diminuer, voir éliminer, les effets de la dépression.

Voici quelques explications sur ses fondements et les bienfaits que sa pratique peut avoir sur votre vie personnelle et professionnelle.

Crée en 1975 par Jon Kabat-Zinn, un professeur de médecine et fondateur du Center for Mindfulness in Medicine, Health Care, and Society, la méditation pleine conscience est aujourd’hui largement appliquée dans le domaine de la psychologie et de la psychiatrie comme étant une thérapie cognitive efficace contre l’anxiété et la dépression.

Au cours des dernières années, la méditation pleine conscience a pris racine hors du cadre médical traditionnel et est maintenant enseignée et pratiquée dans de nombreux centres indépendants et privés. Une simple recherche Google permet de trouver de nombreux centres, studios ou cliniques offrant des séances de méditation pleine conscience. Même l’Université de Montréal offre des séances d’apprentissage de ce style de méditation. Il y a une raison bien précise pour laquelle cette pratique devient si populaire; c’est que ça marche!

Le fonctionnement de la méditation pleine conscience

La méditation pleine conscience se pratique sans aucun équipement. Le pratiquant doit simplement se retrouver dans un environnement calme et silencieux et être disposé à rester dans une position fixe et confortable durant un minimum de 10 minutes.

Le pilier de base de la méditation pleine conscience est de concentrer tout son attention sur sa respiration. La personne doit alors respirer de façon normale, sans forcer, en se concentrant sur la sensation de l’air qui entre dans les poumons, de la poitrine qui se gonfle et finalement, de l’air qui s’expulse des narines. 100% de l’attention doit être concentrer sur la respiration.

En ne faisant que vous concentrer sur votre respiration, vous devez, de façon naturelle et sans forcer, ne penser à rien. C’est ce qui est le plus difficile dans la pratique de la méditation pleine conscience. Au début, cela sera très difficile; vous parviendrez peut-être à ne penser à rien pendant 10 secondes et soudainement, vous surprendrez votre esprit à vagabonder dans des pensées, qu’elles soient positives ou négatives. Lorsque vous réalisez que vous n’être plus focus, vous devez simplement vous reconcentrer sur votre respiration, sans lutter contre les pensées. Le tout doit être un mouvement mental très fluide.

meditation 02 La méditation pleine conscience pour éviter le Burn Out

Pour vous aider, vous pouvez également essayer de faire du bruit avec votre respiration, pour avoir une sorte de stimuli acoustique sur lequel vous concentrer en même temps que l’expulsion de l’air (cela agira au même titre qu’un mantra sonore). Si après plusieurs tentatives, vous n’y arrivez toujours pas, vous pourriez alors essayer de vous concentrer sur les battements de votre cœur, tout en restant concentré sur votre respiration.

Au début, la pratique de la méditation pleine conscience peut être très décevante, car sur une période de 10 minutes, vous ne parviendrez à ne penser à rien qu’à peine 30 secondes en tout. Par contre, avec de la pratique, vous parviendrez à augmenter considérablement le temps ‘vide mental’, et c’est à ce moment que vous ressentirez le réel bienfait de la méditation sur votre vie de tous les jours.

Attention : Le but de la méditation pleine conscience n’est pas de bloquer les pensées négatives. Le but est plutôt de laisser ces pensées vous traverser, et de simplement ne pas les laisser vous affecter. Lorsque vous être en train de réaliser que votre attention est préoccupé par une pensée négative, ne faites que l’accepter, sans y porter de jugement, et vous reconcentrer sur votre respiration. En y parvenant, vous permettrez alors à votre subconscient de ne plus s’affoler à la venue d’une pensée négative, ce qui vous permettra d’être beaucoup plus fort mentalement afin de ne pas ruminer des pensées négatives, ou broyer du noir.

Les experts recommandent idéalement de débuter la pratique de la méditation au rythme de 2 séances de 20 minutes par jour.

Prévenir le Burn Out grâce à la méditation

En septembre 2015, l’Université de Pennsylvanie a publié l’une des études les plus complètes à ce jour en lien avec la prévention du burn out et la méditation pleine conscience. Source de l’étude : http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0138089

Grâce à 144 participants divisés dans 5 groupes de contrôle, les chercheurs ont pu clairement démontrer que les participants ayant pratiqué la méditation pleine conscience sur une base quotidienne ont éprouvé beaucoup moins de détresse psychologique et de stress dans une situation de travail que les participants n’ayant pas pratiquer de méditation. La méditation pleine conscience est donc une réelle thérapie efficace contre l’épuisement professionnel.

Il ne faut pas oublier que la méditation pleine conscience est une pratique à la portée de tous et qu’il n’est pas nécessaire de souffrir psychologiquement pour s’y mettre. Tout le monde, peu importe son état, en ressentira des bienfaits physiques et psychologiques.

Ressources :

 

Franciser quand il faut d’abord alphabétiser
12 décembre 2017 écrit par Le Devoir

Le programme de francisation du ministère de l’Immigration a été vertement critiqué par la vérificatrice générale, notamment pour le taux d’abandon, qui est particulièrement élevé. Le Devoir a rencontré les hommes et les femmes qui suivent ces cours pour comprendre leur réalité et les nombreux obstacles auxquels ils se butent au quotidien.

Comment apprendre le français quand on n’a jamais même tenu un crayon de sa vie ? C’est la réalité de plusieurs nouveaux arrivants qui tentent de suivre un cours de francisation.

 

Lorsqu’elle est arrivée au Québec il y a 5 ans, Maria Salcedo s’est inscrite à un cours de francisation. Mais n’étant jamais allée à l’école, elle n’arrivait pas à suivre. Elle a donc été réorientée vers une classe d’alphabétisation, où elle est repartie de zéro.

 

« Quand on est analphabète dans sa propre langue, le chemin est parfois long : on doit leur apprendre à apprendre, résume Darquise Bergeron, qui enseigne la formation de base en alphabétisation au Centre d’éducation aux adultes d’Outremont. Même sur le plan psychomoteur, c’est parfois laborieux. Dans certains cas, je dois leur montrer à tenir un crayon, à écrire sur la ligne, à tracer les lettres sur les pointillés. »

 

Dans la classe de « madame Darquise », la grande majorité des élèves sont des femmes immigrantes qui n’ont pas eu accès à l’école parce que ce n’était pas valorisé dans leur pays ou parce que leur famille était trop pauvre.

 

Certaines parlent français, mais, sans instruction, se retrouvent complètement démunies à leur arrivée au Québec.

 

« Dans mon pays, ce n’était pas très grave pour une femme de ne pas savoir lire ou écrire, explique Édith, 40 ans, originaire de la Côte d’Ivoire. Mais au Canada, les femmes doivent être beaucoup plus autonomes. Ce sont les femmes qui doivent répondre pour tout, surtout concernant les enfants. »

image Franciser quand il faut d’abord alphabétiserPhoto: Jacques Nadeau Le Devoir
Après avoir elle-même passé la journée sur les bancs d’école, Meseret Tekle gagne sa vie en faisant du transport scolaire.

 

Avant d’atterrir dans la classe de madame Darquise, plusieurs étaient isolées, dépendantes, incapables de remplir le moindre formulaire. « Quand j’ai mis ma fille à la garderie, on m’a demandé d’écrire sa date de naissance. Je suis restée plantée là, devant tout le monde, à regarder la feuille sans rien faire. Je me suis sentie tellement mal que je me suis mise à pleurer », raconte avec émotion Ndiaye, qui n’a pas eu la chance d’aller à l’école en Guinée-Conakry.

 

Aujourd’hui, Ndiaye est capable d’écrire son propre nom. C’est, pour elle, une grande victoire.

 

Au-delà des taux de réussite officiels, ce sont tous ces petits succès qui font le quotidien dans la classe de Darquise Bergeron. « J’ai une élève qui m’a dit qu’elle n’était pas capable d’aller au guichet toute seule. Alors, pendant une semaine, on a travaillé le vocabulaire du guichet, le NIP, ce genre de choses. La semaine suivante, elle m’a dit : « Madame, j’ai réussi ! » C’est cliché, mais ça, c’est mon deuxième salaire », raconte la professeure, les larmes aux yeux.

 

Obstacles

 

La professeure estime que seulement 20 % de ses élèves vont se rendre au niveau secondaire, et ce, pour différentes raisons. Certains ont des problèmes d’apprentissage sérieux qui n’ont jamais été diagnostiqués, beaucoup ont des problèmes financiers ou familiaux.

 

Des abandons ? Oui, il y en a, surtout en début de parcours, mais ce n’est pas la majorité, estime Darquise Bergeron. « Certains s’inscrivent, mais ne se présentent pas parce qu’ils ne sont pas capables de s’organiser avec la garderie, le travail, etc. Dans certains cas, on a des cheminements qui peuvent être très longs. J’ai une étudiante qui a commencé il y a plus de dix ans. Elle vient quand elle peut, par périodes. Des fois, elle arrête parce qu’elle n’a pas d’argent pour payer sa carte d’autobus. Plusieurs n’ont aucun soutien de leur famille parce que, dans certaines cultures, les maris ne sont pas trop contents de voir leur femme aller à l’école et gagner un peu d’autonomie. Ça prend beaucoup de courage pour elles. »

image Franciser quand il faut d’abord alphabétiserPhoto: Jacques Nadeau Le Devoir
Dieudonné Tumba, 19 ans, s’est inscrit en francisation, mais a été réorienté vers des classes d’alphabétisation car il avait des lacunes trop importantes. « Au Congo, à cause de la guerre, on allait à l’école quand on le pouvait, un jour sur deux. »

 

Maria Salcedo fait partie de celles qui ont persévéré. Elle est passée à l’étape suivante, dans la classe de Céline Boucher, qui enseigne l’équivalent de la 3e à la 6e année du primaire. Aujourd’hui, c’est jour de dictée. Plusieurs élèves font encore des fautes tous les trois mots. Mais ils s’appliquent, effacent, se reprennent, consultent leur Bescherelle et leur dictionnaire jeunesse illustré. « Il faut leur montrer à utiliser les outils, leur donner confiance et leur apprendre que les erreurs, ça fait avancer », explique la professeure.

 

Francisation

 

À l’autre bout du couloir, Francine Daniel enseigne à l’une des huit classes de francisation du Centre d’éducation aux adultes d’Outremont. Ici, la clientèle est plus « pressée », constate la directrice, Diane Vallée. Plusieurs reçoivent du financement du ministère de l’Immigration ou d’Emploi Québec, ce qui constitue en soi une forme de motivation à terminer dans les temps requis. Mais surtout, ils ont hâte d’avoir leur diplôme pour avoir accès à un travail dans leur domaine.

 

Dans la classe de Francine Daniel, il y a un avocat, une bibliothécaire, une chimiste, des entrepreneurs et plusieurs comptables. Il y a aussi de jeunes Syriens qui, à 17 ans, arrivent directement des classes d’accueil au secondaire.

 

« Ce sont, pour la plupart, des gens prospères dans leur pays, explique la professeure. Mais quand ils arrivent ici, ils doivent s’habituer aux petits gestes du quotidien. Un des premiers obstacles, c’est de trouver un logement. La semaine prochaine, on va avoir un atelier sur les droits des locataires, pour discuter de moisissures, de hausses de loyers, etc. Ils sont tellement démunis. »

 

Plusieurs racontent avoir attendu avant de s’inscrire aux cours de francisation parce que la priorité, c’était de travailler et de s’installer pour se recréer une vie dans leur nouveau pays. Encore aujourd’hui, la conciliation études-famille n’est pas chose acquise.

 

Maryam, 44 ans, est arrivée d’Iran il y a 14 ans. Elle a trois jeunes enfants, fait la comptabilité pour l’entreprise de son mari, fait les courses, le ménage, la cuisine… « C’est difficile de trouver le temps pour venir à l’école », affirme-t-elle en se forçant à sourire.

 

Fonctionnels

 

Dans son rapport, la vérificatrice générale constatait que les taux de réussite étaient très faibles en francisation. C’est le programme du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) qui était visé, et non celui des commissions scolaires, mais les conditions sont sensiblement les mêmes d’un endroit à l’autre. Plusieurs, dans les commissions scolaires, sont d’ailleurs envoyés directement par le MIDI.

 

« Habituellement, nos étudiants persistent au moins jusqu’au niveau 4, ce qui leur permet d’être fonctionnels dans la société », explique la directrice du Centre d’éducation aux adultes d’Outremont de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Diane Vallée.

 

Certains vont poursuivre leurs études ou trouver du travail. D’autres vont continuer de dépendre de leur famille pour être complètement fonctionnels. Mais il n’y a pas de vains apprentissages quand on part de rien.

Moins d’emplois 
à temps plein
12 décembre 2017 écrit par Journal Métro

Malgré des nouvelles réjouissantes sur le marché du travail au pays le mois dernier, les emplois offrant un revenu constant et prévisible sont toujours moins nombreux.

Novembre a été un mois faste pour le marché du travail au Canada. En effet, pas moins de 79 500 nouveaux emplois ont été créés, la plus forte augmentation des 12 derniers mois. Le taux de chômage a donc fortement diminué, passant de 6,3% à 5,9%. Les chiffres pour le Québec sont tout aussi impressionnants. Le taux de chômage s’est établi à 5,4%, un creux historique, grâce à 16 200 nouveaux emplois.

Depuis environ un an, les bonnes nouvelles sur le marché du travail s’accumulent. Nos gouvernements s’en réjouissent tout naturellement et attribuent cette «croissance» à la sagesse de leurs politiques. Pourtant, notre marché du travail présente des signes de faiblesse importants, et il faut se méfier des résultats des enquêtes mensuelles, qui nous offrent un portrait manquant de perspective.

Ainsi, les résultats du dernier recensement montrent que les adultes de 25 à 54 ans, le groupe d’âge habituellement le plus actif sur le marché du travail, sont de moins en moins nombreux à occuper un emploi à temps plein toute l’année. En 2015, seulement 49,5% des travailleurs de ce groupe d’âge occupaient le même emploi à temps plein durant toute l’année. C’est le niveau le plus bas enregistré depuis 1980. Cette baisse a été notée tant chez les femmes que chez les hommes, mais est plus marquée chez ces derniers, un phénomène qu’on observe un peu partout dans le monde occidental.

Or, un emploi à temps plein toute l’année assure un revenu constant et prévisible. Il permet de planifier ces dépenses, de prévoir son avenir et de jouir d’une certaine sécurité. Aujourd’hui, il est remplacé par l’emploi à temps partiel; d’ailleurs, environ 60 % des nouveaux emplois canadiens créés en novembre étaient à temps partiel, et sur appel souvent si on en juge par les pratiques de plusieurs employeurs. L’emploi à temps plein est aussi remplacé par les emplois autonomes, occasionnels ou à la pige. Aucune de ces formes d’emploi ne permet de prévoir son revenu d’un mois à l’autre. Comme nos dépenses sont fixes, bien des travailleurs se demandent s’ils pourront joindre les deux bouts et vivent dans une incertitude constante.

Plusieurs experts croient que la croissance de ces formes précaires d’emploi, et la diminution conséquente des emplois à temps plein et à l’année, sont responsables de la faiblesse des salaires. Dit simplement, bien des employeurs éviteront d’engager des travailleurs à temps plein et pour toute l’année s’il leur est possible de sauver des sous en offrant de la pige et du temps partiel.

Or, les gens doivent pouvoir vivre de leur emploi, c’est-à-dire gagner suffisamment pour pourvoir à leurs propres besoins ainsi qu’aux besoins de ceux dont ils sont responsables. Contrairement aux emplois à temps plein et à l’année, les nouveaux emplois créés le permettent de moins en moins. Il n’y a pas forcément de quoi se réjouir!

Frais scolaires : les comités de parents veulent une facture uniforme
12 décembre 2017 écrit par La Presse

«On est rendus là : la facture des parents va dans tous les sens présentement. Il faut faire comme on a fait avec le bulletin unique ou le plan d’intervention unique: ce sont des outils primordiaux pour transmettre des informations entre l’école et la maison», dit Corinne Payne, présidente de cette fédération.

Plus tôt cet automne, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a mandaté la Fédération des comités de parents et la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) pour qu’ils revoient les frais qui sont exigés aux parents dans les écoles publiques du Québec.

Or, les commissions scolaires se sont retirées de l’exercice la semaine dernière parce qu’elles craignent de s’incriminer. Celles-ci sont visées par un recours collectif visant à réclamer 300 millions de dollars pour des fournitures scolaires qui auraient dû être gratuites selon la Loi sur l’instruction publique.

La FCPQ a donc déposé seule ses recommandations au ministre aujourd’hui. En plus d’un canevas de facture unique, elle propose un «plancher de la gratuité», soit des critères qui devraient être respectés avant qu’une école n’inscrive des frais sur une facture remise aux parents.

«Si quelque chose est mise sur une facture uniforme, ça ne doit pas viser un profit, un bénéfice, ou compenser une coupure de subvention», précise Corinne Payne.

Ces frais devraient également être «directs, supplémentaires et significatifs», note la FCPQ, qui n’est pas allée jusqu’à entrer dans le détail de ce qui pourrait, ou pas, être facturé aux parents.

«C’est un départ. La prochaine étape, c’est d’en parler avec le milieu et les autres partenaires. On a rencontré le ministre et on est confiants qu’il va mettre en place un comité de travail qui va mettre de la chair autour des os», dit la présidente de la FCPQ.

6 conseils pour survivre dans un espace de travail à aire ouverte
12 décembre 2017 écrit par Jobboom Blog

Les espaces de travail à aire ouverte (open space) sont aujourd’hui la norme dans le monde entier. Il est indéniable que ce type d’environnement est un réel facilitateur pour les échanges entre collègues et il offre également un gain de place pour les organisations.

Mais parfois, il peut avoir de sérieuses incidences sur le bien-être et le niveau de productivité de certains employés.

Voici 6 conseils pour survivre dans une aire ouverte

Fixer des règles

Si vous êtes gestionnaire ou chef d’équipe, organisez une réunion avec toute l’équipe pour définir ensemble, les règles de bonne conduite que chacun devra respecter. Si vous êtes employé, n’hésitez pas à soumettre cette initiative à votre gestionnaire, il n’a peut-être pas conscience des problèmes causés par l’open space.

Échangez sur les règles de base qui devraient mettre tout le monde d’accord : mettre en vibreur les cellulaires personnels, ne pas parler fort, renvoyer sa ligne téléphonique en cas d’absence, éviter les odeurs trop fortes (parfums, nourriture), manger à la cafétéria plutôt qu’à son bureau, etc.

Se protéger du bruit

Lorsqu’on travaille dans une aire ouverte, on subit de plein fouet le bruit généré par nos collègues : appels téléphoniques, réunions informelles à un bureau, conversations à proximité, imprimantes, etc.

Le port d’un casque anti bruit ou de bouchons d’oreilles peut être une solution efficace pour vous protéger du bruit ambiant et vous permettre de vous concentrer. Néanmoins, si vous portez un casque ou des écouteurs toute la journée, vos collègues risquent de ne pas oser venir communiquer avec vous, de peur de vous déranger. Ainsi il est préférable de limiter le port du casque aux moments où vous avez le plus besoin d’être concentré!

Préserver votre espace vital

S’il y a bien une chose difficile à préserver dans une aire ouverte, c’est votre intimité! En effet, quoi de plus normal que de jeter un coup d’œil à l’écran de vos collègues situés à proximité. Même si vous n’avez rien à cacher, cela peut être très désagréable de se sentir observé voire surveillé.

N’hésitez pas à vous positionner, si cela est possible, de manière à ce que votre écran ne soit pas visible par tous ou faites l’acquisition d’un filtre de confidentialité pour votre écran d’ordinateur qui empêchera toute personne de voir ce sur quoi vous travaillez, sauf si elle est positionnée juste derrière vous !

Ne pas déranger

L’aire ouverte donne l’impression erronée que les personnes sont tout le temps disponibles. Ainsi, à la moindre occasion, un collègue peut se rendre au bureau d’un autre pour le solliciter. Il est essentiel de ne pas déranger vos collègues à tout bout de champ et de prévoir des rencontres si le temps nécessaire à votre conversation doit s’étirer.

À vous d’apprendre à doser vos sollicitations. Est-ce pertinent de communiquer sur ce sujet de vive voix avec votre collègue ou est-ce qu’un courriel serait plus adapté ? Et pourquoi ne pas envoyer une invitation pour une réunion si le sujet réclame une discussion approfondie?

S’offrir des pauses régulières

Décompresser est essentiel. Évidemment, vous pouvez profiter de votre pause repas pour sortir prendre l’air. Mais cela peut aussi passer par le fait de s’isoler dans une salle de réunion pour un rendez-vous téléphonique ou pour rédiger un dossier.

Négocier des journées de télétravail

Si votre fonction le permet et que votre organisation le propose, il est possible de négocier des journées de télétravail, ce qui vous permettra de souffler pendant la semaine, en vous évitant les temps de trajet jusqu’au bureau et quelques heures dans l’open-space. Profitez-en pour vous occuper des dossiers ou des tâches qui réclament le plus de calme et de concentration.

Si après avoir appliqué ces conseils, vous ressentez encore des difficultés à travailler dans une aire ouverte, communiquez-les à votre employeur ou votre responsable des ressources humaines qui sera le plus à même de trouver des solutions avec vous.

Prêt à postuler? Rendez-vous sur Jobboom en cliquant ici pour consulter toutes les offres d’emploi disponibles.

L’apprentissage du code touche cette année plus de 3200 élèves de 65 écoles à Montréal
11 décembre 2017 écrit par Le Devoir

Gabriel plisse les yeux. Il ne trouve pas si facile de faire glisser à l’écran les blocs de code vert, jaune et violet afin de recomposer le morceau de musique à l’ordinateur. Comme ses 19 petits camarades de la classe de 6e, il s’initie cette année à la programmation informatique grâce à un projet montréalais. « Ça change du français », dit-il.

 

Code MTL, le projet de la Fondation de la Commission scolaire de Montréal, se déploie cette année dans 65 écoles de Montréal et touchera 3240 jeunes. Son objectif est de « favoriser la littératie numérique » des 8 à 12 ans à travers huit ateliers de « programmation visuelle ».

 

En clair, les enfants apprennent les rudiments de l’informatique à la base de la programmation. « Il faut trouver le bon sens des petites cases de couleur pour retrouver la chanson Frère Jacques », m’explique Marie-Charlotte. « On a un personnage qu’on peut faire parler ou bien on peut dessiner des figures, comme des cercles, qu’on va animer grâce aux blocs colorés », ajoute Margot.

 

Dans chaque classe, un éducateur de Kids Code Jeunesse, un organisme canadien à but non lucratif d’initiation à la programmation, épaule l’enseignant en animant cet atelier d’une heure qui donne notamment aux élèves de petits exercices à réaliser avec le logiciel visuel Scratch. Un logiciel développé au Massachusetts Institute of Technology (MIT), utilisé par 15 millions d’enfants à travers le monde et qui permet de créer des animations, des histoires et des jeux sur ordinateur.

 

« Les élèves doivent chercher des solutions au problème posé. C’est parfois difficile, ils vivent de petites frustrations et des victoires, tout comme les programmeurs au quotidien », explique l’éducateur, Jean-Denis Thériault.

 

Au clair de la lune, tremplin vers les maths

 

L’équipe de Louan et de Sati a terminé le premier exercice et enchaîne avec la reconstitution de la chanson Au clair de la lune. « Ça demande de l’écoute et de la patience. Ce sont des motifs qu’on peut mettre une fois ou deux fois, en boucle, mais faut trouver les bons », note Sati.

 

Cela permet d’apprivoiser les maths. « Même ceux qui se trouvent moins bons peuvent réussir l’exercice. J’observe les étincelles dans les yeux des enfants lorsqu’ils trouvent, cela leur donne le goût de poursuivre », note M. Thériault.

 

Les enseignants à l’école du code

 

Le projet vise à rejoindre d’ici quelques années les 28 000 élèves des écoles primaires de la CSDM. Cette année, 135 enseignants se sont portés volontaires pour être formés au b.a.-ba de la programmation. « On leur enseigne aussi les liens qu’ils peuvent faire avec le programme scolaire. Il y a beaucoup de maths, des stratégies de travail, et aussi du français », dit Pascale-D. Chaillez, la conseillère pédagogique en TIC des services éducatifs de la CSDM. Les enseignants sont ce qu’elle qualifie de « spécialistes du contenu », mais leur mission est plus large : « Ils doivent également encourager les enfants à persévérer dans ce nouvel apprentissage. »

 

C’est la deuxième année que Louis Laroche, enseignant à l’école Lanaudière de Montréal, se lance dans l’apprentissage du code. « C’est incroyable ce qu’on peut faire avec le logiciel Scratch. Ça motive les élèves et ça “ludifie” l’enseignement — ça apporte du jeu dans les classes — pour intégrer plus facilement des notions importantes, comme le système cartésien, le langage ou encore la logique mathématique. »

 

Après avoir participé au projet pilote l’an dernier avec six autres enseignants — dont cinq ont mené l’expérience jusqu’au bout —, il est heureux de poursuivre son apprentissage de la programmation. « C’est comme une formation continue. Les élèves sont souvent meilleurs que moi. Je leur dis : “Épatez-moi !” »

 

Du côté des enfants, apprendre à programmer apparaît comme une activité plutôt plaisante. « Je veux terminer la chanson, ce n’est pas compliqué à faire », explique Guillaume, tandis que Jules-Olivier enchaîne sur la 2e partie de l’exercice. « On prend les blocs de commandes pour les placer en ordre et cela compose la pièce de musique. C’est l’fun ! » s’enthousiasme l’élève.

 

(Presque) un jeu d’enfant

 

En plus d’être formés, les enseignants reçoivent un soutien en classe — le Kids Code jeunesse — et du matériel. « Nous prêtons des portables et assurons le réseau WiFi pour supporter le projet », résume Danielle Roberge, directrice adjointe au bureau de la planification et du développement pédagogique de la CSDM. « L’enseignant reçoit une formation et un instructeur vient en classe pour initier les élèves au codage. »

 

Un projet qui pourrait même s’intégrer à moyen terme au programme scolaire, espèrent les initiateurs. « À la fin de l’année, on rouvre les inscriptions, mais les enseignants intéressés peuvent déjà télécharger le matériel sur le site et de nombreuses bibliothèques offrent aussi des clubs de code. Nous espérons lancer un mouvement », relève Adeline Caron de la Fondation de la Commission scolaire de Montréal.

 

La nouvelle politique du gouvernement sur la réussite éducative, lancée en juin dernier, met l’accent sur les nouvelles technologies, mais déjà, depuis quelques années, les initiatives se multiplient, telle l’Heure du code, une activité internationale d’une heure, une fois l’an, pendant la Semaine d’éducation à l’informatique.

 

« Les élèves embarquent facilement et s’initient à la programmation », s’enthousiasme l’enseignant Louis Laroche. « Il n’a pas été question d’évaluation, mais je vois qu’ils s’améliorent, car ils utilisent de manière très pratique leurs connaissances scolaires et, aussi, ils apprennent à organiser leur travail, dans le plaisir. »

 

Gabriel achève de reconstruire la petite mélodie. Son piano glisse même d’un côté de l’écran au son de la musique. « Je peux le faire bouger et même le transformer en avion. Ça sera plus drôle », ajoute l’élève. Vous avez dit « épatez-moi ! », M. Laroche ?

Moins d’emplois 
à temps plein
11 décembre 2017 écrit par Journal Métro

Malgré des nouvelles réjouissantes sur le marché du travail au pays le mois dernier, les emplois offrant un revenu constant et prévisible sont toujours moins nombreux.

Novembre a été un mois faste pour le marché du travail au Canada. En effet, pas moins de 79 500 nouveaux emplois ont été créés, la plus forte augmentation des 12 derniers mois. Le taux de chômage a donc fortement diminué, passant de 6,3% à 5,9%. Les chiffres pour le Québec sont tout aussi impressionnants. Le taux de chômage s’est établi à 5,4%, un creux historique, grâce à 16 200 nouveaux emplois.

Depuis environ un an, les bonnes nouvelles sur le marché du travail s’accumulent. Nos gouvernements s’en réjouissent tout naturellement et attribuent cette «croissance» à la sagesse de leurs politiques. Pourtant, notre marché du travail présente des signes de faiblesse importants, et il faut se méfier des résultats des enquêtes mensuelles, qui nous offrent un portrait manquant de perspective.

Ainsi, les résultats du dernier recensement montrent que les adultes de 25 à 54 ans, le groupe d’âge habituellement le plus actif sur le marché du travail, sont de moins en moins nombreux à occuper un emploi à temps plein toute l’année. En 2015, seulement 49,5% des travailleurs de ce groupe d’âge occupaient le même emploi à temps plein durant toute l’année. C’est le niveau le plus bas enregistré depuis 1980. Cette baisse a été notée tant chez les femmes que chez les hommes, mais est plus marquée chez ces derniers, un phénomène qu’on observe un peu partout dans le monde occidental.

Or, un emploi à temps plein toute l’année assure un revenu constant et prévisible. Il permet de planifier ces dépenses, de prévoir son avenir et de jouir d’une certaine sécurité. Aujourd’hui, il est remplacé par l’emploi à temps partiel; d’ailleurs, environ 60 % des nouveaux emplois canadiens créés en novembre étaient à temps partiel, et sur appel souvent si on en juge par les pratiques de plusieurs employeurs. L’emploi à temps plein est aussi remplacé par les emplois autonomes, occasionnels ou à la pige. Aucune de ces formes d’emploi ne permet de prévoir son revenu d’un mois à l’autre. Comme nos dépenses sont fixes, bien des travailleurs se demandent s’ils pourront joindre les deux bouts et vivent dans une incertitude constante.

Plusieurs experts croient que la croissance de ces formes précaires d’emploi, et la diminution conséquente des emplois à temps plein et à l’année, sont responsables de la faiblesse des salaires. Dit simplement, bien des employeurs éviteront d’engager des travailleurs à temps plein et pour toute l’année s’il leur est possible de sauver des sous en offrant de la pige et du temps partiel.

Or, les gens doivent pouvoir vivre de leur emploi, c’est-à-dire gagner suffisamment pour pourvoir à leurs propres besoins ainsi qu’aux besoins de ceux dont ils sont responsables. Contrairement aux emplois à temps plein et à l’année, les nouveaux emplois créés le permettent de moins en moins. Il n’y a pas forcément de quoi se réjouir!

Enseignants… et ambassadeurs d’une marque de commerce
11 décembre 2017 écrit par La Presse

Pour «déterminer le futur» de ses produits et l’aider à «inspirer d’autres éducateurs», Seesaw compte sur des «ambassadeurs» qu’il recrute principalement chez les enseignants. Ceux-ci s’engagent notamment à tenir deux conférences ou formations auprès de leurs collègues. En échange, Seesaw leur donne un accès à une version bonifiée de son application, d’une valeur de 120 $US.

Conseillère pédagogique en intégration des technologies à la commission scolaire de la Rivière-du-Nord, France Leclerc est l’une de ces ambassadrices. Elle assure qu’elle ne retire aucun avantage financier – pas même une licence d’utilisation gratuite – à être accréditée par cette entreprise.

«Ce n’est pas mercantile. Les profs en mangent, de cette application-là, c’est emballant», dit celle qui a donné le mois dernier une conférence sur Seesaw dans le cadre du congrès de l’Association québécoise des enseignantes et des enseignants du primaire.

Google et Apple à l’école

Seesaw n’est pas la seule à accréditer des enseignants au Québec. Google, Microsoft et Apple, pour ne nommer que celles-là, offrent aux enseignants d’obtenir une certification qui leur permet de devenir une référence dans leur milieu scolaire. Plusieurs dizaines d’enseignants québécois ont une ou l’autre de ces certifications.

«C’est certain qu’il y a une ligne qui devient de plus en plus mince à ne pas franchir. Il faut réfléchir : est-ce qu’on est vraiment conscient qu’on fait la promotion d’une multinationale?», demande Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation. 

«Ambassadeur, c’est un titre marketing. On s’entend, tu n’es pas aux Nations unies.»

Auteure du livre L’inéducation, qui dénonce l’industrialisation du système d’éducation au Québec, Joëlle Tremblay dit ne pas avoir abordé cette question dans son livre. «C’est une boîte de Pandore, estime-t-elle. On n’est pas dans un partenariat public-privé. On est dans quelque chose de beaucoup plus pernicieux.»

Également ambassadrice pour Seesaw, l’enseignante au primaire Valérie Cadieux a bien droit à une licence gratuite et deux ou trois t-shirts à faire tirer pendant ses formations, mais c’est loin d’être sa principale motivation.

«Je ne ferai pas fortune avec ça, mais ça me donne une reconnaissance. On a la chance d’avoir le petit certificat qui dit : je vais reconnaître que tu es quelqu’un d’important pour nous. En enseignement, on fait beaucoup de choses dans l’ombre, cachées dans nos classes. C’est une façon de valoriser les enseignants qui se démarquent», dit-elle.

L’entreprise californienne semble par ailleurs bien au fait de ce besoin de reconnaissance des enseignants. «Les professeurs apprécient beaucoup avoir le sentiment d’être écoutés», a déclaré son cofondateur Carl Sjogreen au New York Times cet automne.

«Presque une religion»

Les enseignants qui s’enthousiasment trop pour une technologie en particulier risquent de perdre leur sens critique, prévient François J. Desjardins, qui a consacré sa carrière universitaire aux technologies de l’information dans le monde de l’éducation.

«On essaie de développer des consommateurs de la bébelle plutôt que de s’en servir pour favoriser un apprentissage qui soit plus en profondeur et développer un sens critique», dit le professeur à la retraite.

Thierry Karsenti croit qu’une réflexion sur le sujet est nécessaire. Google, note-t-il, a une grande emprise sur le milieu scolaire depuis quelques années. «Il y en a qui parlent de certains de leurs logiciels comme si ça devait être une connaissance commune, dit-il. Ça fait presque office de religion. Ça me fait peur un petit peu.»

La chaire qu’il dirige organisait pourtant jusqu’à tout récemment un évènement appelé «Sommet de l’iPad et du numérique en éducation». L’an prochain, on retirera du nom toute référence à la tablette d’Apple. C’était la seule façon de s’attirer des commanditaires, explique le chercheur, qui affirme du même souffle ne jamais avoir été payé par l’entreprise californienne pour faire la promotion de ses produits.

L’auteure et enseignante Joëlle Tremblay ne comprend pas pourquoi certains font la promotion de la forme plutôt que du fond. 

«Comment peut-on cacher notre rôle derrière un outil pédagogique? Comment ont-ils perdu le coeur de ce qu’ils font, enseigner, en vertu de la promotion d’un outil pédagogique X, d’une marque ou d’une plateforme?»

Le phénomène n’est pas nouveau, note toutefois François J. Desjardins. «On a un potentiel d’outillage extraordinaire et non seulement on ne s’en sert pas, mais on en fait une distorsion monumentale», déplore-t-il.

Il estime que le rôle de l’école est d’apprendre aux jeunes à fonctionner dans une société où les technologies sont omniprésentes, à faire la différence entre une fausse et une vraie information, à savoir ce qu’on peut mettre ou pas sur les réseaux sociaux.

«L’éducation va jouer son rôle quand les technologies ne seront pas vues comme un ajout, mais que ça fera partie des meubles plus que le crayon et le papier», dit François J. Desjardins.

«Le message que j’ai tenté de passer pendant des années, c’est : de grâce, les enseignants, arrêtez d’être des acheteurs de matériel de surface et informez-vous! Agissez en professionnels et développez un sens critique face à tout ça : n’achetez pas la première bébelle chromée qui vous passe entre les mains. Allez voir plus loin.»

6 conseils pour survivre dans un espace de travail à aire ouverte
11 décembre 2017 écrit par Jobboom Blog

Les espaces de travail à aire ouverte (open space) sont aujourd’hui la norme dans le monde entier. Il est indéniable que ce type d’environnement est un réel facilitateur pour les échanges entre collègues et il offre également un gain de place pour les organisations.

Mais parfois, il peut avoir de sérieuses incidences sur le bien-être et le niveau de productivité de certains employés.

Voici 6 conseils pour survivre dans une aire ouverte

Fixer des règles

Si vous êtes gestionnaire ou chef d’équipe, organisez une réunion avec toute l’équipe pour définir ensemble, les règles de bonne conduite que chacun devra respecter. Si vous êtes employé, n’hésitez pas à soumettre cette initiative à votre gestionnaire, il n’a peut-être pas conscience des problèmes causés par l’open space.

Échangez sur les règles de base qui devraient mettre tout le monde d’accord : mettre en vibreur les cellulaires personnels, ne pas parler fort, renvoyer sa ligne téléphonique en cas d’absence, éviter les odeurs trop fortes (parfums, nourriture), manger à la cafétéria plutôt qu’à son bureau, etc.

Se protéger du bruit

Lorsqu’on travaille dans une aire ouverte, on subit de plein fouet le bruit généré par nos collègues : appels téléphoniques, réunions informelles à un bureau, conversations à proximité, imprimantes, etc.

Le port d’un casque anti bruit ou de bouchons d’oreilles peut être une solution efficace pour vous protéger du bruit ambiant et vous permettre de vous concentrer. Néanmoins, si vous portez un casque ou des écouteurs toute la journée, vos collègues risquent de ne pas oser venir communiquer avec vous, de peur de vous déranger. Ainsi il est préférable de limiter le port du casque aux moments où vous avez le plus besoin d’être concentré!

Préserver votre espace vital

S’il y a bien une chose difficile à préserver dans une aire ouverte, c’est votre intimité! En effet, quoi de plus normal que de jeter un coup d’œil à l’écran de vos collègues situés à proximité. Même si vous n’avez rien à cacher, cela peut être très désagréable de se sentir observé voire surveillé.

N’hésitez pas à vous positionner, si cela est possible, de manière à ce que votre écran ne soit pas visible par tous ou faites l’acquisition d’un filtre de confidentialité pour votre écran d’ordinateur qui empêchera toute personne de voir ce sur quoi vous travaillez, sauf si elle est positionnée juste derrière vous !

Ne pas déranger

L’aire ouverte donne l’impression erronée que les personnes sont tout le temps disponibles. Ainsi, à la moindre occasion, un collègue peut se rendre au bureau d’un autre pour le solliciter. Il est essentiel de ne pas déranger vos collègues à tout bout de champ et de prévoir des rencontres si le temps nécessaire à votre conversation doit s’étirer.

À vous d’apprendre à doser vos sollicitations. Est-ce pertinent de communiquer sur ce sujet de vive voix avec votre collègue ou est-ce qu’un courriel serait plus adapté ? Et pourquoi ne pas envoyer une invitation pour une réunion si le sujet réclame une discussion approfondie?

S’offrir des pauses régulières

Décompresser est essentiel. Évidemment, vous pouvez profiter de votre pause repas pour sortir prendre l’air. Mais cela peut aussi passer par le fait de s’isoler dans une salle de réunion pour un rendez-vous téléphonique ou pour rédiger un dossier.

Négocier des journées de télétravail

Si votre fonction le permet et que votre organisation le propose, il est possible de négocier des journées de télétravail, ce qui vous permettra de souffler pendant la semaine, en vous évitant les temps de trajet jusqu’au bureau et quelques heures dans l’open-space. Profitez-en pour vous occuper des dossiers ou des tâches qui réclament le plus de calme et de concentration.

Si après avoir appliqué ces conseils, vous ressentez encore des difficultés à travailler dans une aire ouverte, communiquez-les à votre employeur ou votre responsable des ressources humaines qui sera le plus à même de trouver des solutions avec vous.

Prêt à postuler? Rendez-vous sur Jobboom en cliquant ici pour consulter toutes les offres d’emploi disponibles.

Taxes scolaires: Québec se défend de vouloir séduire les anglophones
10 décembre 2017 écrit par Le Devoir

Québec veut alléger le fardeau fiscal des familles en proposant une réforme majeure de la taxation scolaire. Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, affirme que son projet de loi, déposé jeudi, permettra de mettre fin à une iniquité qui touche les contribuables d’une même région, et plus particulièrement les commissions scolaires anglophones.

 

Les régions de l’Outaouais, des Laurentides, de l’Abitibi et de la capitale nationale sont celles où les baisses de taxes scolaires seront les plus importantes. Mais les vrais gagnants, ce sont les contribuables anglophones, qui payent généralement beaucoup plus cher que les francophones en matière de taxes scolaires, reconnaît le ministre.

 

Ce dernier se défend tout de même de vouloir faire un « cadeau » aux commissions scolaires anglophones à moins d’un an des élections.

 

« Il n’y a pas de cadeau dans cette réforme, mais il y a là la reconnaissance qu’il y avait aussi une plus grande iniquité à leur égard », a-t-il répondu en conférence de presse.

 

« Moi, je peux avoir, dans la rue où j’habite à Québec, un concitoyen [anglophone] qui paie plus de 1000 $ pour une maison qui a la même valeur que la mienne, alors que mon compte de taxes ici, à la Commission scolaire des Découvreurs, avoisine les quelque 400 dollars, a expliqué le ministre. La réalité, c’est que cette iniquité existe. Il y a, dans l’ensemble du Québec, cette iniquité — sauf peut-être en Outaouais […], où c’était l’inverse. »

 

Le ministre fait référence à une situation dénoncée notamment dans Le Devoir par les présidents des commissions scolaires francophones de l’Outaouais.

 

Ces derniers demandaient au ministre de réviser la loi qui permet aux citoyens sans enfants de payer leurs taxes scolaires dans la commission scolaire linguistique de leur choix.

 

En effet, ceux-ci affirmaient qu’il y avait un exode des contribuables vers la commission scolaire anglophone, qui avait un taux de taxation plus bas que le leur, alourdissant ainsi le fardeau des contribuables captifs.

« Ce n’est pas une question linguistique seulement », affirme le ministre, qui précise qu’il y a également des iniquités d’une commission scolaire francophone à l’autre dans une même région. « Mais il faut constater qu’il y avait effectivement une grande iniquité du côté anglophone pour des raisons que vous comprenez : moins de monde pour financer des services sur un grand territoire. »

 

Taux régional unique

 

Avec son projet de loi 166, le ministre affirme apporter « une solution équitable et pérenne » à un problème « qui dure depuis trop longtemps ».

 

Ainsi, toutes les commissions scolaires d’une même région, francophones et anglophones, devront imposer le même taux de taxation. Pour la première année, ce sera le taux le plus bas de la région qui s’appliquera aux autres commissions scolaires, ce qui entraînera une réduction du fardeau fiscal des contribuables.

 

Québec ajoute, pour tous les contribuables, une exemption de taxe scolaire sur les premiers 25 000 $ de valeur des immeubles imposable dès l’automne prochain, « et ce, de manière récurrente », précise le ministre.

 

« C’est un choix qui a été fait par le gouvernement pour alléger davantage encore le fardeau fiscal des Québécois, se justifie le ministre. Nous avons la capacité financière de le faire. »

 

Le coût : 670 millions

 

C’est Québec qui compensera les pertes prévues pour les commissions scolaires découlant de cette réforme. Le montant, pour 2018-2019, s’élève à 670 millions.

 

« Le gouvernement va payer des centaines de millions pour baisser les taxes scolaires, un autre chèque comme par hasard juste avant les élections, a dénoncé le porte-parole en éducation du PQ, Alexandre Cloutier. Au lieu d’investir en éducation, le ministre préfère envoyer un chèque de centaines de millions en baisses de taxes. »

 

En conférence de presse, le ministre a précisé qu’il s’agissait d’argent frais.

 

« Ce sont des sommes supplémentaires qui vont venir de l’État du Québec pour venir, dans le fond, créer cette subvention d’équilibre dans chacune des régions. Alors, on protège nos budgets pour les services, on augmente les budgets pour les services, on continue de favoriser de meilleurs services, mais par la même occasion, on met en place […] un système pour assurer l’équité. »


First Column of Stuff

  • Here is some stuff.
  • And some more stuff
  • Still more stuff

Second Column of Stuff

  • Here is some stuff.
  • And some more stuff
  • Still more stuff

Third Column of Stuff

  • Here is some stuff.
  • And some more stuff
  • Still more stuff

LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com